La Coloniale, une cuisine cambodgienne au cœur de l’Odéon

Marie-Laure de Vienne
De la rue de Picpus à la rue Mazarine…un même restaurant, mais toujours la même gourmandise cambodgienne !
Sauté de crevettes au sel et au poivre.

Sauté de crevettes au sel et au poivre.
©DR

Les  habitués et les asiatico-gourmets de Picpus ont été bien déçus quand leur Coloniale les a quittés ; mais tant mieux pour les habitants du quartier Odéon. La Coloniale a posé ses fourneaux et ses woks dans la commerçante rue Mazarine. Si à l’extérieur le restaurant ne paye pas de mine, à l’intérieur il s’ouvre sur deux univers un peu différents : ambiance bistrot chic, ou atmosphère maison bourgeoise avec murs aux pierres apparentes. Mais la profusion de tableaux colorés, de souvenirs cambodgiens et d’objets de curiosités règne partout en un mélange parfois un peu kitsch.


Ambiance au décor khmer.

Ambiance au décor khmer.
©DR


Et quid de l’assiette, sachant que la carte a le charme de donner (et de traduire et expliquer heureusement !) les noms cambodgiens des plats : gnoam, noum pain tchir’n, tcha kroeung, baing-hoye, etc….


En entrée ne dérogez pas aux sacro-saints rouleaux cochinchinois de printemps (8 €) ou à une sempiternelle soupe de gingembre au poulet ou de citronnelle au poisson (13 et 14 €). Classiques, ces hors d’œuvres et potages-là sont de bonne facture et un avant goût dépaysant pour votre voyage sensoriel en Indochine.


La fameuse salade de bœuf à la citronnelle.

La fameuse salade de bœuf à la citronnelle.
©DR


C’est vraiment avec le plat principal que l’évasion sera totale : esthétisme très recherché de l’assiette, saveurs et parfums des épices et des herbes, originalité de la cuisson pour certains (vapeur et feuille de bananier comme là-bas).


A la table voisine, un homme esseulé comme moi-même prenait un émincé de bœuf sauté à la citronnelle (18 €). Comme je l’interrogeais sur son plat, sa façon de s’essuyer voluptueusement la moustache fut à elle seule une réponse. « Parfait, parfumé, je vous le recommande pour une prochaine fois ».  C’était concis, net et précis. J’essayerai une prochaine fois, en hésitant toutefois entre du bœuf sauté à la citronnelle, au curry ou à la fleur d’ail.


Pour ma part, j’ai choisi l’amok de poissons, de forts bons morceaux de poisson cuits à la vapeur et parfumés par des épices, de la crème de coco ; l’ensemble étant présenté dans une grande feuille de bananier. Ces plats-là ont cet attrait inouï de la nostalgie, du retour par la pensée aux fumets humés dans les rues de Phnom Penh, aux bols mangés sur le pouce dans les troquets ambulants des bourgades ou des mégapoles asiatiques. Ils révèlent des parfums comme il n’en existe pas chez nous : suaves, profonds, légèrement acides sans être amers, puissants sans trop de longueur en bouche. Comme dans tout établissement asiatique, l’accompagnement du plat est du riz, nature légèrement parfumé, gluant-collant ou sauté avec poivron, crevette, œuf, oignons et morceaux de saucisses. Entre 3 et 9 €, il se rajoute au plat à 20 €.


Le bar ornementé de souvenir et tableaux cambodgiens.

Le bar ornementé de souvenir et tableaux cambodgiens.
©DR


Les proportions sont généreuses ; vous pouvez facilement faire l’impasse sur les desserts qui ne sont pas le fort des pays asiatiques. En règle générale, cela alterne entre salade de fruits, beignets et glaces.


Pour accompagner votre repas, du thé au jasmin, une bière locale (3 en provenance du Cambodge, Laos et Vietnam figurent à la carte pour les 5,50 €) ou un vin blanc léger, un Sancerre de la Vallée de La Loire (34 ou 48 € selon la bouteille Pascal Jolivet ou Domaine Fouassier) conviendront.


La Coloniale

25, rue Mazarine

75006 Paris

01 43 43 69 10

Du mardi au samedi de 12 à 14h30 et de 19 à 22h30