Tout sur le parquet !

Christian de Rivière
Le parquet a toujours été et restera le revêtement noble par excellence. Esthétique et très résistant, c’est un sol très apprécié des Français. Toujours dans la tendance car indémodable, ce revêtement authentique donne du caractère à n’importe quelle pièce.
exemple de point de hongrie

exemple de point de hongrie
©2009 Doloop

Les différents parquets



Il existe deux types de parquets : massifs et contrecollés.

Le parquet massif est un parquet traditionnel qui a une très longue durée de vie (plus de 100 ans) s’il est correctement posé et entretenu. D’une épaisseur d’au moins 22 mm, les lames ne sont faites que de bois. Deux types de pose conviennent : les lames sont soit clouées sur des lambourdes, soit collées sur une sous-couche. Mais avant toute pose, il est indispensable de stocker le parquet encore dans son colis, pendant au moins 48 heures dans la pièce de destination. Toujours vendues et posées à l’état brut, les lames doivent être huilées, vitrifiées ou cirées. La nouvelle tendance est au parquet huilé, très résistant ; ce traitement au cœur du bois lui donne un aspect très naturel et mat. Le parquet traditionnel a l’avantage d’être entièrement en bois, authentique et toujours unique mais la pose est un peu plus délicate que pour le contrecollé, qui peut simplement être flottant.



Le parquet contrecollé est relativement nouveau ; il date des années 40. Composé de trois couches différentes, il ne bénéficie pas d’une seule et même essence de bois. Fabriqué en usine, seule la couche d’usure (celle sur laquelle on marche) est en bois noble ; les deux autres, l’âme et le contreparement, sont conçues avec des dérivés de bois. En conséquence, sa durée de vie est plus courte que le parquet massif (entre 50 et 70 ans) mais demande moins de minutie pour la pose. Il est inutile de le conserver pendant 48 heures avant la pose. Livré traité, il ne demande pas à être ciré, et il peut être flottant. Les lames sont emboitées ou collées entre elles sans support spécifique. Le parquet contrecollé est moins noble et prestigieux que le parquet massif mais a des atouts pratiques. Exemple : la pose flottante est possible sur un sol ancien.



Différents critères et normes sont à distinguer pour définir la qualité du parquet. Le classement UPEC associe une note entre 0 et 4 pour chaque lettre : U pour usage, P pour poinçonnement, E pour la résistance à l’eau et C pour la résistance aux produits chimiques et d’entretien. Evidemment, meilleure est la qualité, plus le prix est élevé. Comptez entre 35 € et 100 € du m². Comme pour tous les achats, le prix, l’esthétique et la durée de vie sont des données importantes à observer. Le prix va varier selon le bois choisi, son épaisseur, le type de pose et la surface à couvrir.





Les différentes essences



Le coût dépend de la qualité du parquet mais aussi de sa provenance. En France, le chêne représente un peu moins de la moitié de la production, devant le hêtre et le bois exotique qui est très à la mode depuis un peu plus de deux ans. Le wengé (foncé aux reflets rougeâtres), bois des régions tropicales et équatoriales d’Afrique ou le bambou mènent la danse avec des coloris différents et une durée de vie conséquente. Le chontaquiro du Pérou, nettement moins connu mais aussi moins cher, est un bois très versatile à l’aspect rougeâtre. Le vitex joue dans la même cour que le teck, il lui ressemble à s’y méprendre, ne se décolore pas et ne se tâche pas au contact de l’huile. Néanmoins le teck demeure le bois le moins glissant. Le kwila des îles Salomon est un bois plus coûteux mais durable, il ne craint ni les passages, ni les frottements, ni les liquides ; ce bois marron tacheté de noir est l’allié idéal de votre couloir. L’acajou peut aisément et avantageusement être remplacé par le taun à fibres rigides, le planchonia ou encore la calophyllum de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui sont très bon marché. Provenant du même endroit, le kamarere est un bois rouge qui est résistant et sèche vite alors que le turupay, très dur, passe du jaune au marron clair selon l’exposition solaire. Les bois exotiques sont continuellement en émergence, ces bois de caractère prennent de plus en plus le pas dans nos intérieurs. Ces bois venus du bout du monde représentent 8% de la production (4% pour le hêtre). Le gout des Français se situe principalement vers des teintes claires (chêne). Mais de nouvelles variétés de bois denses et stables dans des nuances de marron doré vont peut-être changer la donne. Jetez un œil sur le merbau, le celtis (qui ressemble au pin) et le dillenia rougeâtre, grand favoris qui ressemble au bois de rose.



