Le design italien, à l’honneur chez Artcurial

Agnès Zamboni
Pour sa 3ème vente aux enchères consacrée au design italien, la maison Artcurial a choisi de mettre en relief son art de vivre et son rationalisme. Rendez-vous le 28 septembre 2020.
A gauche, fauteuil dit « Proust » en bois et tissu peints à l'acrylique, création Alessandro Mendini, 1978, édition limitée Studio Alchimia. Dimensions : 108 x 104 x 90 cm. A droite, miroir lumineux dit « Ultrafragola », en ABS teinté avec diffuseurs de néons roses, création Ettore Sottsass, 1970, édition Poltronova avec plaque de l'éditeur. Dimensions : 195 x 100 x 15 cm.

A gauche, fauteuil dit « Proust » en bois et tissu peints à l'acrylique, création Alessandro Mendini, 1978, édition limitée Studio Alchimia. Dimensions : 108 x 104 x 90 cm. A droite, miroir lumineux dit « Ultrafragola », en ABS teinté avec diffuseurs de néons roses, création Ettore Sottsass, 1970, édition Poltronova avec plaque de l'éditeur. Dimensions : 195 x 100 x 15 cm.
©Artcurial


Le design de l’anti-design



Plus de 100 lots de mobilier et objets dédiés à la culture de cette nation réputée pour sa créativité et sa vision globale du design, considérant que le propos est le même en architecture d’intérieur et en urbanisme, et que les objets qui s’y rapportent sont identiques. A partir des années 1970, en parallèle avec le mouvement de l’Arte Povera, les designers italiens ont développé une réflexion dénonçant les perversions de la société de consommation. Ils ont alors formé des groupes contestataires radicaux d’anti-design comme Archizoom, Superstudio, Alchimia, Memphis … A la fois architectes et ingénieurs de formation, ces designers très polyvalents, tour à tour, urbanistes, décorateurs, directeurs artistiques, partagent un intérêt pour la vie en général et s’intéressent à tous ses aspects. Leurs travaux mêlent anti-capitalisme, ironie, utopie sociale, nomadisme et hypertechnicité. « Si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons rejeter le design ; si l'architecture sert plutôt à codifier le modèle bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter l'architecture ; si l'architecture et l'urbanisme sont plutôt la formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous devons rejeter l'urbanisation et ses villes... jusqu'à ce que tout acte de design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D'ici là, le design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture », a déclaré Adolfo Natalini fondateur de l’agence d’architecture Superstudio



Banc mod. 5520 dit « Elfo » de la série dite « Animali domestici », en bois laqué, dossiers en rondins de bois et bouleaux création Andrea Branzi, 1985, édition Zanotta, signée et numérotée. Dimensions : 83 × 140 × 65,50 cm.

Banc mod. 5520 dit « Elfo » de la série dite « Animali domestici », en bois laqué, dossiers en rondins de bois et bouleaux création Andrea Branzi, 1985, édition Zanotta, signée et numérotée. Dimensions : 83 × 140 × 65,50 cm.
©Artcurial




Des pièces rares et emblématiques



Présentées dans cette vente, des créations exceptionnelles : de Gio Ponti à Gino Sarfatti, en passant par Alessandro Mendini ou Gastone Rinaldi, des pièces remarquables et rares comme l’un des 15 exemplaires du fauteuil Proust peint par Alessandro Mendini, le lampadaire mod. 1049 de Vittorio Vigano, assistant de Gio Ponti pendant de nombreuses années, puis devenu directeur artistique d’Arteluce en 1950. Ce lampadaire à balancier, qui fait d’ailleurs écho au modèle 1057 de Gino Sarfatti, est estimé entre 25 000 € et 35 000 €. A noter également, les créations à 4 mains de Gastone Rinaldi et Gabriella Crespi, ensemble de canapés et fauteuils DU55 et DU43, leur canapé Saturno ou la table Scultura grand format de la série Plurimi ou encore le banc Animali Domestici d’Andrea Branzi.   



A gauche, rare lampadaire mod. 1049, en marbre blanc et laiton, avec fût et diffuseurs orientables en métal laqué, création Vittoriano Vigano, 1952, édition Arteluce. Hauteur : 212 cm. A droite, table dite « Cubo Magico » de la série dite « Plurimi », en bois recouvert de laiton avec 4 tablettes et 2 portes, création Gabriella Crespi, 1970. Dimensions : 79 × 59 × 59 cm et 160 × 160 cm.

A gauche, rare lampadaire mod. 1049, en marbre blanc et laiton, avec fût et diffuseurs orientables en métal laqué, création Vittoriano Vigano, 1952, édition Arteluce. Hauteur : 212 cm. A droite, table dite « Cubo Magico » de la série dite « Plurimi », en bois recouvert de laiton avec 4 tablettes et 2 portes, création Gabriella Crespi, 1970. Dimensions : 79 × 59 × 59 cm et 160 × 160 cm.
©Artcurial




Alessandro Mendini, maître du re-design



Quant au fauteuil Proust d’Alessandro Mendini, il témoigne de l’intérêt de son auteur pour l’art et la littérature française : doté d’une structure et d’un tissu décoré à la main avec de la peinture acrylique, son faux style baroque fait référence à la technique du pointillisme et reprend quelques détails des tableaux du peintre Paul Signac. Cette œuvre de re-design qui envahit toute la pièce fait disparaître ses formes pour la transformer en un élément nébuleux. Dans les années 1970, Alessandro Mendini affirmait que tout a déjà été inventé et que l’on pouvait seulement se contenter de revisiter les objets pré-existants en y ajoutant des éléments décoratifs et structurels, à la manière de collages, pour modifier la dynamique originelle. Ce fauteuil Proust est estimé entre 15 000 € et 20 000 €. Aujourd’hui, alors que les frontières entre art et design sont abolies, ses créations libres sont encore plus en phase avec les préoccupations de notre planète…



Renseignements : 

www.artcurial.com

Exposition des pièces italiennes du 25 au 27 septembre 2020 et vente de 28 septembre 2020 chez

Artcurial


7, rond-point des Champs-Elysées

75008 Paris 



Les prochaines ventes chez Artcurial :

Le 27 octobre 2020, Design Scandinave

Le 27 novembre 2020, Art Déco/Design