Comment protéger les bois d’extérieur ?

Marianne Tournier
Pour résister aux intempéries, les bois d’extérieur doivent être traités ou choisis naturellement durables, une qualité qui n’est pas réservée seulement aux essences exotiques. Un bois qui n’est pas naturellement durable doit être protégé avant toute utilisation en extérieur. Réalisés en usine, plusieurs traitements permettent d’améliorer la résistance des essences locales courantes, notamment des pins.
2. LAPEYRE. Woodprotect

2. LAPEYRE. Woodprotect
©2009 DR

Le traitement autoclave, qui est chimique, est le plus courant. Il consiste à injecter sous pression des sels métalliques dans les pièces de bois placées dans un autoclave et garantit les bois contre la pourriture au moins dix ans, voire plus chez certains fabricants. Naturel, le traitement thermique passe par le chauffage du bois, qui modifie sa structure moléculaire et le rend imputrescible. Ainsi chauffé (de 190 à 250 °C selon les essences), le bois perd son humidité. Il est donc parfaitement stable et à l’abri des attaques de champignons. Ce traitement est éventuellement associé à une imprégnation d’huile végétale chaude (traitement oléothermique). S’il n’est pas traité en usine ni naturellement durable, le bois doit être alors protégé. Dans ce cas, appliquez au pinceau ou en pulvérisation au moins deux couches (voire trois sur une façade très exposée) d’un produit insecticide et fongicide pour les bois extérieurs (TE Aquaréthane de Syntilor, traitement Biactiv de V 33, Xylophène multi-usage de Dyrup…). Après traitement, si la pièce de bois est retaillée, il convient d’appliquer le produit sur chaque coupe.



Les produits décoratifs

Les lasures protègent et décorent les bois neufs ou anciens, mais uniquement verticaux (menuiseries, bardages…). Incolores ou teintées, elles forment un film microporeux transparent qui laisse apparaître le veinage du bois et empêche la pénétration des eaux de pluie sans contrarier l’évacuation de l’humidité du bois. Les vernis offrent un autre rendu, plus satiné ou brillant. Plus résistantes que les lasures, les peintures microporeuses masquent le veinage du bois : elles recouvrent le bois d’un film mince opaque qui durcit mais le laissent respirer. Sur les surfaces horizontales (telles les terrasses…), on utilise un saturateur, incolore ou teinté, que l’on applique jusqu’à saturation (d’où son nom), et une huile sur les meubles de jardin. Ces différents produits décoratifs offrent l’avantage de ne pas s’écailler : ils s’usent et sont donc faciles à rénover, sans décapage, après un simple brossage ou égrenage. D’autant qu’il est toujours nécessaire de décaper

une peinture ancienne qui s’écaille avant application des produits de traitement et décoratif.


Comment protéger les bois d’extérieur ?

Comment protéger les bois d’extérieur ?
©DR




Phase aqueuse ou solvant

Les produits en phase aqueuse sont moins polluants et plus faciles à appliquer que les produits en phase solvant. En termes de performance, ils tendent à dépasser les produits en phase solvant, avec toutefois un atout supplémentaire : ils sèchent beaucoup plus rapidement, en 3 à 4 heures, contre plus de 12 heures pour certains produits. Une qualité intéressante en extérieur.



Ne pas confondre traitement et finition

Le traitement (autoclave, thermique, fongicide, insecticide…) est destiné à assurer la protection du bois contre les insectes et les champignons, qui ont tendance à proliférer sous les intempéries. Il est réalisé en usine ou appliqué à la maison. En revanche, vernis, lasures, peintures, huiles, saturateurs… sont des produits de finition. Si, en plus de leur fonction décorative, ils revendiquent une action de protection, c’est essentiellement contre les agressions climatiques (UV et humidité). Ces produits ne peuvent se substituer au traitement !



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