Restaurant : La Villa, Paris 8°

Marie-Laure de Vienne
Une superbe décoration, une cuisine encore en train de se chercher ; néanmoins, un lieu que la clientèle haut de gamme des Champs-Elysées ne va pas dédaigner !
La terrasse couverte sur l'avenue

La terrasse couverte sur l'avenue
©2010 DR

Il y a 20 ans environ, lorsque vous achetiez une voiture, il fallait la roder... 10 000 kms, passés plus tard à 5 000, puis 1 500 kms. Le restaurant de la Villa, c’est un peu çà, une Jaguar flambant neuve encore en rodage, près de deux mois après sa sortie d’usine.



Un peu ennuyeux aujourd’hui à une époque où les voitures sont immédiatement opérationnelles.



Et voici quelques exemples à l’appui :



1. coup de téléphone pour connaître l’existence d’un voiturier, réponse positive, mais le jour même absence totale de voiturier



2. demande d’une coupe de champagne rosé, réponse : la maison n’en a pas ; alors qu’il figure sur la carte !



3. commande d’un verre de vin et d’une bouteille d’eau qui est arrivée par deux fois à la table à 10 minutes d’intervalle



4. le chef n’est peut-être pas pâtissier, certes, mais servir en lieu et place d’un Mont Blanc, deux cuillères de crème de marron directement sortie d’une boîte Clément Faugier ou Sabaton et arroser de crème fraîche et de chocolat, c’est purement honteux dans une table qui se veut gourmande.



Passés ces inconvénients, qu’en est-il ? L’endroit est un restaurant situé en haut de l’avenue Friedland, à peux pas de l’Etoile et c’est un lieu magique par sa décoration. Celle-ci est signée Gilles & Boissier, deux architectes d’intérieur qui ont beaucoup œuvré à l’étranger.



Place donc à de grandes salles aux hauts volumes, mais qui ne pèsent pas pour autant, qui ne sont pas obséquieux; place à de belles, mais modernes, boiseries qui se mêlent à des éléments architecturaux des XVIII et XIX ème siècle ; place à un bar- boudoir rose poudré au superbe nu photographique de Stewart. Il y a de l’espace, de la hauteur, on respire, c’est aéré ; voilà enfin une table où on ne dîne pas dans l’assiette de son voisin.



Côté restauration, du très grand classique préparé par un tout jeune chef de 24 ans juste sorti des ateliers parisien et londonien de Robuchon. C’est un peu attendu, mais hormis les desserts (le Paris-Brest tenait la route avec un très bon goût de praliné), l’ensemble est bon, bien préparé, mais sans surprise. Les papilles ne sont pas titillées, l’excitation n’est pas au rendez-vous.



Salade César, homard en salade, spaghettis carbonara, jambon belotta, escalope de veau à la crème, poulet snacké, entrecôte béarnaise: avons nous besoin d’aller au restaurant pour manger cela ? Il parait que oui, les jeunes classes montantes des affaires, les jeunes loups du marketing n’ayant même plus le temps de remplir leur frigo. Cela dit, sans frétillement d’inventivité, les plats sont bons.



Comptez entre 12 et 24 € pour les entrées, de 16 à 36 € pour les plats et 11€ environ pour les desserts.



La Villa

37 avenue de Friedland

75008 Paris

Tél : 01 82 28 75 08

Environ 85 couverts et 120 avec la terrasse extérieure