Les réjouissances gustatives de « Chez Cécile »

Gilles Brochard
L’ancienne « Ferme des Mathurins » reprend du service avec un jeune chef venu du Bristol, très prometteur.
Cécile entourée du second de cuisine et du chef

Cécile entourée du second de cuisine et du chef
©2009 Gailord Bovrisse (C)

« Chez Cécile » a des airs d’auberge, situé dans le quartier agité de la Madeleine, à l’heure du déjeuner, dans cette rue Vignon très coquette, à deux pas de chez Fauchon, juste à côté du magasin Oteiza, qui vante en exclusivité les produits basques comme le cochon des Aldudes. Un jolie table toute pimpante où l’on sait mettre en avant le beau légume, la belle volaille, le poisson frais, l’authentique, quoi !



Ah bon ? Avec un menu abordable ? Une table d’affaires qui à l’heure du déjeuner ne soit pas un coup de fusil ? Oui, pour 29 €, le client se promène un peu en Espagne avec un gaspacho de melon et pastèque, mais aussi au cœur des provinces françaises avec des ravioles de chèvre frais au pistou et tomates confites, un tartare de magret de canard frais et fumé à la mangue, joliment présenté. Ou encore, un sablé de parmesan, caviar d’aubergines, poivrons rouges confits, avec un délicat tempura de filets d’anchois au sel. Voilà pour ce que le chef appelle « la première assiette ». Sa marque de fabrique ? Un trait de vinaigre balsamique comme une signature bien à lui, visible sur le côté de l’assiette. Il joue à la fois sur le décor, la présentation (sous assiette en ardoise très adaptée à la cuisine fraîche et légère) et bien sûr sur un contenu copieux.



Pour suivre, des filets de limande au basilic, croustillant de risotto à l’encre de seiche, un plat du jour comme les filets de merlan aux cébettes et péquillos avec une remarquable tombée de blettes au gingembre, coulis de poivrons rouges (ils aiment ça en cuisine et nous aussi !), ou un faux filet de bœuf « Angus d’Aberdeen », et un suprême de volaille fermière aux herbes rôti en canon, c’est-à-dire cuit et présenté en hauteur, de belle cuisson, avec un lasagne de légumes du sud (attention à respecter la subtilité de la pâte…) et tapenade. Cette « deuxième assiette » est prise d’assaut chaque semaine par les fidèles du coin qui prennent soin de réserver pour déjeuner en une heure et quart.



Joli choix de fromages en collaboration avec l’affineur Martine Dubois dans le 17e arrondissement. Et parmi les six desserts proposés à la carte, je vous conseille le sabayon glacé au thé vert matcha de Fujiyama, élixir de framboises et framboises fraîches ou la bavaroise à la poire Williams et crème au chocolat Caraïbe (Valrhona), crumble pétillant !



Le tandem - maîtresse de maison et chef, est une valeur sûre. Cécile, qui a roulé sa bosse dans les Halles pendant quinze ans, élégante femme aux airs d’une Mathilda May, connaît son métier. Elle veille au moindre détail, en salle, comme en cuisine. Elle a su attirer dans ses filets le jeune et beau Régis Mongin, originaire de Besançon (27 ans en décembre prochain), venu tout droit de l’Hôtel Le Bristol où il s’est frotté au grand art du maître Eric Fréchon, avec celui qui est maintenant son second dans la minuscule cuisine, Cyrille Gauzit, grand garçon qui semble en harmonie avec son chef…



Cet été Cécile a changé le décor, misant sur des banquettes rouges et des nappes grises, de grands miroirs et une cuisine en transparence. Cela donne un coup de modernité à ce restaurant qui a traversé les décennies dans un décor provincial. Gaieté, gentillesse, fraîcheur, semblent être les mots qui définissent le plus ce bistrot bien parisien qui peut contenir facilement une quarantaine de couverts.



Chez Cécile

17, rue Vignon

75008 Paris

Tél : 01 42 66 46 39

www.chezcecile.com

Menus à 29 €, 35 € et 59 € (dîner).

Dîner jazz le jeudi à 45 € avec cinq plats.

Ouvert tous les jours sauf le dimanche.