A Bruxelles, la nostalgie des cités-jardins

Agnès Zamboni
Entre 1915 et 1922, ont poussé en Belgique de véritables ensembles d’habitations destinés aux héros de la Grande Guerre. Une authentique tranche de l’histoire de l’architecture rarement évoquée et une exposition à découvrir jusqu’au 25 septembre 2016.
Accents géométriques Art déco pour ce projet de cité-jardin pour anciens combattants à Dour (Hainaut), 1922. Elévation du «Café de la Cité».Réalisation de l’architecte Louis Herman De Koninck.

Accents géométriques Art déco pour ce projet de cité-jardin pour anciens combattants à Dour (Hainaut), 1922. Elévation du «Café de la Cité».Réalisation de l’architecte Louis Herman De Koninck.
©Archives d’Architecture Moderne


Une action nationale



Au lendemain de la guerre 1914-18, de nombreuses initiatives sont mises en place pour que chacun et surtout les plus pauvres et les grands mutilés retrouvent un toit. Dans les villes et les campagnes, environ 100 000 habitations et 1 000 édifices ont été rasés, des chiffres énormes pour un petit pays comme la Belgique qui souhaite reloger les anciens soldats, en priorité, dans les lieux et villes qu’ils ont habité avant le conflit. Venant renforcer le Fonds du Roi Albert, qui permet de construire à terme non seulement 12 600  baraquements et logements d’urgence, mais aussi des écoles, des églises, des mairies et des hôpitaux, les actions en faveur de l’habitation sociale se multiplient pour donner aux anciens soldats des logements de meilleure qualité. Un concours s’adressant à tous les architectes du Brabant est organisé, en mars 1916, pour dynamiser la reconstruction rurale. De nombreux architectes se mobilisent aussi pour participer à des projets d’habitation provisoire. Et des aides financières se mettent en place, comme celle de la Société Nationale des Habitations à Bon Marché, pour offrir des prêts à taux réduit et de longue durée à des sociétés coopératives de locataires.



Inventif, système de construction préfabriqué D.S., couverture de la plaquette publicitaire, vers 1920. Réalisation de l’architecte Antoine Pompe.

Inventif, système de construction préfabriqué D.S., couverture de la plaquette publicitaire, vers 1920. Réalisation de l’architecte Antoine Pompe.
©Archives d’Architecture Moderne




Des habitations à l’anglaise



Ce ne sont pas des phalanstères (ensembles de bâtiments à usage communautaire) ou des cités idéales étudiées pour une vie harmonieuse en communauté et imaginées par des intellectuels et philosophes utopistes, mais des programmes de logements modernes avec tout le confort. Certains, s’inspirent de l’Art déco et d’autres plus tardifs ont déjà des accents modernistes… Les cités répondent aux doux noms de Floréal, Le Logis ou Batavia, référence dans ce domaine, et construite à Roulers, en Flandre. Elles sont aussi le fruit des concours organisés par La Société Nationale des Habitations à Bon Marché. Les architectes s’inspirent beaucoup du style anglo-saxon. Ils dessinent des quartiers résidentiels dotés d’équipements collectifs de première nécessité (écoles dispensaires, magasins), ainsi que d’installations culturelles ou sportives. Parmi eux, se distingue la cité-jardin ouvrière expérimentale du quartier de la roue à Anderlecht, une commune de Bruxelles.



Combinant tradition et modernité, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Photographie d’époque. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.

Combinant tradition et modernité, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Photographie d’époque. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.
©Archives d’Architecture Moderne




Un symbole patriotique



Au fil de l’exposition, documents originaux, maquettes, dessins, perspectives, affiches, correspondances et autres documents d’époque qui proviennent des collections des Archives d’Architecture Moderne nous éclairent sur cette période de l’architecture à la vocation sociale et commémorative. Joliment rétro !



Brique et pierre sculpturale pour ce projet de cité-jardin pour anciens combattants à Dour (Hainaut), 1922. Détail d’exécution pour le «Café de la Cité» destiné au cercle des colombophiles. Réalisation de l’architecte Louis Herman De Koninck.

Brique et pierre sculpturale pour ce projet de cité-jardin pour anciens combattants à Dour (Hainaut), 1922. Détail d’exécution pour le «Café de la Cité» destiné au cercle des colombophiles. Réalisation de l’architecte Louis Herman De Koninck.
©Archives d’Architecture Moderne




Renseignements : 

CIVA


55, rue de l’Ermitage

1050 Bruxelles

Belgique

Tél. : 0032(0)2 642 24 62

Mail : info@aam.be



Avec environnement paysager, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Perspective et plan des habitations de type A1 et A2 combinés. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.

Avec environnement paysager, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Perspective et plan des habitations de type A1 et A2 combinés. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.
©Archives d’Architecture Moderne




Architecture à pans de bois pour ce projet d’habitation provisoire pour le Comité national de Secours et d’Alimentation, 1915. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.

Architecture à pans de bois pour ce projet d’habitation provisoire pour le Comité national de Secours et d’Alimentation, 1915. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.
©Archives d’Architecture Moderne




Bucolique, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Perspective et plan des habitations de type M. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.

Bucolique, cité-jardin Batavia à Roulers, 1919. Perspective et plan des habitations de type M. Réalisation des architectes Fernand Bodson et Antoine Pompe.
©Archives d’Architecture Moderne




Enclos champêtre pour ces habitations ouvrières semi-définitives, vers 1916. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.

Enclos champêtre pour ces habitations ouvrières semi-définitives, vers 1916. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.
©Archives d’Architecture Moderne




Timbre de soutien aux éprouvés de la Guerre, 1915.

Timbre de soutien aux éprouvés de la Guerre, 1915.
©Archives d’Architecture Moderne




De style anglo-normand, projet d’habitation provisoire pour le Comité National de Secours et d’Alimentation, 1915. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.

De style anglo-normand, projet d’habitation provisoire pour le Comité National de Secours et d’Alimentation, 1915. Perspective. Réalisation de l’architecte Hippolyte Berger.
©Archives d’Architecture Moderne