Frédéric Simonin, bon, chic et bon genre*!

Benjamin Tardy
L’ancien élève de Joël Robuchon ouvrait son restaurant en avril dernier. Un mois après, j’y entre, curieux, pour découvrir une cuisine soignée dans un cadre sobre. Bonne pioche !
La devanture est sobre, chic, un peu impressionnante

La devanture est sobre, chic, un peu impressionnante
©Benjamin Tardy

L’extérieur annonce d’emblée un style décoratif moderne avec son entrée d’un noir lisse mais accueillant. Détail sympathique : le voiturier à l’entrée. On sait au moins une chose, on s’occupera bien de nous ici.



L’intérieur confirme ma première impression. Lignes droites et murs plans, couleurs crème et noir, Maud Lesur. La décoratrice avait déjà embelli le restaurant de... Joël Robuchon ! Les banquettes capitonnées ainsi que le confort presque inattendu des sièges enlèvent tout sentiment d’austérité. On est bien assis, le service est rapide, net, courtois. Passons aux choses sérieuses !



Au premier coup d’œil sur la carte, on sait à quelle cuisine on se frotte : gastronomique et rien d’autre. Les prix oscillent entre 60 et 90 € pour les plats, les entrées tournent vers 30 et 40 €. Œuf de poule cuit laqué façon piperade, tourteau dans une gelée acidulée à l'avocat, crémeux aux fruits de la passion, tant de plats simplement fins pour une cuisine authentique, la cuisine de Frédéric Simonin.

Pour ma part, ce sera un menu du déjeuner à 38 €, avec un Château des Tours blanc 2005. A 12 € le verre, on l’apprécie.



Histoire de nous mettre en appétit, du pain et du beurre. Certes, mais du bon pain à la mie moelleuse et à la croute bien croustillante ; ainsi qu’un vrai beurre salé sur son assiette noire. L’amuse-bouche ne se fait pas attendre, et on commence fort : verrine de foie gras avec son émulsion de parmesan. Le foie gras se fait tendre au palais, la texture est très fine. Accompagné du parmesan, qui est très salé, on s’attend à un repas fort en saveurs.



En entrée, saint-pierre au citron et à la coriandre. Moi qui ne suis pas un grand fan du poisson, ce fut une agréable surprise ! Le plat rafraîchit de par son poisson légèrement arrosé de lait de coco ; tandis que les morceaux de citron confit et la coriandre relèvent le goût d’une jolie pointe d’acidité. On est cependant loin du plat à la saveur prononcée auquel on s’attendait. Une entrée vraiment très agréable mais dépareillée de l’amuse-bouche.



Arrive le plat principal : ris de veau et carottes, aromatisées à la blette. Parfait. La cuisson du veau rend la viande presque fondante sur la langue. Les carottes sont juste assez cuites pour rester croquantes et fraîches. La blette accompagne le tout d’un petit goût amer. L’ensemble est parsemé de petits carrés de sauge qui ravivent encore le goût. Une touche fraîche et forte qui relève l'ensemble, mais qui dérange au bout de quelques coups de fourchette. Ajoutez à cela un fond de veau pour épaissir la viande, presque flottante mais savoureuse. Encore une fois, aucun rapport avec l’amuse-bouche si puissant, mais ce n’est qu’un détail.



On en vient au dessert. En grand amateur de cette note finale du repas, je suis très déçu. Je commande une coupe de fraises avec son sorbet aux herbes (menthe, persil plat et coriandre). Les fraises seules sont sucrées à point, et le sorbet seul convient aux amateurs d’acidité. Les deux ensembles, on ne sent plus les fraises ! La saveur trop prononcée du mélange d’herbes fausse tout le goût. J’ai pourtant cru commander une coupe de fraises.



Dans l’ensemble, un repas où les saveurs s’accordaient harmonieusement, un bon repas ! Un brin plus épicé pour suivre l’amuse-bouche, un rien qui manque presque mais on se régale. Les portions sont correctes pour de la cuisine gastronomique. Quant au dessert… Dommage, vraiment dommage ! La prochaine fois, je tenterai le sablé au citron qui avait l’air fameux.





Frédéric Simonin

25, rue Bayen - 75017 Paris

01.45.74.74.74

Ouvert du mardi au samedi

Déjeuner : 12 h 00 -14 h 30

Dîner : 19 h 30 – 23 h 00

Métro Ternes, ligne 2