Le tabouret Tam-Tam : un sablier à l’épreuve du temps

Normandie Hoche
Le Tam Tam n’a pas été conçu pour devenir une icône du design. Aujourd’hui plébiscité dans le monde entier, il était à l’origine destiné aux pêcheurs. Mais une pin-up qui passait par là l’a rendu incontournable…
Le TamTam tout sourire

Le TamTam tout sourire
©DR

A sa naissance en 1968, le Tam-Tam mesure 45 centimètres, pèse à peine deux kilos et a un bel avenir devant lui. Son inventeur, le fabricant de seaux et de glacières pour pêcheurs, Henri Massonnet, ne se doute pas une seconde du fabuleux destin que va connaître son tabouret en forme de diabolo. Son idée est simplement de proposer aux pêcheurs un siège facile à transporter qui se démonte en deux temps trois mouvements. Il se compose de deux cônes emboîtables et creux qui peuvent servir de fourre-tout, et d’un couvercle rond, le tout en plastique, esprit des seventies oblige.



Lorsque Brigitte Bardot s’assoit dessus pour donner une interview dans sa propriété de Saint-Tropez, les ventes décollent. Distribués par la société STAMP appartenant à Henri Massonnet, les Tam Tam, depuis, se sont vendus comme des petits pains puisqu’il s’en est écoulé 12 millions d’exemplaires à ce jour ! On comprend pourquoi : disponible à partir de 20 euros, cet objet-culte est une touche de gaieté et de design très abordable. Mais ce n’est pas tout. Non content d’avoir investi toutes sortes d’intérieurs, ce petit tabouret rigolo a même trouvé sa place au MoMa de New-York en 1970 et au Musée des Arts Décoratifs de Paris en 1985.



Le choc pétrolier n’étant pas de bonne augure pour la création de mobilier en plastique, STAMP a cessé de fabriquer le Tam Tam dans les années 80. Le tabouret si prisé est devenu « has been ». Mais, pour le plus grand bonheur des nostalgiques, Sacha Cohen directeur de Branex Design l’a remis au goût du jour. Ce chineur avisé a retrouvé le moule original (n° 169) en 2001 et a décidé de le rééditer en le faisant fabriquer par STAMP. Petite astuce pour savoir si vous possédez un exemplaire authentique (il y a beaucoup de copies) et à quelle époque il est né, regardez à l'intérieur des cônes. Les modèles des années 70 portent le nom d'Henri Massonnet, et les rééditions sont marquées «Tam Tam».



Dans ses jeunes années, le Tam Tam se déclinait en orange, violet, rouge, blanc et noir. Mais Branex Design qui le produit depuis 2002 lui en fait voir de toutes les couleurs et le fabrique dans de nouvelles matières : il est maintenant disponible en version fluo, chromée, transparente… Son socle peut également arborer smileys, spirales, motifs géométriques et même photos et dessins de Maurice Renoma ! Il existe aussi des mutations du tabouret unijambiste : coiffé d’une boule ou d’un plateau, il devient une lampe ou une table ! Et pour les amateurs de musique, Branex a sorti le iTam Tam, un tabouret qui sert de station d'accueil et d’enceinte accoustique aux iPods et aux iPhones !