Le design se met au vert

Alexandra d'Arnoux
Avec les Designer’s Days, une manifestation qui fête ses dix ans d’existence du 9 au 14 Juin, Paris est devenu une des capitales internationales du design. Dans toute la capitale, showrooms, écoles, musées, écoles ouvrent leurs portes au public et aux professionnels autour de mises en scènes thématiques. Profitons de ce parcours exceptionnel pour décrypter l’évolution du design avec une priorité qui s’impose : la conscience chez les designers du rôle central de l’écologie.
Icones nordiques en matériaux de récupération, Po!Paris à la Reflex Gallery

Icones nordiques en matériaux de récupération, Po!Paris à la Reflex Gallery
©DR

Plus que jamais, le design est omniprésent dans notre quotidien relai d’une société plus harmonieuse et plus performante. Les designers sont là pour façonner notre futur. Ils travaillent à apporter des réponses concrètes aux problématiques sociales et bien sûr environnementales qui sont les nôtres, en plus de la dimension esthétique toujours présente.



Le lien avec l’industrie semble aujourd’hui évident. Se greffe à présent une nouvelle collaboration entre design et métiers d’art qui redynamise des pans entiers de l’artisanat. Nouvelles technologies, nouvelles matières, recyclage, également retour à des matériaux traditionnels comme le bois –mais du bois d’élevage afin de lutter contre la déforestation- hôtels écolos, les designers sont de toutes les initiatives pour sauvegarder notre environnement. Il en est de même pour les grandes manifestations du printemps comme à Chaumont-sur-Loire (jusqu’au 3 Novembre) où artistes et designers vont rendre hommage aux arbres en les ménageant, cela va sans dire !



Au dernier Salon du meuble de Milan le bois a aussi affirmé sa présence. Sur le In et sur le Off, les marques proposaient un travail diversifié avec – même à une échelle industrielle – une façon très artisanale de le traiter. Comme l’explique Alain Lardet, président des Designer’s Days : « N’oublions pas que l’artisanat est le laboratoire de l’industrie ». Autre exemple, les Pianos Pleyel qui collaborent avec des designers de la trempe d’Andrée Putman ou de Hilton McConnico alliant le travail de la main et la haute technologie. Leur nouveau projet ? Demander à des designers de créer des meubles.



Un investissement c’est sûr mais tellement sympathiques, les cabanes de l’architecte et designer Jean-Guillaume Mathiaud en rondins, en carton ou…en Corian vont radicalement transformer l’allure de votre jardin (www.3cabanes.com). Avec les designers, le bois a le vent en poupe ! Un seul exemple, la lampe « Tys » du designer Christophe Delcourt (www.christophedelcourt.com) en bois et acier laqué anthracite dont on va rêver pour éclairer notre bureau. D’ailleurs, toutes les grandes marques, comme Roche Bobois, Baccarat, Ligne Roset, B&B Italia, Moooi ou Ikea première entreprise d’ameublement du monde ont relevé le défi redonnant à ce matériau chéri des grands designers du XXe siècle ses lettres de noblesse.



Des galeries très pointues, comme la Galerie Italienne, relèvent aussi le défi. Celle-ci présente des artistes-designers qui, comme Walter Visentin, créent des chaises longues, des tables en bois à partir d’éléments de mobilier –justement- dépareillés. Une façon de se meubler avec art ! Pour le designer Peter Marigold qui expose à la Fat Galerie (www.fatgalerie.com), le bois est incontournable. Ses Split Box Shelves se vendent à l’unité. C’est souple, ludique, esthétique. Chacun compose sa propre bibliothèque. C’est donc une démarche personnelle dans une perspective nomade très tendance.



Léger, solide, maniable, abordable, le carton est aussi un bon plan. Les designers en font des assises, des meubles pour enfants. Même les plus grands s’y sont mis comme l’architecte japonais Shigeru Ban chez Cappelini (www.capellini.it). Les jeunes designers aussi comme ce collectif italien Nucleo à la Galerie Italienne (www.galerieitalienne.com) avec leur série « Primitive ». Ils travaillent le carton et la résine. Leurs pièces, impressionnantes, vont de la lampe au tabouret en passant par le canapé. Elles évoquent des monolithes touchés par le doigt de l’homme !



Moins chers, vous trouverez un grand choix de meubles recyclables chez Orika (www.mobilier-orika.com). Le recyclable, une tendance forte comme le prouve la Reflex Gallery (www.oral-bar.fr) qui présente jusqu’au 20 juin « Greenart » une exposition sur le thème de l’art de la récupération. Marie Flore, dont le premier abat-jour était composé de sacs plastiques « parce qu’on ne jette rien », y expose ses luminaires. Quant à Po ! Paris, ils proposent des meubles inspirés par les icônes du design scandinave produits dans des petits ateliers en Albanie et fabriqués avec des matériaux de récupération : voitures, bidons, rebuts de chantiers.



Comme l’affirme Laurent Blanc, rédacteur en chef d’Ideat : « Aucune initiative actuelle ne peut faire l’impasse sur l’environnement ».



Côté hôtels, ce serait un article à lui tout seul tant la tendance est exponentielle dans le monde entier. Près de nous, au pied de Montmartre, un tout jeune boutique hôtel, le « Secret de Paris » (www.hotelsecretdeparis.com) se montre particulièrement attentif aux règles écologiques. Côté poésie, les designers ne sont pas de reste. Il suffit pour s’en convaincre de visiter les bulles du designer Stéphane Dumas qui travaille sur l’élaboration de structures gonflables. Sa Cristal Room, pionnière dans le domaine de l’éco tourisme, se pose telle une bulle, en pleine nature (www.bubbletree.fr). Le design vert, je vous le dit, une valeur d’avenir.