Un refuge de montagne nommé Tonneau signé Charlotte Perriand

Agnès Zamboni
Conçu dans les années 1930, ce refuge a été fidèlement reconstitué, par Cassina, l’éditeur officiel des meubles de ses auteurs, les architectes et designers, Charlotte Perriand et Le Corbusier.
Grâce à la collaboration de la fille de Charlotte Perriand, Pernette Perriand-Barsac, qui fut l’assistante de sa mère pendant 20 ans, une maquette du refuge Tonneau de 1938 a été conservée, ainsi que des plans.

Grâce à la collaboration de la fille de Charlotte Perriand, Pernette Perriand-Barsac, qui fut l’assistante de sa mère pendant 20 ans, une maquette du refuge Tonneau de 1938 a été conservée, ainsi que des plans.
©archives Charlotte Perriand, ADAGP, 2012

Une forme réinterprétée


Ses lignes futuristes s’inspirent d’un manège pour enfants photographié par Charlotte Perriand en Croatie. Cette passionnée de montagne l’a développé en collaboration avec Le Corbusier.  Mais à l’époque, en 1938, le refuge Tonneau n’a jamais été réalisé, à cause de la guerre. Sa forme dodécaèdre (à 12 faces), très avant-gardiste, conçue au départ pour la région des Alpes, n’offre pas de prise au vent. Des dizaines d’années plus tard, elle a été reprise dans les projets de la Station Concordia dans l’Antarctique en 2002 et de la Station de Recherche du Désert de la Mars Society en 2011.


La structure métallique est recouverte de panneaux d’aluminium et surmontée d'un grand parasol de 12 baleines.

La structure métallique est recouverte de panneaux d’aluminium et surmontée d'un grand parasol de 12 baleines.
©Cassina


Un carrousel de légèreté


Ce module est composé d’une structure métallique avec un mât central qui porte à son sommet un grand parasol de 12 baleines. Démontable et installé en trois jours, facilement transportable à dos d’homme, il est doté d’une charpente en matériaux industriels et de panneaux d’aluminium. Il repose sur des pilotis stables qui permettent une installation sur les tous terrains, même accidentés et escarpés.


Au rez-de-chaussée, la pièce à vivre équipée comme un studio  devient chambre à coucher pour 2 personnes, la nuit venue.

Au rez-de-chaussée, la pièce à vivre équipée comme un studio devient chambre à coucher pour 2 personnes, la nuit venue.
©Cassina


Tout petit, très cosy


De dimensions réduites (diamètre : 3,80  m et hauteur : 3,92 m), il  a été aménagé, au millimètre près, avec une gestion rigoureuse de l’espace. C’est une des spécialités de Charlotte Perriand, qui a très souvent travaillé sur la thématique du gain de place. Et dans ce tonneau, habitable sur 2 niveaux, on entre par un sas qui donne accès à un rez-de-chaussée, composé d’une grande pièce principale. Un débarras pour les sacs à dos et les skis a été prévu. A l’intérieur, tout de bois vêtu, d’un côté, on trouve un espace cuisine intégrée. De l’autre, 2 lits individuels qui s’ajoutent à un espace chambre, en soupente. En tout, de la place pour accueillir le couchage de 8 personnes. Côté chauffage, un poêle est inséré à l’intérieur du tuyau central qui réchauffe toute la pièce. Et dans un esprit de structure évolutive, Charlotte Perriand avait dessiné trois modèles de refuge Tonneau, adaptés pour 8 à 48 personnes. 


Que pensez-vous de ce refuge high-tech qui s’inscrit parfaitement dans la modernité d’aujourd’hui ?


Sous la toiture en forme de parapluie, un espace nuit, auquel on accède par une échelle, qui accueillent 4 couchages au sol, 2 de 2 places chacun et 2 d’une seule place.

Sous la toiture en forme de parapluie, un espace nuit, auquel on accède par une échelle, qui accueillent 4 couchages au sol, 2 de 2 places chacun et 2 d’une seule place.
©Cassina


www.adagp.fr

www.cassina.com

www.fondationlecorbusier.fr


Les aménagements intérieurs du Refuge Tonneau ont été réalisés en bois de sapin. Chaleureux, ils rappellent les origines de sa création et sa vocation montagnarde.

Les aménagements intérieurs du Refuge Tonneau ont été réalisés en bois de sapin. Chaleureux, ils rappellent les origines de sa création et sa vocation montagnarde.
©Cassina