Les pompes à chaleur : mauvaise pub pour bon produit

Alexandra Trubat
« Les éco-délinquant ont fait beaucoup de mal à la profession » souligne Olivier Mirocha, responsable produit chez CIAT. C’est la rançon de la gloire. Surfant sur le succès des pompes à chaleur, de nombreuses personnes se sont inventées spécialistes du concept.
La pompe bibloc nécessite un module à l'extérieur

La pompe bibloc nécessite un module à l'extérieur
©DR

Un après-midi de juillet dans un beau jardin du XVIème à Paris ; l’entreprise française, née en 1934, CIAT présente ses trois dernières nouveautés sur la gamme des pompes à chaleur intérieures et extérieures qui sortiront cet automne : des pompes à chaleur bi-blocs avec un module pour l’extérieur et un pour l’intérieur, une pompe à chaleur monobloc, entièrement intérieure dédiée aux nouvelles constructions, et leur tout premier chauffe-eau thermodynamique.





Le phénomène « Pompes à chaleur »



Leader européen des échanges thermiques et du chauffage par énergies renouvelables, CIAT propose d’utiliser 70% des calories de la nature et 30% d’aides électriques pour restituer 100% de chaleur à la maison. Cela équivaut à un coefficient de performance de 3 à 4 et à une réduction par 4 de la production de CO2 par rapport aux énergies fossiles. C'est-à-dire qu'une seule calorie dépensée peut fournir de 3 à 4 calories de chaleur. Cette entreprise fabrique des pompes à chaleur depuis le premier choc pétrolier de 1973 mais les voit véritablement se démocratiser depuis 2000. « C’est le début de la prise de conscience des particuliers ». Les termes de développement durable et d’énergies vertes trouvent résonnance et ce qui était jusqu’alors l’apanage des « écolos purs et durs » devient plus branché et totalement dans l’air du temps.



En 2008, c’est le paroxysme. Une vague de pompes à chaleur et autres chauffages alternatifs déferlent sur la France. Avec l’explosion des ventes, les premiers problèmes surviennent l’année suivante. « Pour vendre, tout le monde s’est emparé du terme de pompe à chaleur, même pour parler de climatiseur » se souvient Olivier Mirocha. Ces personnes ont tellement fait de mal à la profession, qu’on leur a inventé le nom « d’éco-délinquants ». Pourtant, les déviances et les plaintes des clients ne représentent que 1% des ventes totales. Seulement les médias ne parlent que de ces problèmes : ventes sur Internet sans pose, installations défectueuses, mauvais dimensionnement des pompes à chaleur, ou encore prix exorbitants, tout y passe. Pas un seul reportage pour parler des performances intrinsèques du produit.





Un rééquilibrage du marché



A l’heure actuelle, le marché se rééquilibre. « Les gens commencent à savoir repérer les bons professionnels » constate Olivier Mirocha, et « écrème de cette manière les mauvais installateurs ». L’entreprise CIAT a même pris les devants pour améliorer cette mauvaise image. Pour ce faire, elle a mis en place des centres de formations des revendeurs et poseurs afin de former les professionnels à l’installation de ses pompes à chaleur : chauffagistes, plombiers, électriciens et frigoristes viennent agrandir ainsi la longue liste d’installateurs agréés et partenaires de l’entreprise.



Pour reconnaître un vrai professionnel et éviter les bévues, c’est très simple : il faut choisir celui qui propose une réelle étude des dispersions de la chaleur dans la maison avec un questionnaire. C’est un gage d’honnêteté de la part de l’installateur car cette étape permet d’obtenir l’appareil le plus adapté à vos besoins et ainsi de générer le meilleur confort de chauffage. L’installation en elle-même peut prendre de 1 journée à 4 jours selon le modèle et les délais d’attentes sont variables.



L’important est de se renseigner, de s’adresser à de véritables professionnels, de demander des devis et se méfier des démarcheurs. En gardant cette ligne de conduite, il n’y aura pas de surprise, si ce n’est la découverte d’une douce et agréable chaleur chez soi sans exploser son budget.