Petit conseil : une pièce aux murs sombres sera en harmonie avec un parquet clair, tandis qu’une pièce lumineuse, aux murs clairs nécessitera une teinte plus foncé. Ce revêtement convient à toutes les pièces, même la salle de bains, mais uniquement avec une essence style teck ! Et si vous disposez d’un chauffage au sol, un parquet épais est à proscrire pour toutes les pièces.





Les différentes poses




Contrairement aux idées reçues, il existe certes des lames de parquet mais aussi des dalles. De formes carrées, elles permettent de jouer avec les motifs et reproduisent des types de décors à l’ancienne du style Versailles ou encore Chantilly, mais aussi des décors à damiers ou à chevrons comme avec les lames courtes. Utilisées pour créer décors et motifs raffinés (damiers, point de Hongrie, chevrons, échelles…), ces dernières sont généralement destinées à être collées. Les lames longues traditionnelles sont destinées à la pose à l’anglaise : en rangs parallèles, elles donnent à votre intérieur un coté plus bourgeois. Avec la même pose, ce sont les lames larges (jusqu’à 19 cm) qui expriment la tendance actuelle grâce à un effet champêtre !



Clouer sur lambourdes n’est pas une mince affaire ! Le parquet cloué doit être réalisé par un expert pour garantir sa qualité et éviter les grincements. Ce type de pose surélève le sol de 5 cm mais la pose s'avère résistant et durable. Ce mode de pose traditionnel permet une très bonne isolation thermique.

Le parquet collé est directement collé sur le sol. Il est impératif d’utiliser une colle de bonne marque, notamment à la résine d’alcool plus facile à manipuler. Ne prenez pas un gros pot, la colle aura perdu de son efficacité avant que le pot soit vide, même en une journée. En cas de fuite d’eau, le parquet risque tout de même de se décoller. Les irrégularités devront être effacées, avec un ponçage fastidieux, car le sol n’est jamais parfaitement plat. Ce type de pose coûte moins cher au consommateur car les lames n’ont pas besoin d’être rainurées. Des fiches de pose Leroy Merlin sont à votre disposition, sur leur site, si vous voulez vous lancer dans l’aventure.

Seules les lames en contrecollé conviennent au parquet flottant. Elles sont collées les unes aux autres grâce à des rainures et languettes, ce qui convient parfaitement à la pose en appartement.



L’entretien



Le parquet est un revêtement qu’il faut savoir entretenir. Le ponçage et la vitrification sont des étapes indispensables pour garantir la durée de ce sol. Pour la première étape, qui se fait aussi bien pour rénover un parquet ancien ou pour terminer la pose d’un parquet brut, le bricoleur de la famille aura besoin d’une ponceuse à bande et d’une bordureuse pour les parties de la pièce moins accessibles. Après avoir poncé au gros grain, bande par bande, en avançant toujours de la même vitesse ; procédez au ponçage de finition avec un grain très fin.

Pour appliquer la vitrification, achetez votre rouleau à vitrifier et votre vitrificateur dans un magasin pour professionnels ; les produits y sont généralement de meilleure qualité. Il est indispensable de suivre à la lettre les indications figurant sur l’emballage du vitrificateur. Pour raviver le brillant du parquet et augmenter la durée de vie de la vitrification, il existe des produits d’entretien « métallisants » qui s’appliquent à la serpillère.

Attention ! Certains bois changent de couleurs lorsqu’ils sont cirés. L’orme s’assombrit beaucoup alors que le chêne fonce un peu lorsqu’il est passé à l’huile. La finition peut changer un parquet, ce qui la rend tout aussi délicate que nécessaire. Par exemple le Vieillit Chêne Louis XIII accélère le vieillissement naturel des bois riches en tanin tels que le chêne et le châtaignier. L’Eclaircisseur Bois Louis XIII produit l’effet contraire.

En marron foncé, en noir, en rouge et bien d’autres couleurs, teinter un parquet est idéal pour avoir le sentiment de changer de décor, pour donner un coup de jeune à votre sol ou lui donner une finition particulière. Un professionnel n’est pas utile ; le plus petit bricoleur peut le faire lui-même.



En somme, le parquet offre bien des possibilités dans la pose, le choix du bois ou la finition. Nombre de combinaisons qui aident le consommateur à être totalement satisfait !