Les pieuvres et les méduses s’exposent dans la décoration

Clément Martin
Auréolées du mystère des fonds marins, les pieuvres et les méduses ne se contentent plus des eaux froides océaniques, en investissant de leurs membranes tentaculaires longilignes l’univers de la décoration de la maison.
Les tentacules de la pieuvre se déploient pour servir de piètement stylisé avec le designer Jesse Shaw. La table « Octopus » permet de mettre en valeur l’agilité du mouvement dans une structure en bois, soutenant une plaque de verre.

Les tentacules de la pieuvre se déploient pour servir de piètement stylisé avec le designer Jesse Shaw. La table « Octopus » permet de mettre en valeur l’agilité du mouvement dans une structure en bois, soutenant une plaque de verre.
©DR

Depuis toujours, l’espèce animale a inspiré les hommes dans leur créativité, qu’ils soient animaux de la terre, de l’air ou de la mer. Cependant, l’univers de la maison connaît une nouvelle influence somme toute assez étrange et provenant des fonds marins. Si les pieuvres et les méduses ont toujours fasciné, elles furent longtemps considérées comme des monstres, nourrissant le bestiaire fantastique de la mythologie à l’image du kraken. Aujourd’hui, ces animaux conservent une certaine part de mystère, où ils incarnent l’étrangeté qui règne dans les abysses aquatiques. Il faut avouer qu’elles n’hésitent pas à entrer avec aplomb dans la décoration, comme inspiration de meubles et objets, malgré un physique peu à leur avantage.


Réalisé par Adam Wallacavage, le lustre prend les formes d’une pieuvre inspirée par l’œuvre de Jules Vernes, dont les tentacules se déploient pour laisser surgir les bougies-ampoules dans une belle floraison.

Réalisé par Adam Wallacavage, le lustre prend les formes d’une pieuvre inspirée par l’œuvre de Jules Vernes, dont les tentacules se déploient pour laisser surgir les bougies-ampoules dans une belle floraison.
©DR


De prime abord, l’esthétique de l’animal marin ne saute pas aux yeux. La méduse est constituée d’une calotte appelée ombrelle, sur les bords de laquelle sont attachés des filaments, alors qu’un axe vertical est fixé sur son abdomen. La pieuvre n’est pas plus élégante, sa tête se prolongeant en huit tentacules munies de ventouses. En d’autres termes, elles sont loin de pouvoir prétendre à une première place dans l’élection de beauté du monde animal. Pourtant, elles sont devenues une source d’inspiration majeure, comme motif décoratif à part entière, en ornant tous les types de textile de la maison, jusqu’au doudou des enfants. A elles seules, elles sont la preuve que le physique ne fait pas tout, car leurs formes se prêtent, qui plus est, à une série de déclinaison autour du mobilier.


Sculpture en bronze de Isaac Krauss surmonté d’un plateau en verre, la table « Octopus » représente une pieuvre dans un souci de détails presque naturaliste, qui donne l’impression de sous trouver Vingt Mille Lieux sous la Mer.

Sculpture en bronze de Isaac Krauss surmonté d’un plateau en verre, la table « Octopus » représente une pieuvre dans un souci de détails presque naturaliste, qui donne l’impression de sous trouver Vingt Mille Lieux sous la Mer.
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Mais la fascination procurée par les pieuvres et les méduses n’est pas uniquement le fait de leurs particularités anatomiques. Elles présentent un jeu de couleurs intenses, en contraste saisissant avec l’obscurité de leur monde. Leur représentation tend à se parer de nuances variées, quitte à jouer sur le bigarré, en utilisant des motifs différents pour chacune des tentacules. En outre, les méduses prennent l’apparence de sources rayonnantes dans les fonds marins, ce qui explique leur succès dans la conception de luminaires. La forme de l’ombrelle se prête à recevoir une ampoule, alors que les filaments apportent du mouvement à la composition. Lorsque la lumière est allumée, le corps reflète la même image qu’une méduse abyssale, ce qui confère une part d’étrangeté à la pièce. 


Fabriqué en papier mâché, la lampe « La Méduse Nébuleuse » d’Elise Valdorcia joue à fond la carte du mystère, où l’animal s’illumine dans une tentative pour repousser les ténèbres des fonds marins.

Fabriqué en papier mâché, la lampe « La Méduse Nébuleuse » d’Elise Valdorcia joue à fond la carte du mystère, où l’animal s’illumine dans une tentative pour repousser les ténèbres des fonds marins.
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Stylisées de manière naturaliste ou épurée, ces animaux peuvent s’intégrer à différents styles d’intérieurs, du plus traditionnel au plus moderne. De ce fait, leurs membres inférieurs multiples donnent à repenser les piétements traditionnels des tables, chaises ou tabourets. Les tentacules se contorsionnent dans des mouvements tortueux, afin de donner du rythme à l’ensemble. La réaction qu’une pieuvre ou une méduse provoque à la vue permet d’accrocher l’œil, en le captivant dans une sorte d’effroi relatif. Elles marquent une rupture avec la recherche continuelle d’une beauté pure, presque froide, en apportant un souffle dans le contraste. Réputées pour leur mode de locomotion assez lent, les pieuvres et méduses jouent sur le registre de l’esprit zen. Semblant se mouvoir aux grés des eaux, elles évoquent un repos tranquille, qui tend à créer une atmosphère de détente et de relaxation.


 


Sur un joli fond chocolat, les méduses prennent le rôle de motif décoratif, pour parer le canapé ou le lit avec la collection de coussins « Jellyfish » de Vanessa Mitrani, dans une composition de broderies entrelacées de fils et de perles.

Sur un joli fond chocolat, les méduses prennent le rôle de motif décoratif, pour parer le canapé ou le lit avec la collection de coussins « Jellyfish » de Vanessa Mitrani, dans une composition de broderies entrelacées de fils et de perles.
©DR


Avec une certaine audace, les pieuvres et méduses se métamorphosent en éléments décoratifs, où l’étrangeté de leurs formes inspire les lignes d’un nouveau mobilier.


www.adamwallacavage.com

www.kirkmcguire.com


www.maximoriera.com

www.jesseshawfurniture.com

www.madeindesign.com

www.fairsens.com

www.goodobject.me

www.octopustable.com

www.ikea.com

www.sllov.com

www.anne-pierremalval.com

www.elisevaldorcia.com

www.vanessamitrani.com


Série limitée de Kirk McGuire, la sculpture en bronze « Cephalopod » se voit dotée d’une plaque en verre, afin de devenir une table basse. Le tour de force de la réalisation tient au piétement, où l’équilibre se joue sur trois points de contact seulement.

Série limitée de Kirk McGuire, la sculpture en bronze « Cephalopod » se voit dotée d’une plaque en verre, afin de devenir une table basse. Le tour de force de la réalisation tient au piétement, où l’équilibre se joue sur trois points de contact seulement.
©DR