Bienvenue à l’hôtel de Joséphine

Agnès Zamboni
A Paris, l’hôtel de JoBo, revisite les codes de la fin du XVIIIème et du début du XIXème siècle. Dans ce refuge intimiste et feutré, la décoratrice Bambi Sloan a imaginé un style Directoire version Rock.
Le salon bar est doté de banquettes en velours uni qui contrastent avec des fauteuils recouvert de deux tissus différents : effet peau de bête et décor fleuris dans un camaïeu de jaune doré.

Le salon bar est doté de banquettes en velours uni qui contrastent avec des fauteuils recouvert de deux tissus différents : effet peau de bête et décor fleuris dans un camaïeu de jaune doré.
©David Grimbert


La déco signée Bambi Sloan



JoBo pour les intimes, il faut traduire Joséphine Bonaparte comme son pseudonyme sur Instagram, ou le surnom que lui donnerait aujourd’hui la presse People. Derrière sa flamboyante porte cochère qui dévoile un patio protégé des regards, cet hôtel se présente comme une charmante demeure de 24 chambres et ses salons. Situé dans le quartier historique, à la fois aristocratique et populaire, du Marais, cet établissement 4 étoiles, a été construit sur les vestiges d’un ancien couvent du XVIIème siècle et, ironie du sort, en face de l’Hôtel de Chavigny transformé en caserne de pompiers par Napoléon. C’est Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie, prénommée Rose par ses parents, surnommée Joséphine par Bonaparte... qui est l’égérie et le fil conducteur de la décoration, revue et bouleversée avec une pointe de malice par la décoratrice Bambi Sloan à qui rien ne fait peur, qui aime mélanger, accumuler et superposer les genres.



Avec son complice Alexandre Poulaillon, Bambi Sloan a fait décorer toutes les poutres apparentes des chambres. Au sol, un parquet marqueterie en trompe l’œil. Tissu La Cocarde, réédité par Le Manach et adapté en papier-peint par Alexandre Poulaillon.

Avec son complice Alexandre Poulaillon, Bambi Sloan a fait décorer toutes les poutres apparentes des chambres. Au sol, un parquet marqueterie en trompe l’œil. Tissu La Cocarde, réédité par Le Manach et adapté en papier-peint par Alexandre Poulaillon.
©David Grimbert




Une joyeuse excentricité



Joséphine Bonaparte a été une grande inspiration pour les décorateurs, comme Madeleine Castaing qui raffolait du style Directoire. Le saviez-vous ? Le premier tapis panthère, c’est à Joséphine qu’on le doit.
Bambi Sloan s’est amusée en brouillant les pistes sous une déferlante de roses, toutes les nuances de leurs couleurs, les décors en losanges, les flèches et la marqueterie de cette période. A l’entrée, la tente d’inspiration Napoléonienne évoque Joséphine l’amoureuse, et non les champs de bataille de son époux. Elle accueille le visiteur sous une pluie des roses peintes à l’aquarelle par Redouté dans la roseraie de la Malmaison.
Sans jamais tomber dans le pastiche historique ou le passéisme, Bambi Sloan a ainsi réinterprété le style Directoire avec humour et la touche Rock qui la caractérise.



Bleu canard, dorures, effet peau de bête de la toile panthère de Somalie (Pierre Frey) et bouquets de roses sur fond noir pour cette chambre au décor audacieux.

Bleu canard, dorures, effet peau de bête de la toile panthère de Somalie (Pierre Frey) et bouquets de roses sur fond noir pour cette chambre au décor audacieux.
©David Grimbert




