Eclat et fraîcheur : le canapé Marshmallow

Anne-Claire Riot
Ovni mobilier, le canapé Marshmallow sonna le glas de son homologue classique, soudain frappé d’obsolescence. Tout en ludisme et rupture conventionnelle, il est une invitation à la badinerie.
Le Marshmallow, grains de folie et de confort

Le Marshmallow, grains de folie et de confort
©Vitra

Il est illusoire de penser que l’on peut rester stoïque devant l’explosion de pastilles multicolores flottant sur une simple structure métallique qu’est le Marshmallow. Rondeur et facétie du sobriquet, couleurs pétillantes, on s’installe sur ce canapé dans le même état d’esprit que l’on engloutit les moelleux carrés de guimauve homonymiques. Heureux et décontractés, c’est ainsi que George Nelson imaginait ceux qui s’assiéraient sur l’objet insolite auquel il donna naissance en 1956.



Approché par un inventeur et assisté de son acolyte Irving Harper, il mit au point ces disques d’acier rembourrés de mousse de latex et recouverts de vinyle qui, disposés de la sorte sur un châssis en tube d’acier, confèrent au divan son caractère atypique et fabuleusement innovant. Déroutant par ses formes, il rompt avec l’esthétique standardisée traditionnelle qui envahit les chaumières de la classe moyenne américaine, partie à l’assaut des faubourgs des cités au lendemain de la guerre.



C’est pour une société idéale, gagnée par l’optimisme et une foi à toute épreuve en les prouesses technologiques que Nelson s’évertuait à concevoir des œuvres empreintes d’un certain avant-gardisme. Le charme tape-à-l’œil du Marshmallow se mue en intuition précoce du pop art qui fit fureur quelques années plus tard.



Si un des collaborateurs de Nelson attribua le succès mitigé rencontré par le canapé lorsqu’il fut lancé au fait que peu de gens semblaient désireux d’avoir à choisir quelle fesse placer sur quel marshmallow, ce dilemme cornélien n’a jamais eu raison d’être, ils sont tous aussi confortables !



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