L’atelier des frères Martel transformé en habitation privée

Agnès Zamboni
Découvrez un atelier de sculpture à la volumétrie et l’architecture intérieure et extérieure admirablement préservées, créé par l’architecte Robert Mallet-Stevens.
La porte d’entrée métallique, très haute et coulissante, conservée, permettait le passage d’œuvres de grandes dimensions comme les statues.

La porte d’entrée métallique, très haute et coulissante, conservée, permettait le passage d’œuvres de grandes dimensions comme les statues.
©Architecture de Collection

Tout pour l’art


Situé au rez-de-chaussée d’un hôtel particulier, cet atelier a été construit, en 1927, pour les sculpteurs et frères jumeaux Jan et Joël Martel qui y ont travaillé et habité. Leurs œuvres communes d’inspiration Art Déco ou cubiste (monuments, fontaines, aménagements de villas,…) a connu beaucoup de succès, à l’époque. Dans l’atelier, la hauteur sous plafond exceptionnelle de 6 mètres et les jeux de niveaux permettaient d’observer des points de vue différents sur les œuvres en plonge et contreplongée.


La bibliothèque, aménagée sur une mezzanine, s’inscrit discrètement dans l’espace.

La bibliothèque, aménagée sur une mezzanine, s’inscrit discrètement dans l’espace.
©Architecture de Collection


Une adaptation sans transformation


La surface de 171 m² offre un espace ouvert rythmé par des différences de niveaux. Le volume principal est occupé par une vaste pièce à vivre. La décoration actuelle est ponctuée par des créations de Robert Mallet-Stevens, comme le fauteuil Transat créé pour piscine couverte de la villa Noailles, et réédité cette année chez Habitat. L’intérieur, doté d’une acoustique remarquable, dessine des atmosphères variées. Une grande verrière avec huisseries modernes domine l’espace. Pour cette réalisation, l’architecte a collaboré avec Jean Prouvé pour les ferronneries et le maître verrier Louis Barillet, qui a réalisé un vitrail magnifiant l’escalier.


Dans l’ancien jardin d’hiver, au plafond ajouré, la cuisine (Boffi) a été installée.

Dans l’ancien jardin d’hiver, au plafond ajouré, la cuisine (Boffi) a été installée.
©Architecture de Collection


Une adresse mythique


Robert Mallet-Stevens, principal acteur du Style International et fondateur de l’Union des artistes modernes en 1929 est l’auteur de résidences privées qui sont situées dans une rue du 16ème arrondissement, portant son nom. Cet atelier fait partie de cette artère d’exception qu’il évoquait lui-même en ces termes : «Aucun commerce n’y est autorisé. Elle est exclusivement réservée à l’habitation et au repos ; on doit y trouver un calme réel, loin du mouvement et du bruit, et son aspect même, par sa structure générale, doit évoquer la placidité sans tristesse. » Volumes cubiques, façades blanches et lisses, terrasses disposées en gradins, larges baies vitrées, confèrent à la rue un caractère harmonieux, urbain et sculptural à la fois. Ce havre de paix constitue aujourd’hui l’un des plus beaux témoignages d’architecture résidentielle de l’entre-deux-guerres à Paris.


Et cette maison, à vendre, est présentée sur le site www.architecturedecollection.fr


L’escalier sculptural dessine une spirale impressionnante.

L’escalier sculptural dessine une spirale impressionnante.
©Architecture de Collection


Entre 1926 et 1927, Robert Mallet-Stevens imagine une rue bordée d'hôtels particuliers qui portera son nom. Il fait appel à Jean Prouvé pour réaliser grilles et portails.

Entre 1926 et 1927, Robert Mallet-Stevens imagine une rue bordée d'hôtels particuliers qui portera son nom. Il fait appel à Jean Prouvé pour réaliser grilles et portails.
©Architecture de Collection


Le lieu a conservé sa pureté et sa modernité. Son architecture intérieure n’a pas été dénaturée. Le mobilier actuel définit les différentes fonctions de l’espace. Les murs peints en blanc et les sols simplement carrelés renouent avec sa vocation originelle.

Le lieu a conservé sa pureté et sa modernité. Son architecture intérieure n’a pas été dénaturée. Le mobilier actuel définit les différentes fonctions de l’espace. Les murs peints en blanc et les sols simplement carrelés renouent avec sa vocation originelle.
©Architecture de Collection


Dans l’atelier inférieur, destiné autrefois au moulage et travail de la terre, la salle de bains et le dressing ont été aménagés.

Dans l’atelier inférieur, destiné autrefois au moulage et travail de la terre, la salle de bains et le dressing ont été aménagés.
©Architecture de Collection


Une mezzanine brise le grand plateau central. A l'occasion de ses 50 ans, Habitat, réédite plusieurs meubles signés Mallet-Stevens, dont le fauteuil et la chaise longue.

Une mezzanine brise le grand plateau central. A l'occasion de ses 50 ans, Habitat, réédite plusieurs meubles signés Mallet-Stevens, dont le fauteuil et la chaise longue.
©Architecture de Collection


La chambre est aménagée sur une mezzanine qui profite d’un éclairage zénithal.

La chambre est aménagée sur une mezzanine qui profite d’un éclairage zénithal.
©Architecture de Collection


La pièce à vivre est éclairée par la lumière naturelle diffusée par de larges baies vitrées qui donnent sur une terrasse.

La pièce à vivre est éclairée par la lumière naturelle diffusée par de larges baies vitrées qui donnent sur une terrasse.
©Architecture de Collection