A Montreuil, surélévation d'une maison de famille

Agnès Zamboni
En rajoutant une surélévation de 40 m² à cette maison de ville, les architectes de l’agence WY-TO lui ont aussi donné une seconde vie.
Un calepinage à clairevoie préserve l'intimité des pièces sur rue et limite l’impression de vis à vis. Depuis l’extérieur, les façades suggèrent un aspect sobre et unitaire, qui dévoile à l’intérieur richesse et subtilité.

Un calepinage à clairevoie préserve l'intimité des pièces sur rue et limite l’impression de vis à vis. Depuis l’extérieur, les façades suggèrent un aspect sobre et unitaire, qui dévoile à l’intérieur richesse et subtilité.
©Svend Andersen


Pousser les murs



Désirant une plus grande surface d’habitation, Sandrine souhaitait ajouter un niveau supplémentaire à la maison que lui a transmis son grand-père, tout en préservant la mémoire de la famille. Elle a permis ainsi à son histoire de continuer et de s’écrire avec les besoins des nouvelles générations. La maison existante possédait une surface 80 m² distribués sur deux niveaux. Le nouvel étage surélevé a été complètement remanié ainsi que le niveau inférieur. Seul le rez-de-chaussée n’a pas été modifié. « A l’intérieur, la chambre sur rue du second niveau est devenue un bureau, le séjour du second niveau n’a pas bougé. L'escalier a été créé ainsi que la bibliothèque. Ils forment un ensemble architectural cohérent qui relie tous les niveaux entre eux et produit une continuité visuelle et physique », raconte Pauline Gautry de WY-TO architects.



On a conservé les ouvertures de façade côté rue. Le toit à deux pans a été supprimé et remplacé par un toit terrasse.

On a conservé les ouvertures de façade côté rue. Le toit à deux pans a été supprimé et remplacé par un toit terrasse.
©Svend Andersen




Une problématique actuelle



La surélévation qui encourage l’évolution du bâti et le valorise sans s’affranchir du passé, c’est justement une thématique que l’agence WY-TO architects développe et qui a fait l’objet de nombreux projets. Ce sujet d’actualité a été aussi évoqué à l’occasion de l’exposition « Toit sur Toit » à la Maison de l’Architecture de Paris, qui s’est déroulée du 15 juillet au 25 septembre 2014. Le processus de surélévation est aujourd’hui envisagé à l’opposé de la « tabula rasa » car les toits possèdent un potentiel extraordinaire pour compléter la ville et la rendre plus heureuse. Le toit est un vrai outil de densification urbaine. Ici, le secteur ABF était très hétérogène et aucune réglementation n’imposait la conservation de la forme du toit à deux pans original.



On accède à l’extension  grâce à un escalier latéral qui n’encombre pas l’espace du premier étage.

On accède à l’extension grâce à un escalier latéral qui n’encombre pas l’espace du premier étage.
©Svend Andersen




Le choix du bois



Outre pour des raisons de poids, la mise en œuvre d’une structure bois pour l’étage surélevé est aussi privilégiée pour son caractère environnemental. Un chantier propre est aussi très adapté au contexte dense, où l’espace de mise en œuvre est réduit. Et la rapidité de montage a permis aux occupants de vivre au rez-de-chaussée pendant toute la durée du chantier. Le bardage bois est composé de deux essences ; peuplier et pin, qui soulignent le jeu volumétrique. Tandis que les deux hauteurs de toits expriment un rythme qui fait écho aux habitations voisines. Et tous les procédés mis en œuvre déclinent de façon multiple les arrivées de lumières et les typologies d’ouvertures et de vue.



Ainsi, le projet de la nouvelle maison surélevée s’intègre naturellement dans le paysage de la rue.



Dans la maison, la variation des hauteurs de toit génère un interstice permettant une entrée de lumière naturelle au niveau du plafond des chambres.

Dans la maison, la variation des hauteurs de toit génère un interstice permettant une entrée de lumière naturelle au niveau du plafond des chambres.
©Svend Andersen




Réalisation :

WY-TO architects

40-42, rue de la Réunion

75020 Paris

Tél. : 06 29 34 35 44

Mail : architects@wy-to.com

www.wy-to.com



La hauteur maximale de la maison était limitée à 9 mètres maximum, soit égale à la distance entre les deux façades des maisons se faisant face de part et d'autre de la rue.

La hauteur maximale de la maison était limitée à 9 mètres maximum, soit égale à la distance entre les deux façades des maisons se faisant face de part et d'autre de la rue.
©WY-TO architects




Le toit a été rehaussé de 3 mètres par rapport à l’égout du toit existant.

Le toit a été rehaussé de 3 mètres par rapport à l’égout du toit existant.
©WY-TO architects




L’extension a permis de créer deux chambres supplémentaires avec une petite salle de bains. La bibliothèque liée à l’escalier crée un lien entre les deux niveaux d’habitation. La maison totalise désormais 120 m² sur trois niveaux.

L’extension a permis de créer deux chambres supplémentaires avec une petite salle de bains. La bibliothèque liée à l’escalier crée un lien entre les deux niveaux d’habitation. La maison totalise désormais 120 m² sur trois niveaux.
©WY-TO architects




La généreuse trémie d’escalier possède une grande ouverture qui éclaire le cœur de la maison.

La généreuse trémie d’escalier possède une grande ouverture qui éclaire le cœur de la maison.
©Svend Andersen