Des tissus historiques réédités



Pour la tenture murale des chambres, véritables petits écrins précieux, Bambi a écumé les archives des collections de Georges Le Manach, une manufacture de Tours fondée en 1829, et a déniché des trésors aux jolis noms évocateurs : Cocarde, Roses et Dentelles, la Folie Monceau... et elle a aussi travaillé avec la maison parisienne Pierre Frey. Toutes les moquettes ont été créées par Bambi Sloan spécialement pour l’Hôtel de JoBo : moquette panthère parsemée de roses pour le bar, les salons et la réception. Un lit de roses pour les couloirs. Des roses, bien sûr et partout, pour rendre hommage à Joséphine, grande amoureuse, qui possédera aussi un vrai jardin : elle a fait planter à la Malmaison 250 rosiers venus du monde entier...Mais aussi des roses pour Rose, pour la petite fille qu’elle était, qui courait pieds nus aux Trois-Îlets, à la Martinique, où elle a passé son enfance. Et Alexandre Poulaillon, peintre décorateur et dominotier (ancêtre du lé de papier-peint et composé de petits formats juxtaposés) qui réédite des papiers-peints selon la technique ancienne de la planche hérité du XVIIIème a créé des merveilles pour tapisser les murs des couloirs menant aux chambres.  



La mosaïque et les jeux de géométriques en marbre noir de Marquina et blanc de Carrare des salles de bains rappellent ceux de la Grèce antique, en vogue au XVIIIème. Ce décor fait écho aux couleurs du papier-peint aux scènes monochromes façon toile de Jouy des murs de la chambre attenante.

La mosaïque et les jeux de géométriques en marbre noir de Marquina et blanc de Carrare des salles de bains rappellent ceux de la Grèce antique, en vogue au XVIIIème. Ce décor fait écho aux couleurs du papier-peint aux scènes monochromes façon toile de Jouy des murs de la chambre attenante.
©David Grimbert




Contact :

Hôtel JOBO

10, rue d’Ormesson

75004 Paris

Tél. : 01 48  04 70 48

www.hoteldejobo.paris/fr/



Atelier Poulaillon

www.atelier-poulaillon.com



Bambi Sloan a insufflé le style Directoire Rock jusqu’aux détails des placards incrustés de miroirs en losange qui reflètent le décor et la lumière.

Bambi Sloan a insufflé le style Directoire Rock jusqu’aux détails des placards incrustés de miroirs en losange qui reflètent le décor et la lumière.
©David Grimbert




Les chambres évoquent symboliquement le désir de croquer la vie à pleines dents après La Révolution et La Terreur, et oublier les années noires dans un tourbillon de frivolité, dans l’esprit des Incroyables et des Merveilleuses.

Les chambres évoquent symboliquement le désir de croquer la vie à pleines dents après La Révolution et La Terreur, et oublier les années noires dans un tourbillon de frivolité, dans l’esprit des Incroyables et des Merveilleuses.
©David Grimbert




Réédition spéciale pour l’Hôtel JoBo de la toile panthère de Somalie, un grand classique de la Maison Frey.

Réédition spéciale pour l’Hôtel JoBo de la toile panthère de Somalie, un grand classique de la Maison Frey.
©David Grimbert




Duo d’imprimés avec un décor de Toile de Jouy s’inspirant des monuments d’Egypte sur le mur et des bouquets de roses sensuelles recouvrant un fauteuil.

Duo d’imprimés avec un décor de Toile de Jouy s’inspirant des monuments d’Egypte sur le mur et des bouquets de roses sensuelles recouvrant un fauteuil.
©David Grimbert




Les roses peintes de la poutraison font écho au motif du papier-peint.

Les roses peintes de la poutraison font écho au motif du papier-peint.
©David Grimbert




Gros plan sur la toile panthère de Somalie, rééditée par Pierre Frey.

Gros plan sur la toile panthère de Somalie, rééditée par Pierre Frey.
©David Grimbert




Gros plan sur la toile panthère de Somalie, rééditée par Pierre Frey.

Gros plan sur la toile panthère de Somalie, rééditée par Pierre Frey.
©David Grimbert




Les chambres sont composées comme « des nids d’Amour » avec un mixage audacieux de tissus et de papiers-peints de style Directoire.

Les chambres sont composées comme « des nids d’Amour » avec un mixage audacieux de tissus et de papiers-peints de style Directoire.
©David Grimbert




Dans le salon bar, un tableau de la muse et inspiratrice Joséphine, déshabillée à la mode grecque antique. A son époque, sa garde-robe et sa décoration intérieure ont fait l’admiration de tous.

Dans le salon bar, un tableau de la muse et inspiratrice Joséphine, déshabillée à la mode grecque antique. A son époque, sa garde-robe et sa décoration intérieure ont fait l’admiration de tous.
©David Grimbert