Le Marocain à La Mamounia

Marie-Laure de Vienne
L’un des trois restaurants de l’emblématique palace de Marrakech, Le Marocain.
Tradition oblige, le décor du restaurant Marocain a été pensé par Jacques Garcia dans le plus pur style hispano-mauresque

Tradition oblige, le décor du restaurant Marocain a été pensé par Jacques Garcia dans le plus pur style hispano-mauresque
©DR

Le 1er octobre, La Mamounia de Marrakech organisait la seconde édition de son prix littéraire, un éloge d’une plume marocaine francophone. Doté d’un montant de quelques 20 000 €, le prix décerné à Mohammed Leftah pour son ouvrage « Le dernier combat du capitaine Ni’Mat » a été l’occasion d’une courte visite à la ville rouge et à son emblématique palace.


Totalement réaménagé il y a deux ans par l’architecte designer Jacques Garcia dans un style hispano-mauresque, La Mamounia s’est dotée de trois restaurants, un français, un italien et un marocain. C’est ce dernier que nous avons choisi pour vous entraîner dans la subtilité des parfums orientaux.


Si le beau temps le permet encore, vous serez juste à côté des splendides jardins dans une cour intérieure où ruisselle l’eau. Si non, dans un bâtiment qui a construit ses deux étages de salle de restaurant autour d’un patio central, à l’image de l’architecture propre aux riads de la Médina.


Totalement orientée sur la cuisine locale, la carte du chef Rachid Agouray vous laisse judicieusement le choix entre une vision classique et une autre plus contemporaine. Tradition oblige, l’entrée se doit d’être une pastilla de pigeon (divine ici, car extrêmement fine dans sa pâte, bien garnie de viande désossée de pigeon et surtout mi sucrée-salée par une pointe de cannelle). Comptez 260 dirhams, soit environ 25 €. De manière plus moderne, les entrées affichent un carpaccio de Saint-Jacques tapenade d’olives et émulsion de citrons à la coriandre (30 €) ou des nems de poulet au gingembre et miel accompagnés de sorbet pure menthe au poivre noir (24 €).


Pour le plat principal, vous devez aussi opter pour la version traditionnelle avec le choix entre force couscous (poulet, agneau, poisson, merguez dans les 35 €) et tagines (poulet olives, lapin fruits secs, coq amandes, agneau berbère, veau oignons sésame, légumes dans les 37 €). Généreuses, tendres car longuement cuites, elles sont délicieuses et sont le reflet même de cette cuisine marocaine faite uniquement par des femmes. La seule entorse est la Tangia Marrakchia, le seul plat conçu par des hommes, des artisans qui cuisaient dans une poterie leur repas journalier. Il s’agit de jarrets de mouton cuits longuement sur l’âtre et accompagnés de semoule, de carottes et légumes variés. Par cette cuisson à petits feux, la viande est fondante, moelleuse et imprégnée des herbes avec lesquelles elle a été cuite. Comptez 80 € à deux.


Pour finir le repas si vous ne voulez pas tomber dans la pastilla au lait d’amande, la salade d’orange à la cannelle et à la fleur d’oranger ; orientez vous vers les propositions dites contemporaines avec des framboises locales sur un sablé aux graines et leur crème d’amande ou un macaron crème citron et compotée de dattes au gingembre (15 €).


Bercé par les trois musiciens qui égrènent quelques chansons régionales, les vins vous sembleront plus ensoleillés encore qu’ils ne le sont. De la région de Meknès, le Coteaux de l’Atlas est le seul vin marocain à avoir obtenu une AOC. Le Château de Roslane (75 € la bouteille et 17 € le verre) est un vin intense, riche et gras qui se marie bien avec les viandes en sauce comme les tagines et couscous. Vous pouvez préférer un vin plus léger et fruité, à savoir un Terres Rouges La Ferme Rouge qui provient de Zaërs près de Rabat (45 € la bouteille et 15 € le verre). Comme dans tout établissement de ce genre, la carte des vins dispose de très beaux crus français et étrangers, mais cela serait dommage de ne pas essayer le vignoble local (à défaut le Château Peyrassol 2010 de Provence à 60 € la bouteille).


Quand vous sortirez, la lune se profilera à travers les palmiers, les oliviers et les orangers des jardins, une légère brise dispersera les effluves embaumantes des roses et la tombée de la nuit dévoilera le parfum lourd et capiteux du jasmin qui s’éveille le jour tombé. Là assurément, la magie des lieux opère et vous aurez passé quelques heures de rêve entre gourmandises et décors fastueux.


La Mamounia

Avenue Bab Jdid

40040 Marrakech

Tél : 212 524 388 600

www.mamounia.com