Visite privée, chez Yves Gastou, grand manitou du design

Phil Rouge
Dans leur dernier livre, Alexandra d’Arnoux et Jacques Denarnaud, vous invitent à pénétrer l’intimité d’appartements parisiens avec vue. Au fil des arrondissements, décorateurs, écrivains, artistes leur ont ouvert les portes de leur maison, de leur loft, pour vous offrir un nouveau regard sur Paris, vu de l’intérieur. Découvrons ensemble l’atelier du galeriste Yves Gastou, sur la Rive Gauche.
Le fameux Mickey "Viagra" avec quelques collègues

Le fameux Mickey "Viagra" avec quelques collègues
©Jacques Denarnaud

S’il avait une devise, ce serait probablement « Etre à l’avant-garde ou rien ».



Œil bleu, crinière blanche, joie de vivre à toute épreuve, Yves Gastou règne, depuis trente ans, sur sa galerie de la rue Bonaparte où il consacre sa vie à l’art de XXe siècle, à la redécouverte de talents oubliés, au design, aux phénomènes les plus improbables issus des arts décoratifs internationaux qu’il nous fait «voir» avec humour.



Yves Gastou qui habite à deux pas de sa galerie vit à Paris comme un provincial. Son atelier, où George Sand et Alfred de Musset débutèrent leur liaison, occupe une situation unique. Imaginez un instant que tous les matins vous preniez votre petit déjeuner avec le Louvre qui s’encadre dans vos fenêtres et que, côté salon, vous plongiez sur une suite de jardins privés…



Une fois parvenu au sommet d’un escalier sans pitié, la porte s’ouvre sur un univers enchanté. Une sorte de terrain de jeu pour adulte envahi par une population de mangas et de Mickeys qui voisinent, sans fausse note avec des chefs-d’œuvre du design du XX°. Yves Gastou s’est toujours battu contre le conformisme. Il aime les énormes mélanges, la vie en couleur. Collectionneur, passionné de décoration, il mène plusieurs collections de front. En démarrer une ne signifie pas abandonner les précédentes, ce qui donne lieu à des accumulations extraordinaires où plusieurs mondes –ludiques, religieux, érotiques – s’entremêlent. C’est aussi la raison pour laquelle, avec son fils Victor, il se trouve aujourd’hui à la tête de la plus grande collection de France de « toys », principalement nippons.



Extrait du livre, « Paris, un art de vivre », d’Alexandra d’Arnoux et Jacques Denarnaud, Edition du Chêne, 39,90 euros.