Le Centre Pompidou retrace sa propre histoire

Agnès Zamboni
Plongez dans la formidable aventure architecturale, humaine et…politique de ce bâtiment unique à travers une exposition évoquant sa construction.
A l'extérieur est suspendue la " chenille ", un grand escalier mécanique qui dessert les étages et parcourt toute la façade en diagonale.

A l'extérieur est suspendue la " chenille ", un grand escalier mécanique qui dessert les étages et parcourt toute la façade en diagonale.
©Archives Centre Pompidou


C’était il y a 40 ans déjà



Il a ouvert ses portes le 31 janvier 1977 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Mais on doit bien sûr la création du Centre Georges Pompidou également appelé Centre Beaubourg au président Georges Pompidou, grand amateur d’art contemporain, qui souhaitait le rendre accessible à tous, à travers un centre culturel pluridisciplinaire : il devait accueillir non seulement un musée, mais aussi une bibliothèque publique, un centre de réflexion sur la société et son évolution, un institut de recherche musicale, une salle de cinéma, des boutiques… Et la décision d’affecter le plateau Beaubourg à cette construction date de 1969 !



On doit l’architecture très audacieuse du Centre Pompidou au talentueux trio Gianfranco Franchini, Renzo Piano (à gauche) et Richard Rogers (à droite). Leur atelier a été ouvert à Paris en 1971.

On doit l’architecture très audacieuse du Centre Pompidou au talentueux trio Gianfranco Franchini, Renzo Piano (à gauche) et Richard Rogers (à droite). Leur atelier a été ouvert à Paris en 1971.
©Archives Centre Pompidou




Souvenirs de chantier



Le projet des architectes Renzo Piano et Richard Rogers ont été choisi parmi 681 autres créations. C’est tout d’abord l’originalité du projet qui a retenu l’attention du jury international présidé par Jean Prouvé : un bâtiment de grande hauteur pour dégager au sol un espace public urbain - la piazza -, des plateaux gigantesques libérés de tout poteau, de l’appareillage de gaines et de fluides, des dispositifs de circulation verticale, l’ensemble étant rejeté à l’extérieur. Car cette « machine » doit son allure unique à sa conception particulière qui prévoyait d’optimiser les espaces intérieurs pour présenter les œuvres et développer plus librement ses différentes activités culturelles. On se rappelle que ce bâtiment qui a défrayé la chronique et a fait couler beaucoup d’encre à l’époque de sa création s’insère aussi dans la mutation du quartier des Halles. Dans cette exposition, on se replonge ainsi dans l’ambiance des années 1970 avec des coupures de presse, des dossiers de revues professionnelles, des reportages photographiques sur les différentes étapes de sa construction, des terrassements…



L’architecture du Centre Georges Pompidou possède l’originalité de rendre visible les différentes pièces de sa structure métallique. Sur cette photo, les gerberettes, éléments clefs de la construction, ont été conçues en un seul morceau, pèsent 10 tonnes et mesurent 8 mètres de long.

L’architecture du Centre Georges Pompidou possède l’originalité de rendre visible les différentes pièces de sa structure métallique. Sur cette photo, les gerberettes, éléments clefs de la construction, ont été conçues en un seul morceau, pèsent 10 tonnes et mesurent 8 mètres de long.
©Archives Centre Pompidou




Une construction innovante



Toute la structure du Centre Pompidou est ouverte. Pas de murs porteurs mais des panneaux de façades vitrés ou opaques, selon les endroits, posés à l’intérieur de la structure, à l’endroit où la poutre s’attache à la gerberette. En effet, le dessin en treillis des poutres et leur liaison avec la structure porteuse en façade s’effectue grâce à cet élément clé, la gerberette, qui a donné aussi son identité graphique et visuelle au bâtiment !



Centre Pompidou

75191 Paris Cedex 04

Tél. : 01 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr



Exposition Renzo Piano et Richard Rogers, jusqu’au 12 février 2018.



Ce « Meccano » géant a progressé régulièrement travée après travée, du sud vers le nord, avec l’acheminement de nuit des poutres géantes.

Ce « Meccano » géant a progressé régulièrement travée après travée, du sud vers le nord, avec l’acheminement de nuit des poutres géantes.
©Archives Centre Pompidou




La carcasse bâtie, il restera à l’équiper : les ascenseurs et montes charges, les escalators et les coursives, la climatisation et la ventilation, l’eau et l’électricité. Leur présence, visible depuis la rue, sera affirmée par un code couleur.

La carcasse bâtie, il restera à l’équiper : les ascenseurs et montes charges, les escalators et les coursives, la climatisation et la ventilation, l’eau et l’électricité. Leur présence, visible depuis la rue, sera affirmée par un code couleur.
©Archives Centre Pompidou




Le Centre Georges Pompidou est aussi un monument phare de Paris qui a redonné une identité à une enclave. Et il est devenu un véritable lien et passage obligé entre le quartier des Halles et le quartier du Marais.

Le Centre Georges Pompidou est aussi un monument phare de Paris qui a redonné une identité à une enclave. Et il est devenu un véritable lien et passage obligé entre le quartier des Halles et le quartier du Marais.
©Archives Centre Pompidou




Le terrain sur lequel s’élèvera le Centre Pompidou résulte de la destruction dans les années 1930 d’un îlot insalubre. Une grosse masse de béton sera coulée pour les fondations et les niveaux inférieurs.

Le terrain sur lequel s’élèvera le Centre Pompidou résulte de la destruction dans les années 1930 d’un îlot insalubre. Une grosse masse de béton sera coulée pour les fondations et les niveaux inférieurs.
©Archives Centre Pompidou




Le bâtiment innovant étonne par sa superstructure métallique visible offrant des poutres métalliques de 45 mètres  de long, 2, 85 m de haut et qui pèsent 75 tonnes. Les poteaux de 5, 21 et 23 mètres de hauteur avec un diamètre de 85 cm sont en acier moulé centrifugé creux.

Le bâtiment innovant étonne par sa superstructure métallique visible offrant des poutres métalliques de 45 mètres de long, 2, 85 m de haut et qui pèsent 75 tonnes. Les poteaux de 5, 21 et 23 mètres de hauteur avec un diamètre de 85 cm sont en acier moulé centrifugé creux.
©Archives Centre Pompidou




Vue du Centre Pompidou en construction, côté esplanade et rue Saint-Martin avec « tuyauterie » extérieure apparente, véritable œuvre d’art hyper-réaliste.

Vue du Centre Pompidou en construction, côté esplanade et rue Saint-Martin avec « tuyauterie » extérieure apparente, véritable œuvre d’art hyper-réaliste.
©Archives Centre Pompidou




Vue du Centre Pompidou en construction, côté rue Beaubourg et rue du Renard en prolongement.

Vue du Centre Pompidou en construction, côté rue Beaubourg et rue du Renard en prolongement.
©Archives Centre Pompidou