Sensualité programmée

Sophie Maillot-Juillet
Quand on a la chance d’habiter en face de la tour Eiffel, on ne se lasse pas, surtout quand le soir tombe, du spectacle féerique de la Grande Dame de Fer dans ses habits de lumière. On comprend que la mise en valeur de ce point de vue a été la principale exigence des propriétaires lorsqu’ils ont chargé l’architecte d’intérieur, Arnaud de Petiville, de restructurer leur appartement.
Vue sur Fer

Vue sur Fer
©Stephen Clément

Après avoir accepté la règle de jeu fixée par ses clients, Arnaud de Petiville s’est retroussé les manches et mis au travail. Il a dû chambouler et intervertir toutes les pieces de la demeure pour que chacune d’elles profite au maximum du spectacle éblouissant de la tour Eiffel.

Puis pour répondre au rythme de vie trépidant de la capitale, il a imaginé cet intérieur comme un cocon où se tisse un art de vivre tout en douceur et en sensualité. L’aspect soyeux du parquet se remarque dès que l’on pousse la porte d’entrée. Il devait être foncé mais pas vraiment noir : après avoir été noircies, les lames ont été usées et patinées à la monobrosse pour obtenir l’effet ébène de Macassar. “Cela change tout, remarque Arnaud. A partir de cette teinte chaude, j’ai pu mettre en scène le décor où domine un camaïeu de bruns”



Le salon dont une partie sert de salle à manger s’articule autour d’un canapé droit modulable en angle qu’il a conçu sur mesure et habillé d’un tissu couleur tabac. Au pied du canapé garni de voluptueux coussins de fourrure vert pomme, un tapis en haute laine Toulemonde Bochart vert pistache accueille d’ingénieuses petites tables basses pour ne pas faire obstruction à LA vue.



Le coin repas met le design danois des années 50 à l’honneur avec des chaises bien architecturées autour d’un longue table rectiligne éclairée par un étonnant luminaire compose de fines lamelles de corne (Ochre). De couleur ocre ou sepia, les accessoires et œuvres d’art répondent en contrepoint à l’harmonie ambiante. Seule, un desserte rouge se distingue du reste du mobilier et apporte une note tonique à l’atmosphère feutrée du salon. Les portes ont été remplacées par des cloisons coulissantes, revêtues d’une élégante tonalité taupe. Pour ajouter une touche de modernité et rompre avec l’orthogonalité du décor, Arnaud de Petiville a collé des stickers de fleurs stylisées aux tiges ondulantes (Wall Design). Avec des reflets argents, le lampadaire à l’abat-jour en papier fait écho au fauteuil crapaud habillé de vinyle.



Afin de remédier au manque de lumière entre cuisine et salon, Arnaud de Petiville a créé des partitions dont la partie supérieure est en verre. Pour la raison que l’on sait, la cuisine qui profite à présent d’une lumière indirecte a remplacé la salle de bain. L’architecte a tiré parti de l’espace au maximum pour que cette pièce soit aussi fonctionnelle qu’une véritable cuisine de restaurant. Tout en longueur, conçue comme une professionnelle, avec un carrelage de ton cigare, elle n’en est pas moins esthétique. Des meubles laqués blanc et un plan de travail épais en ardoise clivée s’appuient contre le mur où s’alignent des rayures peintes à la mains.



En entrant dans l’espace privé consacré à la chambre, à la salle de bain et au dressing, le visiteur a d’emblée l’impression de pénétrer dans l’une des luxueuses suites d’un palace. Les tons chocolat et tabac du salon on laissé la place à un vieux rose qui apporte une note douillette et sensuelle à ce lieu intime. Cette couleur n’a pas été choisie au hasard. Elle correspond à un élément du tableau placé au-dessus du lit de la chambre principale : une version contemporaine, poétique et à peine libertine d’une jeune femme vue de dos… Clin d’œil frivole, le vieux rose, la couleur du déshabillé en question, a dicté le choix des draps (Eden Park) et des rideaux doublés d’une soie puce : une création de grand luxe signée Arnaud de Petiville. Au pied du lit, une table basse des années 50, chinée aux puces et dûment relookée, accueille selon l’heure le plateau du petit déjeuner ou des livres.



Juste à côté, la salle de bain incarne le rêve de tout sybarite citadin qui se respecte : trônant au beau milieu de la pièce, la baignoire, posée sur le parquet devant la fenêtre, est aux premières loges. Face à la tour Eiffel, avec ou sans bain de champagne et sans aucune exagération, tout n’est que luxe, calme et volupté….





ADRESSE DU SHOPPING



- Arnaud de Petiville

21 rue de bourgogne - 75007 Paris - Tel 0147058312



- 50 soixante 70

16, rue carraffeli - 75003 Paris



- Les Héritiers

Indique ses distributeurs Tel 04 78 37 17 03



- Anna Torfs

C/O Krd - 58, rue de Bougogne - 75007 Paris



- Zoeppritz :

01 42 93 62 33 - www.zoeppritz.com



- Eden park,

202, rue de Courcelles - 75017 Paris - Tel 01 53 89 19 72