Visite de jardins secrets en Périgord

Agnès Zamboni
Blotti au cœur des collines du Périgord, ce joyau végétal n’est pas l’œuvre d’un architecte–paysagiste célèbre, mais le fruit de la réflexion d’un couple amoureux de la nature. Eyrignac, à découvrir ou à redécouvrir d’urgence
Le dessin du jardin est axé sur la porte principale  et la fenêtre du hall du premier étage. Quatre grands ifs taillés en plateaux rythment la base du jardin à la Française, reprenant les distances entre les fenêtres sur la façade.

Le dessin du jardin est axé sur la porte principale et la fenêtre du hall du premier étage. Quatre grands ifs taillés en plateaux rythment la base du jardin à la Française, reprenant les distances entre les fenêtres sur la façade.
©Olivier Anger

A La Française, oui mais…


Ce n’est pas une expression convenue de l’art topiaire. Même si l’allée des charmes offre une image forte, ici, on sent la fantaisie, la décontraction, l’amateurisme, mais dans le bon sens du terme. La vie, quoi !  Le manoir d’Eyrignac appartient à la famille Sermadiras, depuis 22 générations. Elle y habite depuis 500 ans. Ses jardins ont été aménagés à La Française  au XVIIème siècle, puis transformés avec un style à L’Anglaise au XIXème. Et c’est le père de l’actuel propriétaire qui a imaginé les premières lignes et perspectives de sa forme actuelle, avec la liberté propre à un autodidacte en la matière. Patrick Sermadiras, le fils, et son épouse Capucine ont apporté ensuite, à ce jardin, un supplément d’âme, en le peaufinant au fil du temps. 


Le verger est composé de trois rangées de pommiers à la cime taillée en boule. La base est habillée de santolines, pour des raisons esthétiques et pratiques, car elles protègent les arbres de la tondeuse. Et toutes les allées sont en pelouse.

Le verger est composé de trois rangées de pommiers à la cime taillée en boule. La base est habillée de santolines, pour des raisons esthétiques et pratiques, car elles protègent les arbres de la tondeuse. Et toutes les allées sont en pelouse.
©Eric Sander


Rustique et élégant


Dans son écrin boisé qui sied à la région, le jardin offre une dizaine d’essences simples comme le buis, le charme, l’if, le cyprès de Provence, les pommiers…avec une harmonie de subtils dégradés de verts, en toutes saisons. Et cette année, à l’occasion du 400ème anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, Patrick Sermadiras, maître des lieux, a créé deux nouveaux espaces : Le Jardin des Sources et les Prés Fleuris, qui revisitent le style du Maître. De parti-pris très contemporain, avec ses axes et ses perspectives, ce premier espace permet de révéler la beauté des paysages alentours. Comme un espace de transition, il relie l’esprit structuré des Jardins à La Française et la poésie naturelle des lieux. Dans le même esprit, Le Jardin Fleuriste et le Jardin Potager, autres nouveautés de l’année, s’ouvrent sur la nature environnante. Œuvres de Capucine Sermadiras, comme un panier de légumes et un bouquet de fleurs, ces deux jardins symbolisent la touche féminine. Eyrignac, c’est en tout, 7 jardins et 7 sources, un chiffre porte-bonheur…


Le Jardin Fleuriste a des accents champêtres. Peuplé de collection de dahlias et zinnias, il est enchanteur en toutes saisons.

Le Jardin Fleuriste a des accents champêtres. Peuplé de collection de dahlias et zinnias, il est enchanteur en toutes saisons.
©DR


Des projets, encore et toujours


Un jardin, en constante évolution, n’est jamais vraiment terminé…Lors d’une récente intervention, le paysagiste Pierre Nessmann, sans toucher aux éléments fondamentaux, est parvenu à intégrer d’autres éléments de liaison en faisant appel au bon sens paysan : haies utiles aux oiseaux, bocages, écrans de noisetiers et de noyers, prairies à faucher 2 fois par an…des recettes anciennes, qui offriront leur plénitude dans 2 ou 3 ans. Une bonne raison d’y retourner chaque année et même plusieurs fois par an ? C’est ouvert toute l’année…


Les spirales de buis, taillées deux fois à trois fois l’an, dessinent des broderies. La base de ces haies est légèrement plus large que le sommet, pour qu’elles puissent rester denses jusqu’au sol.

Les spirales de buis, taillées deux fois à trois fois l’an, dessinent des broderies. La base de ces haies est légèrement plus large que le sommet, pour qu’elles puissent rester denses jusqu’au sol.
©Eric Sander


Renseignements :

Le 1er et 2 juin, pour fêter l’année Le Nôtre, 400ème anniversaire de sa naissance en 1613, visite en avant-première des Jardins des Sources.


Les Jardins du Manoir d’Eyrignac

24590 Salignac

Tél. : 05 53 28 99 71 et 06 09 46 77 33

www.eyrignac.com

E-mail : contact@eyrignac.com


Créée en 1996, l’allée des charmes dessine une artère de 100 mètres. Véritable colonne vertébrale du jardin, elle le traverse, d’est en ouest, selon une ligne parallèle au manoir. 20 paires de charme sont enroulées autour d’un cylindre d’if.

Créée en 1996, l’allée des charmes dessine une artère de 100 mètres. Véritable colonne vertébrale du jardin, elle le traverse, d’est en ouest, selon une ligne parallèle au manoir. 20 paires de charme sont enroulées autour d’un cylindre d’if.
©Eric Sander