Rénovation : une ancienne usine divisée en lofts

Agnès Zamboni
Dans le 10ème arrondissement de Paris, l’architecte Vincent Eschalier a transformé l’intérieur d’un gigantesque atelier en open spaces, tout en conservant la belle façade d’origine.
Une grande pièce à vivre avec cuisine intégrée occupe le premier niveau.

Une grande pièce à vivre avec cuisine intégrée occupe le premier niveau.
©Joan Bracco


Un chantier particulier



Située en 3ème rideau par rapport à la rue, l’usine était seulement accessible par les ouvriers, grâce à un souterrain de 50 mètres de long. « Ce fut le seul accès de chantier et une énorme contrainte pour la démolition, le transport des gravats et la reconstruction des espaces composés en 3 plateaux de 500 m². Le chantier, qui a duré 2 ans, a été colossal. Il a été dirigé depuis un unique point d’entrée, une porte aux dimensions standard de 1 mètre de large et cet étroit couloir souterrain, seules zones de communication pour accéder aux espaces à réhabiliter. Les grandes fenêtres ont été divisées en plus petites parties pour passer par la porte. Toutes les évacuations et arrivées d’eau et de gaz, les câbles électriques ont été drainés à travers le grand couloir pour se brancher sur la rue. On peut applaudir le maître d’ouvrage (Evolim) et les équipes de techniciens qui ont réalisé des prouesses », raconte Vincent Eschalier.



Associée  à l’Hôtel de Bourrienne, classé au titre des Monuments Historiques depuis 1927, l’usine, également classée, est située au fond de la parcelle, derrière un jardin.

Associée à l’Hôtel de Bourrienne, classé au titre des Monuments Historiques depuis 1927, l’usine, également classée, est située au fond de la parcelle, derrière un jardin.
©Joan Bracco




La nouvelle donne



Le site actuel de 1500 m² est découpé en 17 lofts, invisibles depuis la rue et protégés de ses bruits. Parmi eux, 5 logements sociaux  à loyer modéré demandés par la Ville de Paris et des appartements de 65 à 150 m². Au rez-de-chaussée, les appartements sont dotés de jardins et de terrasses et ceux situés au second étage profitent aussi d’une terrasse. Ils sont tous conçus en duplex. A l’intérieur, la hauteur de 4,20 mètres sous plafond a permis de créer deux niveaux. Un plancher en bacs acier apparents a été choisi pour ne pas trop perdre de hauteur sous la dalle. Ils ont été thermo-laqués en noir en usine comme les IPN et poteaux pour offrir une belle finition.



La blondeur du chêne cohabite avec la structure métallique du second niveau et de son escalier.

La blondeur du chêne cohabite avec la structure métallique du second niveau et de son escalier.
©Joan Bracco




Un style industriel adouci



Epure des lignes, travail de la lumière, circulations envisagées dans les moindres détails, matériaux classiques, chics et nobles, Vincent Eschalier a habillé l’espace avec beaucoup d’élégance. Rien à voir avec les lofts aux matériaux bruts ou brique, béton et tuyauterie donnent le ton de la déco. Ici, les murs blancs contrastent avec les structures métalliques peintes en noir, dans un esprit très graphique. Les sols en parquet chaleureux et carrelage de grès cérame gris souris se répondent. Les volumes confortables, sans être gigantesques, sont facilement appropriables.



Que pensez-vous de cette nouvelle génération d’appartements, savant compromis en l’appartement classique et le loft pur et dur ? 



Renseignements :

Studio Vincent Eschalier

Architecture & Design

210, avenue Pasteur

93170 Bagnolet

Tél. : 09 82 55 68 13 et 06 86 08 33 52

Mail : studio@vincenteschalier.com

www.vincenteschalier.com



L’Hôtel de Bourrienne, côté jardin. Dit aussi « Petit Hôtel de Bourrienne », ce bijou du faubourg Poissonnière, construit entre 1787 et 1793,  est situé 58, rue d’Hauteville, à Paris.

L’Hôtel de Bourrienne, côté jardin. Dit aussi « Petit Hôtel de Bourrienne », ce bijou du faubourg Poissonnière, construit entre 1787 et 1793, est situé 58, rue d’Hauteville, à Paris.
©Joan Bracco




Les cloisons du couloir sont allégées par un éclairage qui leur donne l’impression de flotter. On n’imagine pas que derrière ces murs, 80 cm de large sont réservés pour le passage des gaines techniques.

Les cloisons du couloir sont allégées par un éclairage qui leur donne l’impression de flotter. On n’imagine pas que derrière ces murs, 80 cm de large sont réservés pour le passage des gaines techniques.
©Joan Bracco




La cuisine de couleur blanche se fond avec les murs pour dessiner un espace neutre et graphique, qui peut s’harmoniser avec tous les styles de décoration.

La cuisine de couleur blanche se fond avec les murs pour dessiner un espace neutre et graphique, qui peut s’harmoniser avec tous les styles de décoration.
©Joan Bracco




Cette ancienne usine de pièces en fonte d’imprimerie datant de 1789 appartenait à la même famille, qui possédait également l’Hôtel de Bourrienne.

Cette ancienne usine de pièces en fonte d’imprimerie datant de 1789 appartenait à la même famille, qui possédait également l’Hôtel de Bourrienne.
©Joan Bracco