Les alternatives à la laine de verre: des isolants naturels

Laurence Gabet
Si la laine de verre est un bon isolant thermique et acoustique, elle est néanmoins l’objet de nombreuses critiques (consommation très importante d’énergie, tassement avec le temps, hypothèse de cancérogénicité). A l’heure où l’efficacité de l’isolation se mesure à l’impact sur l’environnement, il est indispensable de trouver des alternatives à la laine de verre. En effet, des produits d’isolation d’origine animale ou végétale consomment moins d’énergie.
Isolation d'un plafond avec de la ouate de cellulose. UniverCell par Soprema

Isolation d'un plafond avec de la ouate de cellulose. UniverCell par Soprema
©DR

Des isolants thermiques écologiques pour la maison


Le choix d’isolants naturels révèle de nouvelles priorités, à savoir la santé et l’environnement. Il n’est plus question d‘équiper sa maison aveuglément ; de plus en plus de personnes souhaitent connaître les matériaux utilisés, les choisir, quitte à y mettre le prix.


L’efficacité de l’isolant varie selon l’endroit où il est placé, et sa performance thermique en fonction de son coefficient de conductivité thermique (lambda : quantité de chaleur W/(m.K)* pouvant être transférée dans un matériau en un temps donné). Si le confort thermique est identique à la laine de verre, autant choisir des isolants dont la fabrication nécessite peu d’énergie (contrairement à la laine de verre qui nécessite une consommation d’énergie de 250 kWh/m3) et dont la combustion ne laisse échapper aucun gaz toxique.


Isolants en laine végétale



  • La laine de lin : 30 kWh/m³


Le lin est une plante annuelle facile à cultiver. Ses fibres sont utilisées principalement par l’industrie textile mais la partie basse du végétal n’est pas exploitée ; les restes permettent donc de produire des isolants. Ceux-ci se présentent sous forme de rouleaux et de panneaux, ils peuvent être utilisés pour les combles, les sols, les murs et les plafonds. La conductivité thermique varie en fonction de l’humidité et de la qualité des matières premières, de fait la certification ACERMI** permet la garantie d’une isolation efficace.



  • Le chanvre : 40 kWh/m³ 


Utilisé depuis très longtemps comme matière première, pour la fabrication de papier et la conception de vêtements, le chanvre arrive depuis quelque temps sur le marché de l’isolation. En effet, il s’agit d’un matériau recyclable qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé. Cet isolant naturel est aussi performant que les matériaux traditionnels. Il est utilisé pour l’isolation du sol, des murs et du toit. Contrairement à la laine de verre, il ne se tasse pas et la simplicité de sa pose séduit de plus en plus. Le chanvre se présente sous la forme de rouleaux, de panneaux ou de granulats, afin de s’adapter aux différents endroits de la maison.



  • La ouate de cellulose : 40 kg/m3


La ouate de cellulose provient du recyclage de journaux invendus. Du sel de bore est ajouté afin de rendre la ouate résistante  au feu et à la vermine.  Elle est vendue en vrac ou en panneaux. Sa pose est aisée et cet isolant constitue un choix très rentable.



  • La laine de bois : 50 kWh/m³


La laine de bois s’obtient par traitement de fibres de bois. Celles-ci sont transformées en une pâte résistant à la vermine, puis des panneaux sont construits. Ces derniers conviennent parfaitement à une isolation contre le froid et à une protection contre la chaleur. Le coefficient de conductivité thermique varie en fonction de la masse volumique et de l’humidité. Il existe en effet des panneaux rigides, principalement utilisés pour la toiture et les murs par l’extérieur ; et des panneaux plus souples sont utilisés pour l’isolation des rampants et des murs par l’intérieur. La pose est également rapide et simple et bien évidemment ce matériau est recyclable.


Isolants en laine animale



  • La laine de mouton : 55 kWh/m³


Grâce à sa laine, le mouton peut s’adapter aux aléas climatiques. Elle est une protection naturelle ; en effet sa laine peut garder de l’air ou de l’eau (elle peut absorber jusqu’à 30% de son poids en eau). C’est pour cette raison qu’elle intéresse les constructeurs, elle permet la régulation du taux d’humidité d’une maison. Cependant, la nature et la qualité des matières premières varient, c’est pourquoi il est nécessaire, une fois de plus, de vérifier la composition des produits et la certification. La laine de mouton se trouve en rouleaux, en panneaux ou en vrac selon les besoins, et elle permet d’isoler des combles, des rampants, des sous-planchers, des plafonds et des murs.



  • La laine de plumes de canard : 60 kWh/m3


Si cet isolant est naturel, comme pour la laine de mouton, d’autres composants doivent être ajoutés et des traitements sont nécessaires. En outre, les plumes peuvent être de nature et de qualité variables. La norme ACERMI* permet alors de garantir la qualité de l’isolant. La laine de plumes de canard est commercialisée sous forme de panneaux ou de rouleaux, et elle s’utilise pour l’isolation des combles, des rampants, des plafonds et des murs. Cependant, cet isolant possède quelques défauts non négligeables tels que la mauvaise résistance au feu.


 


*Watt par mètre-kelvin : l’unité de mesure de la conductivité thermique.  


**Certification ACERMI : l'Association pour la Certification des Matériaux Isolants regroupe le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) et le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Le certificat caractérise principalement la résistance thermique des isolants et l’aptitude à l’emploi en fonction de la destination (intérieur ou extérieur, à la verticale ou à l’horizontale).


www.soprema.com


A lire : Comment végétaliser sa toiture simplement ?