La fine allure d’Elephant, le tabouret de Sori Yanagi

Fanny Roisin
Il n’y paraît pas mais l’Elephant de Sori Yanagi fête ses 44 ans. Son créateur ne l’a inscrit ni dans une époque, ni dans un contexte précis. Grâce à son design totalement intemporel, le tabouret Elephant passe du salon à la chambre d’enfants ; il se pose même dans la prairie pour une rencontre improvisée.


©Vitra DR

Sori Yanagi dessine le tabouret Elephant en 1956 selon les caractéristiques relatives au mouvement artistique Mingei. Ce mouvement crée en 1925, tend à revaloriser l’artisanat au Japon. Soetsu Yanagi (père du designer) décrit en 1933 « l’idée du Mingei » en ces termes: « Il doit être modeste mais non de pacotille, bon marché mais non fragile. Ce qui est naturel, sincère, sûr, simple, telles sont les caractéristiques du Mingei ».



La fibre de verre dont il est fait lui ouvre la voie de la nature. Il est si léger qu’il pourra être emporté partout, en ballade, en pique-nique. L’Elephant à trois pieds promet une stabilité infaillible. Le tabouret trépied, c’est celui que l’on emporte pour s’assoir dans les chemins escarpés. Autrement dit, c’est l’accessoire idéal du parfait petit campeur, tout en restant design. Le tabouret Elephant reste dans le rythme ternaire, aux trois pieds du tabouret, répondent trois couleurs : basic dark, crème et rouge classique. On ne se perd pas dans un trop large choix de coloris, seuls les essentiels sont présentés.



Dans la catégorie des tabourets bas, l’Elephant se muera tantôt en siège, tantôt en table d’appoint. Il mesure à peine 40cm et s’adapte complètement à l’univers enfantin. Son air de grosse patte d’éléphant séduira les jeunes enfants. Il est facile à ranger grâce à son système d’empilage (cher à Sori Yanagi). L’Elephant porte le même qu’une création de 1945 de Charles et Ray Eames. Le tabouret du couple Eames est, lui, très récréatif. Destiné aux enfants, il a quatre pieds et une tête d’éléphant. Il semblerait que Yanagi s’en soit inspiré pour créer son Elephant dans lequel on peut discerner une silhouette d’éléphant, ou même la tête du pachyderme. Les multiples interprétations possibles prouvent bien une chose : Sori Yanagi a réussi à le débarrasser au maximum, dans l’esprit Mingei, tout en conservant son allure éléphantesque.



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