Le musée Soulages, à Rodez

Anne Swynghedauw
Pour accueillir l’œuvre exceptionnelle de l’artiste Pierre Soulages, natif de la ville, le Grand Rodez a fait le choix d’une architecture de qualité pour son nouveau musée.
L’entrée, laisse entrevoir une percée longitudinale dans le bâtiment, telle une fenestra, typique de l’Aveyron.

L’entrée, laisse entrevoir une percée longitudinale dans le bâtiment, telle une fenestra, typique de l’Aveyron.
©Grand Rodez

Inauguré officiellement par le président de la République François Hollande, le musée Soulages vient d’ouvrir ses portes au public le 30 mai 2014. Grâce à la donation de Pierre et Colette Soulages à la Communauté d’Agglomération du Grand Rodez en 2005 et de celle des travaux préparatoires aux vitraux de l’abbaye de Conques, le projet du nouveau musée a pu voir le jour.


L’acier Corten est le matériau principal utilisé par les architectes. Selon la lumière, il joue avec ses nuances orangées et cuivrées.

L’acier Corten est le matériau principal utilisé par les architectes. Selon la lumière, il joue avec ses nuances orangées et cuivrées.
©Cédric Meravilles


Une architecture à la mesure de l’œuvre picturale


Lauréats du concours en 2008, l’agence espagnole RCR Arquitectes (Roques & Passelac, architectes associés) a conçu le projet. Les architectes ont imaginé un écrin sur mesure pour présenter au public la diversité des techniques de 500 œuvres inédites de l’artiste Pierre Soulages, un des plus grands peintres de l’abstraction: premiers dessins, peintures sur papier, brous de noix, eaux-fortes, travaux préparatoires, huiles sur toile… Les architectes catalans se sont inspirés de la tradition des fenestras aveyronnaises (ouvertures imbriquées dans la muraille) et du site de l’implantation dans le parc du Foirail, non loin du centre historique.


L’aspect minéral du site se fond avec l’acier Corten traité en une masse imposante.

L’aspect minéral du site se fond avec l’acier Corten traité en une masse imposante.
©Cédric Meravilles


Des volumes monolithiques


Un ensemble de blocs posés sur un socle à la recherche constante de l’équilibre, telle est la proposition audacieuse des architectes catalans pour imaginer les lignes du bâtiment. La volumétrie du musée correspond à la diversité des œuvres et s’adapte à leurs dimensions : du cabinet des dessins, jusqu’aux grandes hauteurs pour les formats imposants des tableaux de Soulages. En clair-obscur, les salles hautes et lumineuses succèdent aux salles plus sombres pour la conservation des œuvres sur papier. La sobriété, liée intimement à celle des toiles du maître, est de rigueur dans le choix des matériaux, (acier Corten rouge et verre transparent), et dans l’épure des volumes, conçus à échelle humaine. Si le souhait de Pierre Soulages est de montrer le processus de la création artistique, la part de hasard, au travers des matériaux et de l’œuvre produite, l’artiste a donné son accord, uniquement  si le musée s’ouvrait aussi à d’autres artistes. Ce sera chose faite : des espaces leur sont déjà dédiés pour que se perpétue la création contemporaine.


L’artiste Pierre Soulages dans son atelier en 1968.

L’artiste Pierre Soulages dans son atelier en 1968.
©Fritz Pitz


Musée Soulages

Jardin du Foirail

avenue Victor Hugo

12000 Rodez

Tél. 05 65 73 82 60

www.musee-soulages.grand-rodez.com


Pierre Soulages visite son musée, presque achevé.

Pierre Soulages visite son musée, presque achevé.
©DR


Exposition d’ouverture

« Outrenoir en Europe. Musées et Fondations. » 31 mai 2014 - 5 octobre 2014


Fiche technique:

Maître d’ouvrage : Communauté d'Agglomération du Grand Rodez

Architectes: RCR Arquitectes (Rapahel Aranda, Carme Pigem, Ramon Vilalta) Passelac et Roques

Architectes associés.

Scénographe : Philippe Maffre

Conservateur en chef : Benoît  Decron, directeur des musées du Grand Rodez

Superficie : 6000 m²

Espaces muséographiques : 1700 m²

Expositions temporaires : 505m²

Jardin : 3 hectares


Les blocs monolithiques, pourtant bien ancrés dans le sol, semblent à la recherche d’un équilibre sur le sol.

Les blocs monolithiques, pourtant bien ancrés dans le sol, semblent à la recherche d’un équilibre sur le sol.
©Cédric Meravilles