A Paris, « Tous à la plage », une évocation des architectures contrastées des bords de mer

Agnès Zamboni
Cette exposition sur l’architecture de bord de mer qui dure jusqu’au 12 février 2017 offre un panorama de l’urbanisme des villes balnéaires d’Europe, des origines à nos jours.
L’été à la Grande Motte, photographie par Pierre Riby, architecture par Jacques Arnihac, Albert Cane et Jean de Richemond et Paul d’Outreligne. Carte postale Yvon.

L’été à la Grande Motte, photographie par Pierre Riby, architecture par Jacques Arnihac, Albert Cane et Jean de Richemond et Paul d’Outreligne. Carte postale Yvon.
©DR


Passé, présent et futur



L’exposition est découpée en trois parties : « Inventer la villégiature », une thématique qui s’intéresse aux sources de la station balnéaire, dont le concept est apparu dans la seconde moitié du XVIIIème siècle.  « L’essor des grandes vacances à la mer », une évocation d’une longue période qui atteint son apogée dans les années 1970. Enfin, « Quelles villes balnéaires pour demain ? », une vision futuriste avec des réalisations prospectives et futuristes de l’architecture de bord de mer, à l’heure de la mondialisation et du réchauffement climatique. Plus de 400 œuvres pour évoquer les grands hôtels, les villas, les marinas, les villages et clubs de vacances… Il ne faut pas l’oublier, inventée sur les côtes anglaises, la ville balnéaire a tout d’abord eu une fonction thérapeutique et curative. Réservée aux riches élites de la société, elle est mise en vedette jusqu’à la crise économique de 1929. 



Cabine royale, Saint-Sébastien (Pays Basque, Espagne), Charles Chusseau-Flaviens. Photographie, 1908.

Cabine royale, Saint-Sébastien (Pays Basque, Espagne), Charles Chusseau-Flaviens. Photographie, 1908.
©George Eastman Museum




La belle époque



Dans les années 1930, tout change. En France avec l’instauration des congés payés de 1936, le bord de la mer devient une destination populaire. A partir de cette date, une clientèle plus modeste et croissante déferle sur les côtes. Les vacances à la mer pour tous auront le vent en poupe jusque dans les années 1970. Le bord de mer est la destination phare des Trente Glorieuses et devient un lieu de plaisir, repos et farniente façon Sea, Sex and Sun pour reprendre le fameux tube de Serge Gainsbourg de l’été 1978. A partir des années 1950, de véritables cités de loisirs sont construites pour accueillir des vacanciers de plus en plus nombreux. Et les fronts de mer bétonnés font leur apparition…tandis qu’au-delà des barres d’immeubles, on assiste à la naissance d’un habitat de loisirs économique et réduit au minimum. Dépaysants et plus proches de la nature façon Robinson Crusoé, chalets, cabanes ou cabanons, bungalows et mobil-homes poussent un peu partout sous l’impulsion de la préfabrication et d’un retour à la tradition méditerranéenne, illustrée notamment par l’architecte Le Corbusier avec son propre cabanon ou ses unités de camping. Tandis qu’aux Etats-Unis, on développe un modèle de village lacustre avec son port.



Village de vacances de Beg-Meil de l’association Renouveau, vue d’ensemble des bungalows, Fouesnant (Bretagne, France), Henri Mouette et Pierre Székely, architectes, 1964-1982. Photographie de Véra Cardot et Pierre Joly, non daté.

Village de vacances de Beg-Meil de l’association Renouveau, vue d’ensemble des bungalows, Fouesnant (Bretagne, France), Henri Mouette et Pierre Székely, architectes, 1964-1982. Photographie de Véra Cardot et Pierre Joly, non daté.
©SIAF-CAPA




A la recherche d’un nouveau tourisme



Après le choc pétrolier, l’urbanisation massive du littoral est violemment remise en question. Depuis 1975, différentes vagues de protection du patrimoine bâti et une interdiction de construction à moins de cent mètres du rivage ont tenté de stopper l’urbanisation anarchique. Le modèle américain de cité lacustre est toujours d’actualité. A Dubaï et Abu Dhabi, il tourne le dos à la mer et se vit autour d’une piscine sécurisée et de lieux de consommation excessive. Tandis qu’ailleurs une requalification des sites déjà construits et surdensifiés contribue à attirer une population éclectique. Elle est séduite soit par la modernité de certaines constructions soit par le style rétro début XXème d’une architecture nostalgique conservée. Et vous, êtes-vous plutôt mer ou montagne ?



