Les innovations autour du bœuf

Marie-Laure de Vienne
Le marché de la viande de bœuf a été morose en 2009, pourtant un nouvel intervenant a proposé des idées intéressantes.
Le pot-au-feu par Charal...

Le pot-au-feu par Charal...
©2010 DR

Un nouveau - né de 9 mois est arrivé plein d’ambitions et d’idées sur le marché. Il s’agit d’Elivia, regroupement de 25 000 adhérents présents de la fourche à la fourchette. En réalité, ce nom regroupe les entités de l’ex Soviba et de Terrena Viandes. D’après le responsable marketing, Gérald Dorin-Blanchard, le créneau de la société est de voir la viande autrement dans le but de redonner aux consommateurs l’envie de manger de la viande. «Avec une marque "Tendre et Plus" au ton différent qui joue la transparence et la convivialité, l’entreprise souhaite animer les rayons avec des produits à valeur ajoutée, à la fois innovants et complémentaires à l’offre existante».



«Tendre et Plus» veut aussi aller dans des secteurs où la grande distribution est en sous vente par rapport au secteur de la restauration. Dans ce sens les fêtes de fin d’année ont été l’occasion de sortir des petits rôtis de boeuf sauce au foie gras, des farces fines morilles armagnac ou orange Grand Marnier ou encore marrons raisins Cognac. Dans cette dynamique proche du traiteur en vue de redévelopper le marché, des repas complets ont été lancés : brochettes avec des légumes précuits, mais surtout pot-au-feu traditionnel, prêt à être dégusté.

Même topo chez Charal qui sort des barquettes de bœuf bourguignon et des faits touts de pot au feu.







L’expertise de JP Corbeau, sociologue



Professeur à l’université de Tours, Jean-Pierre Corbeau explique, par trois constats, la résurgence de la tradition alimentaire en France qui entraîne un achat des morceaux dits «moins nobles» (bourguignon, sauté, daube et toutes les viandes mitonnées). Les mangeurs ayant moins d’attaches avec le berceau familial rural désirent restaurer une filiation avec une identité régionale, territoriale et le paysage qui y est associé.



En second lieu, la crise et la peur de l’avenir qui l’accompagne impliquent un besoin accru pour se sécuriser, d’où la recherche de labels, de certifications qui rassurent et aident à supporter l’innovation.



Enfin, le désir de cuisiner concerne toutes les catégories sociales et est un loisir créatif qui se réfère aux classiques quelque peu revisités de la restauration. A l’envie de mieux se nourrir par une cuisine « home made» s’ajoute une notion de convivialité non négligeable qui existe dans le cours de cuisine et dans la cuisine partage.