Le chant du cygne de l'incandescence...

Quentin Hirsinger
L'année 2009 sonne le glas de la plus belle invention de Thomas Edison, car va entrer en vigueur une loi absurde amorçant l'abandon progressif des ampoules à incandescence (vous savez, celles qui ont un beau filament sous globe de verre, celles qui ont l'élégance de vous chauffer autant qu'elles vous éclairent, depuis plus de 130 ans !)
Adieu, ampoule à incandescence...

Adieu, ampoule à incandescence...
©DR

Pourquoi absurde, cette loi?

Parce que, sous couvert d'une posture "éco-friendly" désormais obligatoire, la puissance publique lance des mesures qui ne sont qu'affichage politique, et qui par ailleurs sont hélas contre-productives concernant le véritable enjeu, l'urgence d'une meilleure préservation de l'environnement. Deux arguments majeurs sont avancés pour éradiquer nos bonnes vieilles ampoules, un meilleur rendement lumineux des nouvelles sources fluo-compactes, et la mise en place d'une filière de recyclage. Comme d'habitude, il est sain face à une telle unanimité de faire preuve d'un peu de vigilance, voire de suspicion, et de ne pas prendre le discours ambiant pour argent comptant.



Sur le premier point de la consommation d'énergie, l'ampoule à filament a effectivement la fâcheuse tendance à transformer 10% de l'énergie fournie en lumière, et 90% en chaleur par effet Joule. Ce n'est, sur le papier, pas très glorieux, mais ce que l'on oublie alors, c'est que cette chaleur produite ne disparaît pas comme par magie, elle sert à chauffer nos maisons et réduit de ce fait l'énergie consommée par les systèmes de chauffage. Nulle perte d'énergie alors, mais simple transfert. Il faut donc bien l'avouer, le changement du mode d'éclairage ne fera baisser notre consommation électrique générale que de façon marginale, dans un pays ou cette énergie est très faiblement émettrice de CO2. Il serait beaucoup plus efficace de s'attacher rapidement à une meilleur isolation des bâtiments publiques et privés, car il s'agit pour le coup d'un vrai gaspillage.



Le deuxième point est encore plus absurde, et c'est ici une simple question de bon sens. Comment effectivement arriver à croire qu'une ampoule fluo-compacte serait plus facile à recycler que sa consœur à incandescence ? Du coté de l'aînée, une construction simple, avec un culot métallique, un filament, du verre et un gaz neutre et inoffensif, et du coté de la cadette un ballast électronique dans une coque plastique, de la poudre fluorée, un peu de mercure par dessus tout cela...



Enfin un dernier argument, qui n'est peut-être pas très politiquement correct aujourd'hui, mais qui est criant dès qu'on allume une ampoule... La qualité de cette lumière émise. Sans mauvais jeu de mot, c'est encore le jour et la nuit, entre la température blafarde d'une fluo-compacte et le sentiment de confort des lampes à incandescence. Je propose donc aujourd'hui la création de l'ASAI (Association de Sauvegarde des Ampoules à Incandescence), ou de la BULLSHIT (Brigade Universelle de Libération des Lampes, Section Historique de l'Incandescence Traditionnelle).