Tourisme industriel à la Manufacture Bohin

Laurence Wichegrod
La Manufacture Bohin, dernier fabricant français d’épingles et d’aiguilles ouvre ses portes à travers une visite passionnante allant de la découverte de ses machines d’époque dans les ateliers à un surprenant parcours muséographique retraçant les différents métiers de l’aiguille, couture, patchwork, broderie mais aussi reliure, voilerie et taxidermie.
Fabrication des aiguilles à tête de verre de Murano.

Fabrication des aiguilles à tête de verre de Murano.
©DR

C’est à quelques kilomètres de l’Aigle dans le village miniature de Saint Sulpice sur Risle que se tient la Manufacture Bohin, un bâtiment industriel de 2 étages aux fenêtres cerclées de briques devant lequel coule la rivière Risle. Après un sérieux déclin de l’entreprise, son directeur Didier Vrac la rachète et c’est grâce à son dynamisme et sa stratégie qu'elle reprend vie. Un reportage diffusé dans un journal télévisé, voilà douze ans, fit découvrir du jour au lendemain ce patrimoine aux Français. les demandes de visite affluent et l'ouverture au public (limitée à 2.000 personnes par an) s'impose vite, l'idée d'un musée fait son chemin pour accueillir un public de plus en plus nombreux, attirant tout à la fois les amateurs de mémoire industrielle et les passionnés de travaux d’aiguilles.


Processus de fabrication étapes 1, 2 et 3.

Processus de fabrication étapes 1, 2 et 3.
©Laurence Wichegrod


« Je veux montrer comment on fabrique un objet qui paraît anodin, mais qui est dans la subtilité, car il doit ni se tordre ni se casser » commente Didier Vrac, la visite commence donc par une série de panneaux décrivant les 27 étapes de fabrication d’une aiguille suivi d’un parcours pédagogique très clair à travers les ateliers, les machines d’époque tournant devant nous sous la vigilance et le doigté des salariés de la maison.


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Chaque étape de fabrication est spectaculaire, décrite précisément sur un lutrin devant les machines, l’empointage, l'estampage, l'ébavurage, sciurage, vannage, le tallage qui trie les aiguilles de différentes longueurs où l’aperissage qui trouve leur centre de gravité. Des machines anciennes et rutilantes, les gestes précis des employés comme après le vannage où les aiguilles tombent en désordre dans un bac que Victor range par un mouvement particulier et des secousses rapides dans les rainures du plateau.


Dressage de coupe du tronçon.

Dressage de coupe du tronçon.
©Laurence Wichegrod


La mise en pochette clos le parcours de fabrication, la machine découpe le ruban, installe la cellophane, plie la pochette cartonnée et fabrique même son agrafe, la cadence étant de 900 pochettes/heure…


Des machines qui datent d'après-guerre.

Des machines qui datent d'après-guerre.
©Laurence Wichegrod


La machine la plus spectaculaire étant pour moi celle de la fabrication des épingles à boules utilisées dans la dentelle ou le patchwork, les têtes de couleur aidant à repérer les différents fils, réalisées à partir d’un bâton de verre de Murano que l’on voit entrer en fusion avant de devenir perle colorée. Pourquoi en verre ? outre le fait de pouvoir la porter à la bouche sans nocivité, elle permet de repasser l’ouvrage sans risque de voir fondre la matière. Un verre de qualité est donc indispensable dans leur fabrication sans quoi les têtes casseraient trop facilement.


La machine à taller, sert à trier les aiguilles selon leur longueur.

La machine à taller, sert à trier les aiguilles selon leur longueur.
©Laurence Wichegrod


Le passage nouvellement construit sous verrière relie les ateliers aux musée, des murs rouges sur lesquels s’affichent les Versets Moderniques de Benjamin Bohin, un des fascicules d’écrits rédigés à la suite de ses voyages autour du monde, comme le verset 897 La Pensée : « La pensée guide le travail.  Elle est de tout gouvernail », agréable couloir où la lecture de ces versets fait lien à l’ espace muséographique de 2000 m² crée par le muséographie de renom François Cofino.  


Verset 385 Le doigt.

Verset 385 Le doigt.
©Laurence Wichegrod


La Manufacture c’est aussi une boutique où pourrez acquérir les produits fabriqués dans l’usine mais également des articles de mercerie, un lieu d’exposition, patchworks et créations textiles et de formation. L’usine Bohin a ouvert ses portes à des Master classes Formation recherche patchwork organisées avec l’association France Patchwork.


Pochette d'aiguilles américaines exposée dans le musée.

Pochette d'aiguilles américaines exposée dans le musée.
©Laurence Wichegrod


La Manufacture Bohin ouvre ses portes au public jusqu’au au 26 octobre 2014 du mardi au dimanche de 10 h à 18 h,un conseil: préférez la visiter en semaine pour voir les machines fonctionner.




1, Le Bourg

61300 Saint Sulpice sur Risles 

Tél : 02 33 24 89 38


mail : contact@l@manufacturebohin.fr

www.lamanufacturebohin.fr

www.facebook.com/pages/La-Manufacture-Bohin/419987498137395?fref=ts

www.francepatchwork.com/