La maison « Red Skin », entre modernité et contraintes régionales

Clément Martin
Soumise à l’esthétique de sa commune, la construction de la maison « Red Skin » oblige maître d’ouvrage et maître d’œuvre à travailler main dans la main, pour faire correspondre les désirs du propriétaire aux règles du plan urbain.
Permettant de jouer sur un contraste des matières, les façades nord et sud présentent un bardage en écailles Eternit rouge, contrairement aux façades est et ouest en lames de bois. Ce compromis permet à la maison de correspondre à l’esthétique régionale.

Permettant de jouer sur un contraste des matières, les façades nord et sud présentent un bardage en écailles Eternit rouge, contrairement aux façades est et ouest en lames de bois. Ce compromis permet à la maison de correspondre à l’esthétique régionale.
©DR

Une construction codifiée par la commune


Située dans un lotissement aux alentours de Valence à Saint-Peray, cette maison unifamiliale se trouve régit par un POS (Plan d’Occupation des Sols), qui codifie les lieux considérés comme constructibles et les espaces naturels. En outre, le lotissement possède un règlement contraignant, qui tente d’unifier les bâtiments dans une esthétique relativement traditionnelle. Or les propriétaires souhaitaient édifier une maison contemporaine, où le bois serait l’élément principal, que ce soit en termes d’ossature, qu’en termes de bardage en façade. La correspondance avec le plan urbain n’étant pas respectée, un compromis a été proposé afin de contenter les deux parties. Pour ne pas dénaturer l’environnement, ils souhaitent que le terrain ne subisse qu’un minimum de modification, afin de conserver intact l’espace vert. Comme le sol est légèrement accidenté, la construction devait trouver une solution, afin de contourner le problème sans terrassement majeur. Dans une volonté d’ouvrir l’intérieur sur la modularité, les propriétaires souhaitaient un large espace commun, dont les pièces ne posséderaient qu’une faible identité avec peu d’éléments définissables.


Située sur le flanc d’une montagne, la maison « Red Skin » offre un panorama exceptionnel sur la vallée environnante. Afin de ne pas dénaturer l’espace vert, le terrain a subi peu de modifications, obligeant la construction à s’intégrer à sa pente.

Située sur le flanc d’une montagne, la maison « Red Skin » offre un panorama exceptionnel sur la vallée environnante. Afin de ne pas dénaturer l’espace vert, le terrain a subi peu de modifications, obligeant la construction à s’intégrer à sa pente.
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Une architecture pensée sur le thème du compromis


A l’origine, la maison était conçue sur le principe de l’origami, mais la codification des lieux oblige les architectes à repenser le projet vers davantage de simplicité volumétrique. Issus de l’agence DBDarchitects, Cécile Demange et Pascal Brateau proposent une solution à mi-chemin entre la réglementation urbaine et une image très contemporaine. De l’extérieur, la maison prend la forme épurée d’un rectangle, où la géométrie du volume se réduit à l’essentiel. Le tour de force réside dans l’insertion de la construction dans l’environnement d’origine, où la déclivité naturelle du terrain est respectée. De ce fait, la maison semble comme suspendue dans l’espace, grâce à un savant trompe l’œil réalisé avec la terrasse et un muret de pierre rénové. Si le bois n’a pas pu être largement privilégié, il n’en reste pas moins au cœur de la construction, en tant qu’élément central de sa structure. Il se retrouve également sur les pignons est et ouest de la maison, alors qu’un bardage en écailles Eternit rouge habille les façades sud et nord. Dans une continuité visuelle, le bois se poursuit comme matériau de la terrasse, et la tuile se prolonge sur la toiture à deux pentes, afin de correspondre à l’esthétique du lotissement.


Si la construction n’a pu être entièrement réalisée en bois à cause de contraintes régionales, les architectes ont offert un compromis avec une façade en lame pour les pignons ouest et est de la maison.

Si la construction n’a pu être entièrement réalisée en bois à cause de contraintes régionales, les architectes ont offert un compromis avec une façade en lame pour les pignons ouest et est de la maison.
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Une maison conçue pour le confort de vie


A cause d’une position délicate, la maison ne pouvait bénéficier d’un ensoleillement idéal, puisque la façade sud se trouve à flanc de montagne. Ainsi, son apparence incarne une certaine massivité, relayée par le peu de surfaces vitrées. Afin de la mettre en valeur, l’accent est mis sur l’environnement exceptionnel de la vallée, où la maison s’intègre avec harmonie à la pente du terrain. Les arbres sur son pourtour jouent le rôle d’encadrement, comme un écrin de verdure. Les fenêtres rectangulaires reprennent la forme simple de la maison, pour offrir des vues imprenables sur la nature environnante. Le rythme de la construction est donné par les ouvertures, mais surtout par les lignes des différents bardages. Les pignons en bois semblent s’élancer sur la terrasse dans un joli jeu de reliefs. Afin de profiter des beaux jours, la maison est installée sur une plate-forme en suspension, où l’intimité est assurée par la zone arborée. L’impression chaleureuse du bardage se fait écho dans l’intérieur de la maison, dont le large espace central est conçu sur une double hauteur. Se déployant sur la longueur, les pièces sont disposées avec hardiesse, afin de créer des effets de perspectives profondes.


Dans un esprit modulaire, les propriétaires souhaitaient que l’espace du rez-de-chaussée soit peu marqué par des éléments définissables, afin d’imprégner les lieux d’une faible identité. Ainsi, l’espace central est assez large, pour se composer d’un salon et d’une cuisine.

Dans un esprit modulaire, les propriétaires souhaitaient que l’espace du rez-de-chaussée soit peu marqué par des éléments définissables, afin d’imprégner les lieux d’une faible identité. Ainsi, l’espace central est assez large, pour se composer d’un salon et d’une cuisine.
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Si les désirs des propriétaires ont été avortés par une réglementation stricte du développement urbain, les architectes réussissent le pari de construire une maison se situant dans un joli compromis entre les deux parties, dans une rencontre de la tradition et de la modernité.


Descriptif technique :


SHON : 131 m2

Année de construction : 2006

Budget de construction : 130 000 € TTC


Réalisation :


 


DBDarchitects Cécile Demange et Pascal Brateau, architectes DPLG

Tél. : 03 72 14 47 64

Mail : dbdarchitects@gmx.fr

37, rue de Malzéville

54000 Nancy