La Maison de la Radio inscrite au titre des Monuments historiques

Anne Swynghedauw
Dès l'origine de la conception de la Maison de la Radio, l'architecte Henry Bernard a voulu intégrer des œuvres d'art pour le public, et pour habiller le bâtiment austère.
La façade principale de la Maison de la Radio est inchangée. Elle fait partie de la couronne typique de la maison ronde.

La façade principale de la Maison de la Radio est inchangée. Elle fait partie de la couronne typique de la maison ronde.
©Christophe Abramowitz


Espace de culture et d'évènements sonores et musicaux pour des millions d'auditeurs, la Maison de la Radio est officiellement inscrite au titre des Monuments historiques par l’arrêté du 26 mars 2018 publié par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) Ile-de-France. Cette décision permet non seulement de protéger un patrimoine historique, notamment la façade du bâtiment emblématique mais de reconnaître la singularité de l’architecture des années 60, de la Maison de la Radio conçue par l’architecte Henry Bernard.



Dans le grand hall, les "Portiques" de François Stahly est une œuvre composée de quatre groupes de sculptures en teck, appartenant à la période des murs-rideaux inspirés par les forêts du Nord-Ouest américain. Réalisée entre 1962 et 1963.

Dans le grand hall, les "Portiques" de François Stahly est une œuvre composée de quatre groupes de sculptures en teck, appartenant à la période des murs-rideaux inspirés par les forêts du Nord-Ouest américain. Réalisée entre 1962 et 1963.
©Christophe Abramowitz




Un édifice hors normes



La Maison de la Radio a été inaugurée par le général de Gaulle en 1963. Avec ses deux hectares de superficie, elle est le plus vaste édifice jamais bâti en France. Une couronne de 500 mètres de circonférence et une tour centrale de 68 mètres élevées y ont rassemblé jusqu'en janvier 1975, l’un des principaux centres de diffusion radio et télévision de la création artistique, l’ORTF. Née en 1975 de l'éclatement de l'établissement public ORTF, Radio France est une société nationale de radiodiffusion, constituée sous la forme d'une société anonyme à capitaux publics, dont l'Etat est l'unique l'actionnaire.



La Maison de la Radio aujourd’hui a fait l’objet d’importants travaux de fond, dans le respect de l’architecture d’origine.

La Maison de la Radio aujourd’hui a fait l’objet d’importants travaux de fond, dans le respect de l’architecture d’origine.
©Christophe Abramowitz




Labellisée « Patrimoine du XXème siècle » en novembre 2016, la Maison de la Radio abrite l’ensemble des métiers, techniques et artistiques, de la production et la diffusion quotidienne de programmes, d’informations radiophoniques et de concerts. Cette construction spécifique a permis l’adaptation à toutes les évolutions technologiques de l’audiovisuel et de l’acoustique.



Dans le foyer, la mosaïque « l’Envolée musicale » de Jean Bazaine dont les rythmes évoquent la forêt, l'écorce, la roche travaillée par l'onde. Composée d’émaux, pierres, marbres, onyx et dalles de verre, réalisée en 1963, en collaboration avec les mosaïstes Melano et Guardigli, originaires de Ravenne. Quatre mois ont été nécessaires à sa pose.

Dans le foyer, la mosaïque « l’Envolée musicale » de Jean Bazaine dont les rythmes évoquent la forêt, l'écorce, la roche travaillée par l'onde. Composée d’émaux, pierres, marbres, onyx et dalles de verre, réalisée en 1963, en collaboration avec les mosaïstes Melano et Guardigli, originaires de Ravenne. Quatre mois ont été nécessaires à sa pose.
©Christophe Abramowitz




L’ambitieux projet de réhabilitation, conçu par Architecture-Studio et engagé depuis 2009 en site occupé, a remis aux normes le bâtiment et tenter de moderniser les outils de production radiophonique. Il a inclus dans le cahier des charges la restauration des espaces et des ouvrages d’origine, dans le prolongement de l’esprit des années 60.



Cette "Arlequinade" de Roger Bezombes est une évocation passée, présente et future de la musique. Elle est composée de dentelles, tapis anciens, soie, velours, tissus usés, simple moquette, pendeloques de cristal, miroirs brisés. Réalisée en 1963, elle occupe toute la longueur sur 25 mètres.

Cette "Arlequinade" de Roger Bezombes est une évocation passée, présente et future de la musique. Elle est composée de dentelles, tapis anciens, soie, velours, tissus usés, simple moquette, pendeloques de cristal, miroirs brisés. Réalisée en 1963, elle occupe toute la longueur sur 25 mètres.
©Christophe Abramowitz




L’inscription au titre des Monuments historiques confirme également l’intérêt public de l’édifice. Avec une architecture rénovée, ses nombreux espaces réhabilités avec plus de 4000 mètres carrés dédiés à l’accueil du public et une capacité d’accueil de plus de 3000 places dans l’ensemble de ses studios et salles de concert. Désormais, la Maison de la Radio propose un projet pluridisciplinaire : émissions en public, débats, concerts, expositions ou évènements exceptionnels sept chaînes de radio et quatre formations musicales Orchestre National, Orchestre Philarmonique, Maîtrise de Radio France, Chœur de Radio France.



Informations sur www.maisondelaradio.fr



Lorsqu'en 1997, le Président de Radio France décide d'ouvrir une nouvelle radio pour les jeunes, le Mouv' était installée de manière provisoire dans des Algeco. L'artiste André Saraiva proposa d’en égayer les façades. Ses œuvres ont été conservées par la Maison de la radio.

Lorsqu'en 1997, le Président de Radio France décide d'ouvrir une nouvelle radio pour les jeunes, le Mouv' était installée de manière provisoire dans des Algeco. L'artiste André Saraiva proposa d’en égayer les façades. Ses œuvres ont été conservées par la Maison de la radio.
©Christophe Abramowitz




La tapisserie de Pierre Soulages a été tissée d'une seule pièce par les ateliers Pinton à Felletin, près d'Aubusson. Sans titre précis, selon la volonté de l’artiste. Elle est inscrite dans les collections du Mobilier national.

La tapisserie de Pierre Soulages a été tissée d'une seule pièce par les ateliers Pinton à Felletin, près d'Aubusson. Sans titre précis, selon la volonté de l’artiste. Elle est inscrite dans les collections du Mobilier national.
©Christophe Abramowitz




La mosaïque de Gustave Singier aux tons adoucis est composée de pâtes de verre taillé. L’œuvre est un contrepoint au dépouillement de l'architecture, proposant au spectateur un « tremplin pour sa sensibilité et son imagination sans aucune référence avec le réel ».

La mosaïque de Gustave Singier aux tons adoucis est composée de pâtes de verre taillé. L’œuvre est un contrepoint au dépouillement de l'architecture, proposant au spectateur un « tremplin pour sa sensibilité et son imagination sans aucune référence avec le réel ».
©Christophe Abramowitz