Lilypad, cité flottante et écologique pour l’accueil des réfugiés climatiques, Vincent Callebaut, 2008.

Lilypad, cité flottante et écologique pour l’accueil des réfugiés climatiques, Vincent Callebaut, 2008.
©Vincent Callebaut Architectures




Contact :

Cité de l’Architecture et du Patrimoine

Palais de Chaillot

1, place du Trocadéro

75116 Paris

www.citechaillot.fr



Hôtel Negresco, vue extérieure, Nice (Alpes-Maritimes, France). Photographie de J. Giletta, vers 1911-1913.

Hôtel Negresco, vue extérieure, Nice (Alpes-Maritimes, France). Photographie de J. Giletta, vers 1911-1913.
©SIAF-CAPA




Jardin d’hiver, Nice (Alpes-Maritimes, France), Édouard-Jean Niermans (1859-1928). Photochrome, vers 1890-1900.

Jardin d’hiver, Nice (Alpes-Maritimes, France), Édouard-Jean Niermans (1859-1928). Photochrome, vers 1890-1900.
©Retrieved from the Library of Congress




Villa Téthys, lieu-dit de Pyla-sur-Mer (Gironde, France), La Teste-de-Buch : perspective de la façade sur la mer, Roger-Henri Expert. Gouache sur carton, 1927.

Villa Téthys, lieu-dit de Pyla-sur-Mer (Gironde, France), La Teste-de-Buch : perspective de la façade sur la mer, Roger-Henri Expert. Gouache sur carton, 1927.
©SIAF-CAPA




Cabine de bains hippomobile, Ostende, (Flandre Occidentale, Belgique). Vue stéréoscopique de Sénicourt, 1912.

Cabine de bains hippomobile, Ostende, (Flandre Occidentale, Belgique). Vue stéréoscopique de Sénicourt, 1912.
©Médiathèque du Patrimoine, Dist. rmn-Grand Palais / Sénicourt




La Grande-Motte, immeuble d’habitation « Le Paradis du Soleil », perspective, Jean Balladur (1924-2002) (avec J.-B Tostivint, coll.). Lavis et gouache, 1976-1979.

La Grande-Motte, immeuble d’habitation « Le Paradis du Soleil », perspective, Jean Balladur (1924-2002) (avec J.-B Tostivint, coll.). Lavis et gouache, 1976-1979.
©SIAF-CAPA




Le front de mer à Royan aujourd’hui, vue de la mer.

Le front de mer à Royan aujourd’hui, vue de la mer.
©Philippe Souchard-Ville de Royan




Hôtel Normandy, vue de l’entrée côté cour, Deauville (Calvados, France). Photographie anonyme.

Hôtel Normandy, vue de l’entrée côté cour, Deauville (Calvados, France). Photographie anonyme.
©SIAF-CAPA




Études typologiques pour des logements de vacances, vue d’une villa, Georges Candilis, 1960-1973.

Études typologiques pour des logements de vacances, vue d’une villa, Georges Candilis, 1960-1973.
©SIAF-CAPA




Complexe immobilier des Spélugues, quartier de Monte-Carlo, Monaco (Principauté de Monaco), Jean Ginsberg, encre sur calque, 1971-1975.

Complexe immobilier des Spélugues, quartier de Monte-Carlo, Monaco (Principauté de Monaco), Jean Ginsberg, encre sur calque, 1971-1975.
©SIAF-CAPA




Aménagement du Casino d’Ostende, (Flandre Occidentale, Belgique), Alban Chambon. Dessin sur papier, 1904.

Aménagement du Casino d’Ostende, (Flandre Occidentale, Belgique), Alban Chambon. Dessin sur papier, 1904.
©Fondation CIVA, Brussels