L’art millénaire du tissage kilim

Célia Goussard
Le kilim est une technique de tissage ancestrale, connue pour ses beaux motifs abstraits et colorés. Si l’on s’en sert aujourd’hui surtout en tapis, le tissage obtenu était initialement utilisé par les nomades comme couverture, tenture, sac... Lumière sur une tradition qui habille désormais nos intérieurs.
Ce beau kilim ancien, nommé Koprubasi, illustre bien le côté graphique et coloré des tissages traditionnels. Modèle issu de la Galerie Triff : www.triff.com

Ce beau kilim ancien, nommé Koprubasi, illustre bien le côté graphique et coloré des tissages traditionnels. Modèle issu de la Galerie Triff : www.triff.com
©DR

En turc, « Kilim » signifie tissage. La technique employée pour la fabrication de kilims est la même que celle de la tapisserie. Le dessin est brodé à plat sur un métier à tisser, au lieu d’être noué, pour un résultat plus souple et léger. La méthode étant artisanale, chaque tapis est unique.


Le kilim est le plus courant et le plus ancien des modes de tissage. C’est aussi l’un des plus simples : les fils de chaînes, c'est-à-dire ceux placés verticalement et souvent faits de coton, accueillent les fils de trames colorés et horizontaux, qui passent dessus et dessous pour créer les motifs. La trame est la plupart du temps réalisée en laine filée.


Cette méthode particulière semble prendre naissance en Anatolie : des vestiges de cet art, datant de plus de 5 000 ans, ont d’ailleurs été retrouvés dans la région. La tradition des nomades s’est ensuite développée dans tout le Proche et le Moyen-Orient, ainsi qu’en Asie.


Optez pour un kilim long et étroit afin d'habiller un couloir, ici tapis ancien Galerie Triff.

Optez pour un kilim long et étroit afin d'habiller un couloir, ici tapis ancien Galerie Triff.
©DR


Un art de patience


Les kilims ne sont originellement pas confectionnés dans un but commercial ; ils représentent à la fois la mémoire et l'identité des peuples qui les tissent. En effet, chaque groupe nomade et semi-nomade possède son style propre. Selon les régions, les fibres sont très colorées ou plus sobres, les motifs tantôt travaillés tantôt épurés. Les coloris et les décors permettent donc de déterminer assez précisément la provenance de chaque pièce.


Les techniques de filage de la laine, de tissage et de confection des teintures végétales, minérales et animales sont restées les mêmes depuis la création des kilims. Ce sont les femmes qui sont chargées du long processus.


Le dessin du kilim, de par sa méthode de fabrication, est plus rudimentaire et abstrait que celui des tissages à points noués. Du fait de la double trame qui lui donne un tissage serré, le tapis est très résistant, mais a peu d'adhérence sur les sols durs : pensez à placer une épaisseur antidérapante en-dessous.


Kilims d’aujourd’hui


L’engouement occidental tardif pour le kilim l’a préservé des éventuelles influences commerciales, et lui a permis de garder une certaine authenticité. Laine de mouton et coton sont toujours employés pour fabriquer les fils de chaînes et de trames. L'apparition des premiers colorants chimiques à la fin du XIXe siècle modifie toutefois un peu la tradition : les fibres sont parfois teintes avec des produits synthétiques, qui résistent mieux à l’épreuve du temps.


Un grand tissage réalisé sans colorants chimiques est donc qualifié de kilim de collection. En effet, la valeur d’un kilim n’est pas forcément due à son ancienneté, mais plutôt aux teintes naturelles et à la complexité de ses motifs géométriques.


Les kilims, neufs ou plus anciens, donnent une touche unique et ethnique à tous les intérieurs.


Les kilims ne représentent pas que des motifs compliqués. Ici un tapis neuf très moderne avec ses zigzags colorés ! Sur www.triff.com

Les kilims ne représentent pas que des motifs compliqués. Ici un tapis neuf très moderne avec ses zigzags colorés ! Sur www.triff.com
©DR