En Bourgogne, une villa qui rend hommage à la céramique architecturale

Agnès Zamboni
Remarquablement restaurée, la villa Perrusson a retrouvé ses détails décoratifs et typiques du XIXème siècle.
La toiture polychrome est représentative des traditions de l’Est de la France et de l’Europe.

La toiture polychrome est représentative des traditions de l’Est de la France et de l’Europe.
©Villa Perrusson - Desfontaines


La Saga Perrusson



Tout commence lorsque Jean-Marie Perrusson décide en 1860 de se lancer dans l’industrie céramique, en ajoutant cette activité à celle du voiturage par eau. Successivement, il fonde une briqueterie et une tuilerie qui prendront part à l’évolution industrielle d’une région, située entre Digoin et Châlon, dite « vallée de la céramique ». Grâce à cet essor, la famille Perrusson connaît une belle ascension sociale et s’élève rapidement au rang de notables.



Dans le parc, une ceinture périphérique et une trame dense de buis forment son ossature et referment ses vues au paysage extérieur.

Dans le parc, une ceinture périphérique et une trame dense de buis forment son ossature et referment ses vues au paysage extérieur.
©Villa Perrusson - Desfontaines




Une maison manifeste



La villa inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, depuis 2001, est en fait composée de deux bâtiments : le pavillon Perrusson, un corps de logis édifié en 1869, auquel s’est adossé, en 1890-1900, et le pavillon Desfontaines, son aile nord, qui témoignent de l’union par mariage des deux familles. Et ces bâtiments rassemblés offrent un paradigme de l’utilisation de la céramique ornementale dans l’architecture intérieure et extérieure. Comme un catalogue vivant, ils illustrent de nombreuses utilisations de ce matériau sur leurs façades, pavements, parois intérieures, plafonds et habillages de l’oriel, accentuant le caractère décoratif de ce type de fenêtre en relief. Habitée ponctuellement pendant les années 1950-60, l’ensemble de la villa a subi les outrages du temps et nécessitait une rénovation d’importance, notamment au niveau de sa toiture endommagée, de sa structure et de ses ornements en céramique. Rachetée par la communauté urbaine Creusot-Montceau, en 2008, elle a connu plusieurs années de travaux qui ont débuté, en 2012, après une longue étude de maîtrise d’œuvre. L’intérieur sera, lui, restauré à partir du 4ème trimestre 2018. Cela dit, la bâtisse a déjà retrouvé une seconde jeunesse avec une restauration réalisée à partir des répliques de modèles connus et inventoriés d’ornementation.



La restitution des ornements, comme cette rosace, est un des points forts de la restauration.

La restitution des ornements, comme cette rosace, est un des points forts de la restauration.
©Service Ecomusée, D. Busseuil




Un jardin remanié



Quant au jardin à l’anglaise, son ambiance a été restituée grâce au talent de l’architecte paysagiste François Dubreuil. Il a également reconstitué les deux belles pelouses et introduit dans les massifs de buis en bordure, d’autres essences rares de végétaux offrant couleurs et variétés. Des essences remarquables à port naturel ont été aussi ponctuellement implantées avec notamment un grand sequoia de 16 mètres qui pallie l’absence de conifères typiques des jardins du XIXème siècle. Et des bacs d’orangerie plantés de houx sont disposés autour de la villa. Quant à la pièce d’eau d’origine, dans le bas de la pelouse de l’entrée, elle a été remplacée par un bassin aux formes libres.



Contact :

Villa Perrusson


rue de la Gare

71210 Ecuisses

Tél. : 03 85 68 21 14

www.villaperusson.fr



Visites guidées de 45 minutes organisées toutes les heures, de 14 h à 18 h, les week-ends de mai, du 1er juin au 14 septembre et les week-ends du 15 au 30 septembre.



Construite pour conserver les plantes fragiles en hiver, l’orangerie de la Villa Perrusson, seul élément décoratif du parc, ici restaurée.

Construite pour conserver les plantes fragiles en hiver, l’orangerie de la Villa Perrusson, seul élément décoratif du parc, ici restaurée.
©Jean-Luc Petit




Les éléments nouveaux, comme ces panneaux, ont été fabriqués, pièce par pièce, par estampage. C’est l’entreprise Tegulys qui a assuré la reproduction des ornements céramiques : 400 pièces produites, 50 modèles et environ 8 tonnes de terre utilisées.

Les éléments nouveaux, comme ces panneaux, ont été fabriqués, pièce par pièce, par estampage. C’est l’entreprise Tegulys qui a assuré la reproduction des ornements céramiques : 400 pièces produites, 50 modèles et environ 8 tonnes de terre utilisées.
©Service Ecomusée, D. Busseuil




Restitution des épis faîtage de la toiture en tuiles vernissées et colorées, parachevant la restauration.

Restitution des épis faîtage de la toiture en tuiles vernissées et colorées, parachevant la restauration.
©Service Ecomusée, D. Busseuil




Les massifs, presque exclusivement plantés de buis, structurent le jardin. Ils sont orchestrés en bosquets denses et taillés avec des formes courbes, pour apporter de la douceur au paysage.

Les massifs, presque exclusivement plantés de buis, structurent le jardin. Ils sont orchestrés en bosquets denses et taillés avec des formes courbes, pour apporter de la douceur au paysage.
©Villa Perrusson - Desfontaines




La lanterne qui orne le pavillon Desfontaines a été présentée par l’entreprise lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris. Réalisée sur mesure pour coiffer l’ouvrage architectural, elle est considérée comme un exemplaire unique.

La lanterne qui orne le pavillon Desfontaines a été présentée par l’entreprise lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris. Réalisée sur mesure pour coiffer l’ouvrage architectural, elle est considérée comme un exemplaire unique.
©Service Ecomusée, D. Busseuil




Chaque ornementation a été réalisée à partir de moulages artisanaux d’éléments existants, qui se sont associés à la mise en œuvre de nouvelles solutions techniques pour les protéger de nouveaux ravages de l’eau.

Chaque ornementation a été réalisée à partir de moulages artisanaux d’éléments existants, qui se sont associés à la mise en œuvre de nouvelles solutions techniques pour les protéger de nouveaux ravages de l’eau.
©Service Ecomusée, D. Busseuil




Devant leur résidence en 1898, photo de la famille des Perrusson-Desfontaines, qui a vécu dans cette villa pendant 6 générations.

Devant leur résidence en 1898, photo de la famille des Perrusson-Desfontaines, qui a vécu dans cette villa pendant 6 générations.
©Villa Perrusson - Desfontaines




L’usine Perrusson a été construite tout près du canal du Centre et de la voie ferrée pour acheminer plus facilement les matériaux céramiques.

L’usine Perrusson a été construite tout près du canal du Centre et de la voie ferrée pour acheminer plus facilement les matériaux céramiques.
©Villa Perrusson - Desfontaines




L’usine Perrusson-Desfontaines était aussi voisine de la villa éponyme.

L’usine Perrusson-Desfontaines était aussi voisine de la villa éponyme.
©Villa Perrusson - Desfontaines




Carte postale de la « vallée de la céramique », créée grâce au percement du canal du Centre qui a généré l’extraction des gisements d’argile de la région.

Carte postale de la « vallée de la céramique », créée grâce au percement du canal du Centre qui a généré l’extraction des gisements d’argile de la région.
©Villa Perrusson - Desfontaines