Transhumance, une maison patio prospective

Agnès Zamboni
Habitat de demain : le premier Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts et Prix Charles Abella 2012. La maison Transhumance est une réalisation prospective du jeune étudiant en architecture Simon Moisière. Habitation individuelle, elle met son occupant face à lui-même…
Côté enveloppe, la maison est revêtue d’un manteau poreux en béton, avec des espaces ajourés. Elle se recouvrira de lichen avec le temps.

Côté enveloppe, la maison est revêtue d’un manteau poreux en béton, avec des espaces ajourés. Elle se recouvrira de lichen avec le temps.
©Simon Moisière

Une thématique dans l’air du temps


Cette année, après avoir exposé la thématique du logement d’urgence et celle du logement pour étudiant, en 2010 et 2011, le Grand Prix d’Architecture de l’Académie des Beaux-Arts, s’intéresse à la maison, comme centre de réflexion. Repenser sa composition, sa conception, en prenant en compte les nouveaux besoins de la société d’aujourd’hui, c’est l’enjeu de ce concours qui permet de présenter des projets tous très différents et pertinents. Au cœur des préoccupations d’aujourd’hui, posséder sa propre maison reste un but dans la vie des individus. Cocon familial, lieu protecteur et miroir de l’intériorité de ses occupants, elle a une valeur physique et symbolique, encore plus forte en temps de crise économique.


Le jardin autour de la maison nous renvoie à une certaine forme de biodiversité, à un espace sauvage muré.

Le jardin autour de la maison nous renvoie à une certaine forme de biodiversité, à un espace sauvage muré.
©Simon Moisière


Une maison en 3 actes


La maison de Simon Moisière, qui a gagné le second prix, l’année précédente,  propose un voyage intérieur et introspectif à travers la maison en 3 actes et dispositifs : elle propose un lieu d’isolement pour réfléchir, un espace de réflexion au cœur d’un patio qui mène à la décision et une cellule qui permet de mettre en œuvre ses décisions.


La maison tournée sur elle-même n’a pas de lien avec le paysage extérieur banal. Elle offre un jardin intérieur domestiqué dans la cour qui s’oppose à un jardin périphérique, séparé du terrain par une clôture. Ce jardin sauvage n’est pas cultivé ni maîtrisé, mais laisse la nature faire son œuvre. Au fil du temps, il offrira une végétation grandissante qui composera un écran de verdure pour la maison. Un mouton peut venir brouter les herbes folles. Que pensez-vous de cette maison qui remet l’humain en question ?  


La maison  a été imaginée à Mesnard-la-Barotière en Vendée, mais pourrait être ailleurs. Elle prend appui sur une ruine qui l'inscrit dans une continuité temporelle. Mais elle n’entretient pas de relation avec le paysage.

La maison a été imaginée à Mesnard-la-Barotière en Vendée, mais pourrait être ailleurs. Elle prend appui sur une ruine qui l'inscrit dans une continuité temporelle. Mais elle n’entretient pas de relation avec le paysage.
©Simon Moisière


Internet en question 


« Elle inclut toutes les données du monde, grâce à Internet, qui estompe la différence entre espace public et privé, entre intérieur et extérieur. Les espaces intérieurs deviennent ainsi de plus en plus publics. La maison est elle-même un écran qui expose en public ce qu’elle abrite ; l’écran est donc aujourd’hui tout aussi important que la fenêtre architecturale », déclare Simon Moisière, qui offre à l’occupant une transhumance physique et intellectuelle.


Que pensez-vous de cette vision de la maison individuelle ?


Renseignements :

Académie des Beaux-Arts

Aurore Bachelet

23, rue de Conti

75006 Paris.

Tél. : 01 44 41 43 20

www.academie-des-beaux-arts.fr


Trois dispositifs coexistent au sein de la maison et permettent une transhumance physique et intellectuelle de l’occupant. Un premier isole l’occupant, face à lui-même. Il prend ainsi du recul, sans communication extérieure. Le second est une cour extérieure, lieu de la décision. Enfin, une cellule à l’étage connectée à Internet est l’endroit où l’occupant peut extérioriser.

Trois dispositifs coexistent au sein de la maison et permettent une transhumance physique et intellectuelle de l’occupant. Un premier isole l’occupant, face à lui-même. Il prend ainsi du recul, sans communication extérieure. Le second est une cour extérieure, lieu de la décision. Enfin, une cellule à l’étage connectée à Internet est l’endroit où l’occupant peut extérioriser.
©Simon Moisière