A Paris, un mur végétal transforme le quartier du Sentier

Agnès Zamboni
Au cœur du 2ème arrondissement, à proximité de la rue d’Aboukir, Patrick Blanc, botaniste et chercheur a élevé un mur végétal de 25 mètres de hauteur. Une commande privée, qui contribue au bien être du quartier à l’activité dense.
Contrairement à la colonisation anarchique des plantes qui abîment une construction, le mur végétal, abreuvé régulièrement en eau, ne provoque pas de dégradation. Il se développe sur une surface comparable à un rocher moussu, et protège le bâtiment.

Contrairement à la colonisation anarchique des plantes qui abîment une construction, le mur végétal, abreuvé régulièrement en eau, ne provoque pas de dégradation. Il se développe sur une surface comparable à un rocher moussu, et protège le bâtiment.
©DR

Un acte écologique


Dans les villes, les plantes ont toujours offert une activité dépolluante vis-à-vis des gaz et des autres éléments toxiques. Cette activité dépolluante, issue directement de la photosynthèse et de l’absorption par les racines, est optimisée lorsque celles-ci sont en contact direct avec des surfaces exposées à l’oxygène de l’air. C’est le cas sur un mur végétal. La microfibre et les autres microorganismes s’installent spontanément sur les filtres de sa nappe d’irrigation, qui constitue alors une surface dépolluante très importante.


Et tandis qu’il dialogue avec les humains sans empiéter sur leur espace horizontal déjà encombré,  le mur végétal offre aussi un tableau vivant pour rendre la balade urbaine encore plus belle.

Et tandis qu’il dialogue avec les humains sans empiéter sur leur espace horizontal déjà encombré, le mur végétal offre aussi un tableau vivant pour rendre la balade urbaine encore plus belle.
©DR


Une réalisation pleine d’avantages


« L’installation s’est déroulée dans des conditions optimum en 7 semaines seulement, et nous avons bénéficié des meilleurs périodes de plantation qui sont mars et avril », raconte Patrick Blanc, qui a inauguré ce mur, début septembre 2013. Dans ce quartier historique de Paris, cette nouvelle réalisation, d’une pérennité d’au moins 30 ans, protège le bâtiment. L’entretien du mur est très réduit, car la plupart des mauvaises herbes ne s’accrochent pas sur des surfaces verticales. Pause verte au cœur d’un quartier commerçant, populaire et très animé, ce mur végétal est une réalisation modeste au regard des chantiers de forte envergure que le spécialiste Patrick Blanc, et inventeur de ce procédé, a orchestré dans le monde. Pourtant, il symbolise la mutation d’un petit territoire, autrefois encombré par la circulation.


Le mur végétal embellit la ville et les bâtiments les plus modestes tout en dessinant une nouvelle perspective à l’espace urbain.

Le mur végétal embellit la ville et les bâtiments les plus modestes tout en dessinant une nouvelle perspective à l’espace urbain.
©DR


Une architecture qui optimise l’espace urbain


En ville, l’espace horizontal dédié à l’activité urbaine et à la circulation des passants est de plus en plus réduit. Difficile aujourd’hui de coloniser encore des territoires au sol pour des nouvelles plantations. Tous les murs verticaux nus et souvent laids composent une formidable opportunité pour intégrer le végétal.  Autre avantage, il y a peu de risque de dégradation des végétaux situés en position verticale.


Pariez-vous que le mur végétal donne envie de s’arrêter sur cette placette, désormais baptisée l’Oasis d’Aboukir ?


Renseignements :

www.murvegetalpatrickblanc.com


Sur un mur végétal, la nappe d’irrigation agit comme une surface filtrante. Les particules polluantes sont retenues mécaniquement, puis décomposées et minéralisées par les micro-organismes, et finalement absorbés par les racines des plantes.

Sur un mur végétal, la nappe d’irrigation agit comme une surface filtrante. Les particules polluantes sont retenues mécaniquement, puis décomposées et minéralisées par les micro-organismes, et finalement absorbés par les racines des plantes.
©DR


Le mur végétal crée une surface d’isolation entre le bâti et l’extérieur, grâce à son coussin d’air. Il réduit les besoins en climatisation pendant l’été, et en chauffage pendant l’hiver.

Le mur végétal crée une surface d’isolation entre le bâti et l’extérieur, grâce à son coussin d’air. Il réduit les besoins en climatisation pendant l’été, et en chauffage pendant l’hiver.
©DR


Le mur offre une surface de 250 m². Comme un tableau vivant, il regroupe une composition de 7600 plantes et 237 espèces de variétés différentes.

Le mur offre une surface de 250 m². Comme un tableau vivant, il regroupe une composition de 7600 plantes et 237 espèces de variétés différentes.
©DR