Isabelle de Borchgrave, une coloriste inspirée

Christian de Rivière
Artiste éclectique, Isabelle de Borchgrave est à la fois peintre, dessinatrice, styliste et metteur en scène. Inspirée notamment par Mariano Fortuny, elle se plait à transformer un simple rouleau de papier blanc en somptueuses robes aux effets soyeux ou damassés, avec parfois des effets de dentelle et de plissé, dans d’innombrables tonalités de couleurs et motifs subtils.
La similitude de leurs parcours prend forme dans cette exposition onirique et colorée qui a « Fortuny par Isabelle de Borchgrave : Un monde de papier ».

La similitude de leurs parcours prend forme dans cette exposition onirique et colorée qui a « Fortuny par Isabelle de Borchgrave : Un monde de papier ».
©Aurelie Choiral

Dans son nouveau lieu de vie, un ancien garage intégralement transformé par les célèbres architectes belges Claire Bataille et Paul Ibens, Isabelle de Borchgrave organise un nouvel opus de ses fameuses expositions à thème autour du papier : un hommage à Fortuny. Les 1500 m² font office de cinq fonctions : atelier, espace d’exposition, boutique éphémère, bibliothèque et lieu de vie. Isabelle avoue avoir été très marquée par une rencontre avec Andy Warhol dans les années 1970 et sa fameuse « Factory », ruche créative. Dans cette nouvelle maison, l’effervescence créative se ressent dès le porche d’entrée.


Selon Isabelle, « Il faut beaucoup observer pour pouvoir réinventer, dessiner pour maîtriser le trait et lorsque la technique devient innée, elle laisse la place au geste libre, à la création pure ».

Selon Isabelle, « Il faut beaucoup observer pour pouvoir réinventer, dessiner pour maîtriser le trait et lorsque la technique devient innée, elle laisse la place au geste libre, à la création pure ».
©Jean-Pierre Gabriel


Isabelle de Borchgrave reproduit en papier une fantastique rétrospective des robes imaginées par Mariano Fortuny, y compris les tentures et rideaux aux motifs d’or et d’argent pour les mettre en scène. Kimonos, saris, robes de tragédiennes, burnous…toutes les tenues sont installées dans un magnifique parcours sur des mannequins de grillage pour donner volume et légèreté aux robes. « J’aime le papier, car c’est un matériau pauvre qui livre ses subtilités dès qu’on le travaille » affirme Isabelle de Borchgrave avec un enthousiasme communicatif.


Reconstitution 100% papier de l'atelier vénitien de Mariano Fortuny.

Reconstitution 100% papier de l'atelier vénitien de Mariano Fortuny.
©DR


Né en 1871 en Espagne, puis vénitien d’adoption, Mariano Fortuny avait retrouvé la technique du plissé mise au point par les grecs anciens. Sa robe fétiche : Delfos, robe plissée à la grecque, silhouette à taille haute reprise par les femmes sous le Directoire. Fortuny racontait une histoire dans l’espace pictural de la robe, qui était ornée et lestée de perles de Murano.  A l’origine, les étoffes étaient grège et teintes sur place dans son atelier de Venise. Puis il se fournit de somptueuses soies d’Orient : velours, voile ou encore satin de soie…pour concevoir ses tissus comme des peintures. Il s’amuse à les teindre par couches successives à la manière des glacis, pour laisser jouer la lumière et les transparences. Une fois teints, il les imprime au pochoir pour inventer sans cesse de nouveaux motifs.


Dans son atelier, Isabelle mêle les techniques, en superposant la gouache, le fusain, la craie, le pastel, l’huile, ou encore l’aquarelle.

Dans son atelier, Isabelle mêle les techniques, en superposant la gouache, le fusain, la craie, le pastel, l’huile, ou encore l’aquarelle.
©Jean-Pierre Gabriel


Elégante, cosmopolite et baignée par l’Orient, Venise inspira profondément Mariano Fortuny dans cette première moitié du XX° siècle. Proust, comme tant d’autres, venait souvent rendre visite à Fortuny dans son palais vénitien.


Décoratrice et scénographe, Isabelle de Borchgrave réalise de nombreux chantiers privés et commerciaux dans le monde entier. Décorations pour des hôtels, comme l’hôtel Cipriani à Venise et l’Hôtel Sheraton à Bruxelles, pour des maisons privées, des vitrines de magasins (Hermès Hong Kong, 2006), des fêtes en tout genre, des décors de défilés (notamment pour Dior en 2007). Egalement à son actif de belles collaborations avec les grands noms des licences internationales : la faïencerie de Gien, l’éditeur de papeterie de luxe Caspari, services d’assiettes pour Villeroy et Bosch, papiers peints pour Arte, collections de tissus pour Designer’s Guild...


 


Classeurs dessinés par Isabelle de Borchgrave pour l'éditeur de papeterie de luxe Caspari.

Classeurs dessinés par Isabelle de Borchgrave pour l'éditeur de papeterie de luxe Caspari.
©Aurelie Choiral


Isabelle de Borchgrave a quatre collections de costumes en papier : « Papiers à la Mode », « Mariano Fortuny » (exposée pour la première fois en 2008 au Palazzo Marino Fortuny à Venise, Italie), « I Medici » (2009, Palazzo Medici Riccardi, Florence, Italie) et « Les Ballets Russes » (collection dévoilée pour la première fois au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 10 octobre 2010).


Une belle exposition pour rentrer dans les beaux papiers d’Isabelle.


Déjà plus de 300 000 visiteurs ont pu visiter l’exposition à Venise, puis Lyon et San Francisco dans un univers historique, imaginaire et décalé.

Déjà plus de 300 000 visiteurs ont pu visiter l’exposition à Venise, puis Lyon et San Francisco dans un univers historique, imaginaire et décalé.
©DR


Infos pratiques :

Exposition du 8 novembre 2012 au 15 mars 2013

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

73 A, chaussée de Vleurgat

1050 Bruxelles

Belgique

Réservation souhaitée : fortuny@isabelledeborchgrave.com

www.isabelledeborchgrave.com


Livre catalogue publié chez Skira


Accès le plus simple : en Thalys à partir de la gare du Nord. 1h20 seulement entre Paris et Bruxelles, confortablement assis dans un profond fauteuil de velours cramoisi.

www.thalys.com


Pour rendre au mieux l’opacité, la brillance ou encore la transparence des étoffes, Isabelle de Borchgrave mêle toutes les techniques picturales.

Pour rendre au mieux l’opacité, la brillance ou encore la transparence des étoffes, Isabelle de Borchgrave mêle toutes les techniques picturales.
©Aurelie Choiral