Quid du « made in France » ?

Karine Quédreux
Il y a eu le marketing vert pour booster le développement durable. Place de façon plus judicieuse au « Made in France » pour booster la création et la production française.
Une volonté d'estampiller la fabrication française par les labels comme « Vosges, terre textile® », pour Garnier Thiebault par exemple

Une volonté d'estampiller la fabrication française par les labels comme « Vosges, terre textile® », pour Garnier Thiebault par exemple
©DR

L’industrie du luxe française est un étendard naturel pour exporter l’image de la France à l’étranger. Cet « art de vivre à la Française » a d’ailleurs fait l’objet de l’extension du salon Maison & objet en octobre dernier à Moscou. Ce que l’on célèbre : le goût, le savoir-faire français et Paris, sa vitrine ! Si des maisons comme Hermès, Baccarat, Lelièvre Christofle et bien d’autres du même « rang » font sens, c’est bien parce qu’elles véhiculent depuis quelques décennies voire siècles, une certaine culture de la qualité et de l’innovation. « Un made in France de prestige », irremplaçable et déterminant pour se faire une place au soleil de l’export, dont la part culmine à près de 90 % pour certaines !


Le reste de l’industrie française souffre et souvent délocalise pour survivre…  Et difficile d’appliquer la recette au secteur de la distribution qui conjugue offre avec prix sans souci de différenciation. Néanmoins, un vent nouveau souffle, le « 100 % made in France » s’affiche pour revendiquer l’appartenance, facteur de qualité. Certaines entreprises relocalisent et sont plébiscitées. La communication organise la traçabilité de la production et des matières premières comme c’est le cas pour cette jeune entreprise lyonnaise Metylos qui travaille la création avec la matière feutre comme les matériaux issus des déchets de l’industrie.


Phénomène de solidarité, nécessité impérieuse de sauver l’étiquette économique, question de survie ? Sans aucun doute, une énergie nouvelle se déploie quand la crise casse et agresse. En région, on fait corps pour rassembler. Ainsi naissent des « appellations  » comme le label « Vosges, terre textile® » qui se positionne comme une AOC industrielle pour la filière textile. « C’est avant tout une question d’histoire, de tradition,  de savoir-faire et de culture » souligne son Président Paul de Montclos, également Président de Garnier Thiebault spécialisée dans le linge de maison.


Le retour des métiers d’art en est le meilleur vecteur. Juste retour de balancier, son engouement vient réveiller la mémoire de nos savoir-faire. Ainsi, estampiller la fabrication française participe à redonner des repères et à réassurer le consommateur. Un besoin de retrouver ses racines qui va de pair avec la quête du développement durable : «  d’où vient ce que je consomme, et qui suis-je par rapport à ce que je consomme ? ». Pour exister et signer leurs créations, les jeunes générations en font leur cheval de bataille. Et pour l’illustrer, Les Ateliers de Paris ouvrent leurs portes ce week-end. Une occasion de découvrir cette ruche qui accompagne la formation et le redéploiement des savoir-faire au travers des créateurs d’aujourd’hui et de demain !


Le label « 100 % Français » redonne de la traçabilité aux produits en termes de fabrication, savoir-faire et création. Un gage pour défendre la qualité et l’innovation face à la mondialisation.