Le dernier restaurant italien de Thierry Costes et de Thierry Burlot

Marie-Laure de Vienne
Il est des lieux à Paris synonymes de branchitude : l’Appart, cantine lounge pendant environ 10 ans, qui a sévi ici, rue du Colisée, à 50 mètres à peine des Champs Elysées, des pubs et boîtes de nuit « in » en était. Le Caffè Burlot, qui a pris la succession de l’Appart,est en passe de devenir un de ces endroits « tendance » où il faut avoir été ou être. Composant le personnel, quelques superbes belles plantes bien chaloupées, comme cela est le plus souvent le cas dans les établissements des Costes ; parmi la clientèle, des cadres proches de la retraite offrant un repas (et plus si affinités) à une « relation pro » qui a l’âge de leur propre fille, des couples de jeunes loups et louves sortis tardivement de leur ordinateur et des salles de marchés, quelques étrangers aiguillés là par les concierges d’hôtels.
Ambiance turquoise avec des arrondis grillagés pour séparer les tables, raffinement à l’italienne.

Ambiance turquoise avec des arrondis grillagés pour séparer les tables, raffinement à l’italienne.
©DR

Ce lieu fraîchement ouvert et rénové a été créé par deux Thierry. De la famille des Costes, qui possède une vingtaine d’hôtels et restaurants stratégiques dans la capitale, Thierry Costes a fait beaucoup parler de lui lors de « sa » reprise de Thoumieux avec Jean-François Piège. Quant à Thierry Burlot, le chef en cuisine, on évoque souvent son nom car il a changé plusieurs fois d’établissements ces 10 dernières années (Emporio Armani Caffe, Le Quinze, Cristal Room, Zebra Square). Les deux Thierry se connaissent depuis un bon moment et ont créé ici un lieu un peu décalé à la décoration inédite : ambiance turquoise avec des arrondis grillagés pour séparer les tables, raffinement à l’italienne, mais une Italie industrielle et industrieuse, celle des années 60, qui laisse entr’apercevoir les conduites et gaines d’aération au plafond.


La carte s’ouvre sur les desserts !!! C’est la première fois que je vois cela, et on m’explique que ce concept a été dicté par la clientèle féminine gourmande de douceurs qui oriente son choix de plats et / ou entrées selon qu’elle va ou non prendre un dessert. Soit !


Comme la cuisine est italienne, une huile d’olive avec une focaccia maison remplace le pain beurre frais. Les deux sont très bons et sous entendent une suite intéressante. Et c’est là que cela se gâte, car selon les plats choisis à notre tablée de 4 personnes, il y a eu du « vraiment bon » et du « moyen quelconque ». Dommage, Burlot nous avait habitués à meilleur que çà !


En cuisine, Thierry Burlot, qui a officié ces 10 dernières années à l'Emporio Armani Caffe,au Quinze, Cristal Room, Zebra Square...

En cuisine, Thierry Burlot, qui a officié ces 10 dernières années à l'Emporio Armani Caffe,au Quinze, Cristal Room, Zebra Square...
©DR


Preuve en est la réussite de deux entrées, la petite pizza bien garnie de cèpes et rucola (15 €) et l’œuf bio à la truffe de Toscane (15 €) et la médiocrité du poulpe de roche au piment de Calabre (un émincé mou et un peu fade à 16 €). Même topo pour les plats principaux où le beau morceau de loup sur la plancha se mariait parfaitement avec des figues et des asperges (31 €), alors que la côte de veau était assez grasse sous sa fine panure (29 €). Et « re belote » pour les desserts : rien à dire sur le tiramisu (13 €), ni le soufflé au cacao arrivé bien coulant (13 €) ; mais quelle déception pour l’affogato (une boule de glace vanille sur laquelle on verse du café chaud et quelques noisettes brisées).


La carte est inégale mais certains plats sont particulièrement réussis à l'instar des gambas en tartare

La carte est inégale mais certains plats sont particulièrement réussis à l'instar des gambas en tartare
©DR


Selon votre choix, vous tomberez plus ou moins bien ; après il y a toujours du subjectif, un tel pouvant aimer un plat que le second ne plébiscitera pas.


Sur la carte des vins, privilégiez ceux de la botte bien sûr avec un blanc sicilien, le Terre di Ginestra Calastrasi 2010 à 29 €, et en rouge un Valpolicella de Vénétie avec le Classico Ripasso Luigi Righetti 2009 à 30 €.


Caffè

9, rue du Colisée

75008 Paris

Tél : 01 53 75 42 00

Ouvert tous les jours sauf le dimanche

Voiturier : 12 €

env. 140 couverts

Menu à déjeuner à 2 plats à 29 €.