Un cabanon de rêve signé Le Corbusier

Agnès Zamboni
Un cabanon de rêve à Roquebrune-Cap-Martin : l’œuvre du plus grand architecte du XXème siècle, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier.
A l’intérieur, le cabanon est aménagé selon des règles strictes d’optimisation de l’espace et concentre dans une surface restreinte, un lieu de vie idéal.

A l’intérieur, le cabanon est aménagé selon des règles strictes d’optimisation de l’espace et concentre dans une surface restreinte, un lieu de vie idéal.
©©FLC-ADAGP, OMG

Esquissé sur un coin de table, dans un bistrot de la Côte d’Azur, son plan offre 11 m² avec vue sur la mer. Ce cabanon reconstitué, grâce à Cassina, éditeur des meubles de Le Corbusier, et  la Fondation Le Corbusier, et à découvrir d’urgence à Paris au Bon Marché…


Un projet personnel


En 1952, alors qu’il termine la cité Radieuse de Marseille, village vertical de 360 appartements en duplex, Le Corbusier débute un nouveau chantier à Roquebrune-Cap-Martin. Il le destine à lui-même.  Rien à voir avec une villa somptueuse… Partant du principe qu’il vaut mieux un petit chez soi qu’un grand chez les autres, il se fait construire un simple cabanon. Il l’avait dessiné le 30 décembre 1951, pour sa femme, Yvonne. Et trois quart d’heure ont suffi pour l’imaginer. Il aimât y passer ses vacances d’été en sa compagnie et celle de ses amis, à proximité de la villa E.1027, réalisée par  l’architecte Eileen Grey. C’est d’ailleurs en allant visiter cette maison, symbole de l’architecture contemporaine, qu’il découvrit la région et le site. Et dans cette retraite minimaliste, il mourût à 77 ans, en 1965, lors d’une baignade en Méditerranée.


Dans cette « hutte en bois », pleine d’humanité tout le confort pour travailler, peindre et passer le temps avec des ouvertures qui cadrent de jolies vues sur la nature environnante.

Dans cette « hutte en bois », pleine d’humanité tout le confort pour travailler, peindre et passer le temps avec des ouvertures qui cadrent de jolies vues sur la nature environnante.
©©FLC-ADAGP, OMG


Un véritable petit coin de paradis.


Avec ses volets de bois peints, comme des tableaux cubistes, ses miroirs muraux pour obtenir un effet visuel sur la mer ou la montagne, ses rangements intégrés et cachés, réalisés sur mesure et aux multiples fonctions, le cabanon est un modèle de gestion de l’espace. On y décèle la quintessence du travail de Le Corbusier sur le gain de place. Basé sur le principe des modules d’habitation, la pièce unique accueille deux lits, une table encastrée dans le mur, reposant sur un seul pied, un lavabo et un coin WC.


De l’extérieur, c’est une simple baraque à bardage de pin « sur un bout de rocher battu par les flots ».

De l’extérieur, c’est une simple baraque à bardage de pin « sur un bout de rocher battu par les flots ».
©Lucien Hervé, FLC-ADAGP


Le départ d’un projet social


En 1954, cette cabane dupliquée, sur le même terrain, fera aussi l’objet d’une déclinaison en 5 cabanons colorés de 8 m² chacun. Ces constructions sommaires seront projetées à la location dans le cadre d’un camping, créé par Thomas Rebulato, patron de la guinguette voisine L’Etoile de Mer.


Mais que pensez-vous de cette réalisation rustique et poétique ? N’est-elle pas plus accueillante que tous ces mobiles homes standardisés et impersonnels ?


 


Renseignements : à voir jusqu’au 23 juin 2012

Le Bon Marché Rive Gauche

24, rue de Sèvres, 75007 Paris. Espace Cassina,

2ème étage et passerelle, 1er étage.

www.lebonmarché.com

Fondation Le Corbusier : www.fondationlecorbusier.fr