Nouvel art de vivre, avenue Hoche, à Paris

Sophie Maillot-Juillet
Restructuré et repensé par l'architecte Laurent Moretti, cet appartement résume un nouvel art de vivre où l’on vient se ressourcer, où l’imagination part en voyage. Dépoussiéré, l’esprit haussmannien est ragaillardi par l’intervention du jeune architecte, dont l’audace surprend et séduit.
Des couleurs toniques animent un univers immaculé

Des couleurs toniques animent un univers immaculé
©Dider Delmas

A deux pas de la place de l’Etoile, le mode de vie d’aujourd’hui se reflète dans le décor des somptueux immeubles qui bordent l’une des plus prestigieuses avenues de Paris. A cause de son savoir-faire et de sa notoriété en plein essor, un jeune couple s’est adressé à Laurent Moretti pour restructurer leur appartement.



La lumière et l’espace ont servi de fil conducteur au projet, dans une volonté de rompre avec l’extérieur en créant un lieu de vie épuré et dépouillé. « Je crois, dit-il, à l’impact de l’environnement sur le bien-être. » Il a fallu abattre la plupart des cloisons, supprimer le dédale des couloirs, ôter portes et corniches. Quelques nobles vestiges de cette époque surannée ont été conservés : la cheminée de marbre et le parquet de chêne au point de Hongrie, blanchi pour satisfaire à la nouvelle esthétique.



L’appartement s’organise autour d’une vaste entrée qui dessert deux zones : une pièce unique qui rassemble salon, salle à manger et une cuisine ouverte, et une partie privée réservée aux chambres et salles de bains. L’entrée annonce d’emblée l’esprit minimalisme de l’appartement.



Un immense miroir renvoie la lumière en doublant l’espace. Le gris du métal du mobilier crée par Christine Goumot dialogue avec l’orange vif des fauteuils « Eros » de Philippe Starck. Jouant à fond le fonctionnalisme industriel, la console, la banquette, l’échelle et les lampes prennent à témoin la statue effilée de Laurence Bonnel. La blancheur du sol et des murs du salon contribue à magnifier l’espace et à mettre en valeur le mobilier de Cassina, choisi pour la pureté de ses lignes.



En entrant dans cette pièce baignée de soleil, on éprouve une certaine apesanteur mais des touches de couleur attirent le regard, sans effacer cette impression de légèreté et de sérénité. Des rideaux en taffetas écru filtrent la lumière le jour et, le soir, un éclairage subtil souligne l’harmonie des volumes.



Toute blanche, la salle à manger est logée entre le salon et la cuisine. C’est Laurent Moretti qui a dessiné la table « Santiago » en sycomore qu’entourent quatre fauteuils « Manolo » au dossier arrondi. Conçu comme un outil de travail, un comptoir de Boffi intègre une cuisinière La Cornue. Cette cuisine ouverte et polyvalente fait office de point de rencontre pour les amis parce qu’elle donne l’occasion de faire venir un chef cuisinier qui prépare des surprises gourmandes devant un public conquis d’avance. Réservée aux enfants et aux repas quotidiens, une autre cuisine classique sert de complément à la cuisine-spectable.



Laurent Moretti s’en est donné à cœur joie avec les salles de bains. Dédiée à la beauté du corps, la salle de bains principale cultive aussi la tranquillité de l’esprit. Une cloison de verre trempé bleu et un voile coulissant assurent l’intimité et la luminosité. Elle s’ouvre sur un dressing et une chambre spacieuse : « Je ne voulais pas imposer un cadre fixe avec un décor contraignant, explique l’architecte. J’ai créé un salon d’eau, d’esprit volontairement monacal qui sert de piste d’envol à l’imaginaire et d’écrin pour stimuler les sens. »



Sans ornementation, la chambre surprend par son dépouillement mais aussi par son raffinement. En écho à l’élégance du parquet ancien, une banquette de chêne gris et des tables de chevet en métal de Maxalto encadrent un lit habillé de matières douces et sensuelles.