Les applications scientifiques et techniques de la Tour Eiffel

Michel Balic
Dès la présentation de son projet en 1886, Gustave Eiffel savait que seule l’utilité scientifique de sa Tour pouvait la préserver de ses adversaires et prolonger sa durée de vie. En effet, la Tour Eiffel devait au départ être détruite au bout de 20 ans !
Observations météorologique et astronomique, expériences de physique, poste d’observation stratégique, poste de communication par télégraphe optique, phare pour l’éclairage électrique, étude du vent… Gustave Eiffel a multiplié les idées d’utilisations scientifiques pour sauver sa tour d’une destruction annoncée.

Observations météorologique et astronomique, expériences de physique, poste d’observation stratégique, poste de communication par télégraphe optique, phare pour l’éclairage électrique, étude du vent… Gustave Eiffel a multiplié les idées d’utilisations scientifiques pour sauver sa tour d’une destruction annoncée.
©Nataliya Hora - Fotolia.com

Une liste des utilisations possibles de la Tour Eiffel est alors dressée : observations météorologique et astronomique, expériences de physique, poste d’observation stratégique, poste de communication par télégraphe optique, phare pour l’éclairage électrique, étude du vent… Gustave Eiffel précise d’ailleurs : « Ce sera pour tous un observatoire et un laboratoire, tel qu’il n’en aura jamais été mis d’analogue à la disposition de la science. C’est la raison pour laquelle, dès le premier jour, tous nos savants m’ont encouragé par leurs plus hautes sympathies ».


Ainsi, dès 1889, la Tour Eiffel est utilisée comme un laboratoire de mesures et d’expériences scientifiques. De nombreux appareils scientifiques y sont installés (baromètres, anémomètres, paratonnerres…), tandis que Gustave Eiffel se réserve un bureau au troisième étage pour y faire lui-même des observations d’astronomie et de physiologie.


Pourquoi la Tour Eiffel est-elle en fer ?


Quels sont les avantages de ce métal ? Gustave Eiffel répond lui-même : « C’est en premier lieu sa résistance. Au point de vue des charges que l’ont peut faire faire supporter avec sécurité à l’un ou l’autre de ces matériaux, on sait que, à sa surface égale, le fer est 10 fois plus résistant que la pierre. » Il ajoute : « C’est dans les grandes constructions surtout, que la résistance du métal le rend supérieur aux autres matériaux. La légèreté relative des constructions métalliques permet en même temps de diminuer l’importance des supports et des fondations. »


Il conclut en affirmant : « Pour ne pas citer qu’un exemple, celui de la Tour de l’exposition, j’ai étonné plus d’une personne qui s’inquiétait de la charge sur le sol des fondations, en disant qu’il ne serait pas plus chargé qu’une maison de Paris. »


Les expériences scientifiques


Au lendemain même de l’inauguration de la Tour, Gustave Eiffel installe au 3e étage un laboratoire de météorologie. Il est également passionné d’aérodynamisme et effectue une série d’observations sur la chute des corps avec des appareils de chute installés de 1903 à 1905. Il imagine alors « un dispositif automatique glissant le long d’un câble tendu entre le 2e étage de la Tour et le sol », et fait construire une petite soufflerie au pied de la Tour. Du mois d’août 1909 au mois de décembre 1911, il effectuera un total de 5000 essais. Par ailleurs, Gustave Eiffel encourage de nombreuses expériences scientifiques sur la Tour. On compte parmi elles : la Pendule de Foucault, le manomètre à mercure, les études de physiologie et liaisons radio (1898).


Le sommet de la Tour Eiffel en mouvements


Sous l’effet du vent, la Tour s’incline. Ainsi, lors de la tempête de 1999, elle s’est écartée d’environ 13 centimètres de sa position initiale !


On constate également qu’elle se « tord » sous l’effet de la chaleur. En effet, la partie de la structure exposée au soleil se dilate plus que celle qui est à l’ombre. Pour « fuir le soleil », la Tour Eiffel peut s’incliner jusqu'à 18 centimètres.


Tour Eiffel

www.tour-eiffel.fr


Le nombre d’antennes installées en haut de la Tour Eiffel a atteint 116 le 17 janvier 2005, avec l’ajout du premier émetteur TNT français.

Le nombre d’antennes installées en haut de la Tour Eiffel a atteint 116 le 17 janvier 2005, avec l’ajout du premier émetteur TNT français.
©DR