Confortable et fonctionnelle, la maison Bulle de Jean-Benjamin Maneval

Mathilde Elie
Dans les années 1960, Jean-Benjamin Maneval a imaginé un habitat ultra-fonctionnel composé de six coquilles qui s’assemblent facilement, pour former une unité d’habitation nomade, parfaitement intégrée à l’environnement : la maison Bulle à six coques.
Facilité de montage et démontage, cette maison futuriste et nomade offre toutes les fonctionnalités d’une vraie maison avec un mobilier intégré au maximum.

Facilité de montage et démontage, cette maison futuriste et nomade offre toutes les fonctionnalités d’une vraie maison avec un mobilier intégré au maximum.
©DR


Transportable, montable et démontable rapidement grâce à un assemblage facile qui nécessite peu de main d’œuvre, la maison Bulle à six coques de Jean-Benjamin Maneval est une véritable révolution dans le domaine de l’habitat préfabriqué et de l’architecture sans fondations. Imaginée en 1964, la maison Bulle à six coques est inspirée par le travail d’architectes visionnaires comme Oscar Niemeyer, Gaudi et Le Corbusier, qui s’inscrivent eux-mêmes dans la lignée du concept de l’Endless House de Frederick John Kiesler.



Un exemplaire rarissime déniché sur la côte bretonne est à vendre aux enchères le 27 mars 2017 à 14h00 lors de la vente de Design et d’Art Contemporain du XXème siècle organisée par Rennes Enchères (L'Hôtel des Ventes de Rennes). Proposée avec son mobilier d’origine, cette maison modulaire datée des années 60, demeure l'un des derniers exemples de l'architecture expérimentale en matière plastique de cette époque. 



Véritable unité d’habitation imaginée par l’architecte Jean-Benjamin Maneval, la Bulle à 6 coques peut être installée sur des terrains très accidentés.

Véritable unité d’habitation imaginée par l’architecte Jean-Benjamin Maneval, la Bulle à 6 coques peut être installée sur des terrains très accidentés.
©DR




La maison comme œuvre d’art



Le concept de maison Bulle s’inspire en effet du travail et des théories de Frederick John Kiesler, qui prône une architecture tout en courbe, mobile et suspendue, en réaction à la dictature des angles droits.  Dans les années 1920, l’architecte Frederick John Kiesler imagine l’Endless House, une maison fondée sur le principe de la continuité, en supprimant les séparatismes dans la construction de la maison, c’est-à-dire la distinction entre le plancher, les murs et le plafond. « Je créerai avec le plancher, les murs et le plafond un continuum unique » explique-t-il. Malgré une certaine évolution de son projet, celui-ci n’aboutira jamais. Cependant, ses théories ont trouvé un écho chez la génération suivante d’architectes, et ont fortement contribué à changer la perception de l’habitat : la maison ne répond plus seulement à une fonction, elle est pensée comme une œuvre d’art, intégrée à son environnement.



Avec 7 mètres de diamètre et une surface au sol de 36 m², la bulle à 6 coques assemble 6 coques reproduites à partir d’un même moule suivant la même technique que les bateaux.

Avec 7 mètres de diamètre et une surface au sol de 36 m², la bulle à 6 coques assemble 6 coques reproduites à partir d’un même moule suivant la même technique que les bateaux.
©Philippe Bancilhon




Une maison Bulle telle un cocon



Architecte visionnaire, Jean-Benjamin Maneval s’intéresse également à l’architecture d’avant-garde, notamment à l’architecte français Ionel Schein, qui présente la première maison réalisée entièrement en plastique, au Salon des Arts Ménagers en 1956, une avancée architecturale conceptuelle et esthétique qui suscite l’intérêt, de part et d’autre de la planète. Jean-Benjamin Maneval s’appuie alors sur ce prototype, pour réaliser, et surtout commercialiser, sa maison Bulle préfabriquée. Celle-ci, industrialisée à partir de 1968 par  Batiplastique, est entièrement conçue en matériaux de synthèse. Les unités sont composées de six coques en polyester armé, assemblées avec des joints étanches démontables, et suspendues à une charpente métallique de forme hexagonale, qui repose sur un socle en béton qui supporte le plancher ; le tout est couronné par une calotte hémisphérique.



Douze ans plus tard, vingt maisons Bulles de 36 m² sont éditées afin d’équiper un village de vacances expérimental à Gripp, dans les Hautes-Pyrénées. Les six coquilles, pesant chacune 210 kg, sont facilement transportables en camion, et représentent chacune une unité de vie (cuisine, chambres, salle de bains, toilettes, salon). Confortables, elles sont reliées les unes aux autres, créant ainsi une sorte de tanière, un cocon, un espace continu, à l’image de l’Endless House de Frederick John Kiesler.



Par ailleurs, Jean Benjamin Maneval conjugue ses talents d’architecte et d’urbaniste en réalisant une habitation qui s’intègre parfaitement au paysage, sans le dénaturer, grâce à des formes et des couleurs naturelles (blanc, vert ou marron). A l’intérieur, le mobilier en bois et en métal, conçu par l’architecte lui-même, est intégré et adapté aux courbes des coques.



Précurseur, Jean-Benjamin Maneval, architecte, urbaniste et théoricien, a imaginé une maison Bulle préfabriquée, composée de six coques reliées les unes aux autres pour former une unité d’habitation, une sorte de cocon qui s’intègre à son environnement. A l’intérieur, le mobilier en bois et en métal est parfaitement intégré.

Précurseur, Jean-Benjamin Maneval, architecte, urbaniste et théoricien, a imaginé une maison Bulle préfabriquée, composée de six coques reliées les unes aux autres pour former une unité d’habitation, une sorte de cocon qui s’intègre à son environnement. A l’intérieur, le mobilier en bois et en métal est parfaitement intégré.
©DR




La maison de Pierre Cardin et les piscines Tournesol



Si la production de la maison Bulle à six coques de Jean-Benjamin Maneval a été stoppée, son look pop a tout de même inspiré architectes et designers. C’est notamment le cas de Antti Lovag, créateur du Palais Bulles de Pierre Cardin dans les années 1980. Cette villa de 1200 m² est une véritable sculpture, dont les murs couleur ocre, entièrement sphériques, se fondent dans les collines de l’Estérel.



La maison Bulle de Jean-Benjamin Maneval a également inspiré la construction industrielle, à l’image des grandes piscines Tournesol de Bernard Schoeller, construites au début des années 1970, dans les agglomérations férues de modernité. Les coupoles, portées par des arches métalliques mobiles et équipées de hublots, avaient des allures de soucoupe volante.



Tél. 02 99 31 58 00

Mail. art@rennesencheres.com

www.rennesencheres.com



A vendre aux enchères : un exemplaire exceptionnel et rarissime de « La Bulle à six coques » de l’artiste Maneval, proposée avec son mobilier d’origine.

A vendre aux enchères : un exemplaire exceptionnel et rarissime de « La Bulle à six coques » de l’artiste Maneval, proposée avec son mobilier d’origine.
©DR