Ligne Roset révèle le talent de Marie Dessuant

Clément Martin
Première femme à recevoir le prix Cinna en 2010, la designer française Marie Dessuant collabore avec Ligne Roset, en présentant l’« étagère en coin » et le « vide-poche », comme une nouvelle manière d’aborder le mobilier.
Dans une réflexion sur les vides et les pleins, Marie Dessuant réalise l’ « étagère en coin », qui permet d’entreposer livres et objets, dans un savant mélange de casiers. Une composition variée qui permet de créer un rythme dynamique.

Dans une réflexion sur les vides et les pleins, Marie Dessuant réalise l’ « étagère en coin », qui permet d’entreposer livres et objets, dans un savant mélange de casiers. Une composition variée qui permet de créer un rythme dynamique.
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Née en 1984, dans le 20ème arrondissement de Paris, Marie Dessuant est une jeune designer, qui ne cesse de monter les échelons du succès, pour atteindre le palier de la consécration. Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2008, elle obtient les félicitations du jury, avec un mémoire concernant la divagation dans le quotidien. Un thème qui est une empreinte récurrente dans ses créations. Après une collaboration avec les agences Naço et EXH, elle concourt au prix Cinna, lancé par Ligne Roset « révélateur de talents », en 2010. De ce fait, Marie Dessuant devient la première lauréate féminine, avec pour proposition l’« étagère en coin », issue de sa collection « Objet Vague ».


Meuble hybride qui crée un plein pour remplir un vide, l’étagère de Marie Dessuant s’installer dans l’angle d’une pièce. Comme une obsession, les lieux intermédiaires, qui marquent une frontière, enrichissent la créativité de la designer.

Meuble hybride qui crée un plein pour remplir un vide, l’étagère de Marie Dessuant s’installer dans l’angle d’une pièce. Comme une obsession, les lieux intermédiaires, qui marquent une frontière, enrichissent la créativité de la designer.
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Un choix qui n’est pas issu du hasard, puisque cette œuvre pourrait constituer un manifeste du travail de Marie Dessuant. Le fil conducteur de sa créativité réside dans les notions de vide et de plein qui, par un jeu de contrastes, viennent rythmer les lignes et les volumes. En effet, cette étagère se place dans un vide, qui se matérialise dans l’angle d’une pièce. Espace significatif, l’angle est une obsession de la designer, comme tous les lieux qui marquent une frontière, un intermédiaire. Mais elle donne également à voir du vide, à travers l’échelle à un unique barreau, qui marque un souffle dans la réalisation. Un instant d’arrêt qui exprime la fonctionnalité du barreau, comme une aide pour attraper les objets, mais aussi une assise pour parcourir un livre. En outre, le savant mélange de casiers, où s’entreposent livres et objets, est rythmé par une composition de vides et de pleins.


Dessin qui témoigne des recherches de Marie Dessuant, l’ « étagère en coin » est une fusion entre un meuble de rangement et une échelle. Son unique barreau est une aide ou une invitation à la méditation, selon les envies.

Dessin qui témoigne des recherches de Marie Dessuant, l’ « étagère en coin » est une fusion entre un meuble de rangement et une échelle. Son unique barreau est une aide ou une invitation à la méditation, selon les envies.
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Lieu de divagation, propice à la rêverie, Marie Dessuant réussit à créer un meuble, qui se suffit à lui-même, pour créer une atmosphère. L’exploitation du vide forme un temps de pause, qui permet au corps et à l’esprit de vagabonder, alors qu’au dehors, l’agitation urbaine est en effervescence. Le jeu des rangements incarne cette espace, qui dissimule ou montre selon la place des objets, prenant corps dans une réflexion entre l’intime et le public. Tel un cabinet de curiosité, le meuble ne cherche pas à répondre, mais à questionner, afin de laisser libre court à l’interprétation de chacun. Comme une bulle, l’espace devient un véritable lieu de liberté, qui laisse le choix à l’individu d’évoluer comme il l’entend.


Avec la collection Swing-Swung-Swung, Marie Dessuant continue sa collaboration avec Ligne Roset, en proposant une étagère « vide-poche ». Une incarnation de la réunion entre un meuble d’entrée et le contenant sur son dessus.

Avec la collection Swing-Swung-Swung, Marie Dessuant continue sa collaboration avec Ligne Roset, en proposant une étagère « vide-poche ». Une incarnation de la réunion entre un meuble d’entrée et le contenant sur son dessus.
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Depuis toujours Ligne Roset tente d’encourager les nouveaux talents, en poursuivant notamment sa collaboration avec Marie Dessuant. Ainsi, la maison d’édition propose la collection Swing-Swung-Swung, une image de son voyage à Shanghai. En effet, le quotidien n’est pas la seule source d’inspiration de la designer, qui se nourrit également de son expérience. L’étagère « vide-poche » s’incarne comme la fusion entre un meuble d’entrée et un contenant posé le plus souvent sur le dessus. De ce fait, elle présente deux tablettes inférieures, pour un rangement en position verticale ou d’objets volumineux, et un contenant souple, pour recueillir le fouillis des poches. Fabriqué en frêne et en tissu, ce meuble naît de sa rencontre avec le tailleur Hu Shifu, qui l’amène à réfléchir sur les qualités du textile. Marie Dessuant cherche à méditer sur cette matière souple, dont la fluidité est source de déformations imprévues, permettant d’inscrire le « vide-poche » dans un effet de mouvement.


En frêne, les tablettes inférieures permettent le rangement d’objets volumineux, alors que le contenant en tissu reçoit le fouillis des poches. La souplesse de la matière permet de mettre en avant les qualités du textile, dans une recherche de mouvement.

En frêne, les tablettes inférieures permettent le rangement d’objets volumineux, alors que le contenant en tissu reçoit le fouillis des poches. La souplesse de la matière permet de mettre en avant les qualités du textile, dans une recherche de mouvement.
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L’œuvre de Marie Dessuant ne se limite pas à une recherche sur les lignes et les volumes du mobilier. L’idée est de pouvoir créer un espace de réflexion, en exploitant les lieux intermédiaires entre le vide et le plein. Sa griffe se présente sous la forme de nouvelles typologies, apposées sur le mobilier sous forme de détails, pour ne pas gommer son usage traditionnel. Le travail de la designer n’est pas d’apporter des réponses à un questionnement sur notre manière de voir le quotidien, il s’inscrit comme une proposition. De ce fait, Marie Dessuant invite à renouveler son expérience devant meubles et objets, sans s’imposer, dans un esprit de totale liberté. 


www.mariedessuant.com

www.ligneroset.fr


Dessin préparatoire de Marie Dessuant, l’étagère « vide-poche » exploite le vide d’une entrée, comme une nouvelle manière d’aborder le mobilier. Un questionnement qui n’impose pas de réponses, pour garder une part de liberté.

Dessin préparatoire de Marie Dessuant, l’étagère « vide-poche » exploite le vide d’une entrée, comme une nouvelle manière d’aborder le mobilier. Un questionnement qui n’impose pas de réponses, pour garder une part de liberté.
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