Confitures : les 5 géants

Marie-Laure de Vienne
Cinq marques, cinq histoires, une seule passion : la confiture !
L'un des atouts de Georgelin : sa diversité

L'un des atouts de Georgelin : sa diversité
©DR

Avec Bonne Maman, Andros et Le Berger des Fruits, le groupe Andros est le mastodonte de la profession qui occupe juste avec Bonne Maman 35 % de parts de marché en volume en grande distribution. En matière de confitures et miels, cette entreprise familiale basée dans le Lot a développé trois marques : Bonne Maman, la référence haut de gamme avec des codes bien visibles (capsule vichy rouge, étiquette écrite à la main, pot facetté) ; Andros, co-leader derrière Bonne Maman et enfin Le Berger des Fruits, marque économique du fruit qui est exclusive à la restauration.



Andresy, spécialiste de la restauration, se positionne sur le segment « haute couture » de la confiture et l’absolue nécessité d’un conditionnement verre pour tous ses produits. Cette société des Yvelines est synonyme de troisième génération de confituriers depuis plus de 60 ans. Elle travaille pour des marques distributeurs haut de gamme comme Reflets de France, son positionnement avec des noms tels que « les confitures à l’ancienne » et « à l’ancienne d’Andresy » est premium sur la quantité de fruits (55 %) et le grand nombre de parfums proposés. Si vous êtes un habitué des hôtels très étoilés, vous avez sûrement, mais sans le savoir consommé, des confitures Andresy (la maison fournit Bocuse par exemple).



Materne, par le biais de sa marque Confipote, affirme être la marque la plus légère et donc la moins sucrée du marché avec ses nouvelles variétés à 65 % de fruits. La marque à l’emblématique petit pot tout en rondeur fête ses 30 ans et livre sa botte secrète, à savoir une cuisson limitée dans le temps et donc une plus courte évaporation qui permet de préserver intacte la couleur du fruit et de mieux capter son arôme délicat. Pas de mélange chez ce fabricant-là, mais du mono parfum très classique avec 11 variétés qui vont de la fraise à la mirabelle en passant par la figue.



Georgelin, entreprise du Lot et Garonne toujours dirigée depuis 30 ans par Lucien Georgelin, peut se féliciter d’une hausse régulière de plus de 20 % en moyenne par an depuis 10 ans de son chiffre d’affaires. Quelque 100 000 pots sortent chaque jour de l’usine avec l’assurance de « sucre et de fruits garantis sans OGM ».

Distribuant ses confitures au chaudron en France essentiellement, la maison ne propose que du 65 % de fruits et même du 100 % pour quelques produits aux étiquettes vertes encadrées de ribambelles de fruits. Outre le référencement Gault Millau pour l’enseigne Monoprix, la force de la maison est sa très grande variété de parfums proposés. Plus de 150 recettes existent avec des parfums exclusifs tels que noix de coco, goyave, mangue, pastèque, pomme-poire-noix. Et Lucien Georgelin d’offrir aussi des confitures à base de fruits typiquement régionaux comme sa « prune d’ente » qui a d’ailleurs été médaillée d’or.



Le dernier intervenant du marché est St Dalfour, une PME encore basée dans le Lot, mais son chiffre d’affaires de 38 millions d’euros et de 30 millions d’unités consommateurs est tournée à 98 % vers l’export. St Dalfour ne travaille pour aucune marque de distributeur et est premium avec du 100 % fruit et surtout du sucre de raisin à la place du sucre traditionnel, ce qui confère à cette société une place de leader mondial sur ce segment-là de confiture. Pour les gourmets avides de nouveautés, ils pourront goûter la toute première confiture à la cranberry associée à la myrtille ainsi que la pomegranate.