Le design à l’ R’Pure

Christian de Rivière
Touche à tout du design, Sébastien Servaire dirige l'agence. Pas moins de 17 personnes s’efforcent de mettre en avant les évidences des marques, et ce, en les transcendant tout en partant de leur patrimoine.
Rivière humoristique, l’aquarium à double paroi « Speed Fish » fut inspiré par le circuit automobile de Monza, car les poissons sont rouges comme les Ferrari !

Rivière humoristique, l’aquarium à double paroi « Speed Fish » fut inspiré par le circuit automobile de Monza, car les poissons sont rouges comme les Ferrari !
©R'Pure

Un père menuisier, une passion pour le dessin depuis sa plus tendre enfance, un diplôme de l’ENSCI- Les Ateliers- , Sébastien Servaire rêvait alors de travailler pour Roger Tallon. Observateur attentif, il fait sienne la devise de Philippe Starck qui affirmait : « mon cul est un scanner géant ».


A la suite de différents stages dans le design industriel pour Electrolux, les coutelleries Déglon, il subit un vrai choc émotionnel devant le travail d’Ingo Maurer, lors de sa participation active à une scénographie avec le réseau de l’ENSCI à la fondation Cartier.


Durant près de 3 années, Sébastien Servaire travaille pour l’agence de design 100 degrés ; il a alors été amené à dessiner des flacons de parfums pour Jean-Paul Gaultier, la fiole  d’Ultra Violet de Paco Rabanne. C’est alors qu'il rencontre Christophe Merceron, qui venait d’entrer chez Raison Pure, agence d’identité graphique et de packaging pour des clients tels que Nestlé et la Seita. Sébastien Servaire intègre à ce moment Raison Pure pour lancer l’activité design qu’il baptise R’Pure. Coup de chance, le premier client est Jean-Paul Gaultier. Suivront les maquettes Joustra et de nombreux autres…


Selon Sébastien Servaire, le métier de designer est polymorphe et formidable. Il est multi casquettes, car il apprend à être à la fois entrepreneur, gestionnaire, curieux…  le fil rouge étant d’amener l’industriel à gagner de l’argent et de la notoriété avec un processus créatif ajouté.


Actuellement, l’agence compte 17 salariés en charge de design industriel, comme des piles pour Energizer, des biberons pour Dodie, des cosmétiques pour Guerlain, de nouveaux concepts pour les bougies Diptyque, des bouteilles pour les champagnes Moët et Chandon, flacons pour le cognac Rémy Martin…


Présent aussi dans l’univers du meuble et de la décoration, R’Pure a choisi de s’autoéditer. Les doubles modules Infini en polypropylène expansé, permettent toutes les libertés : on les relie en les superposant à l’infini, noir ou blanc, vendu sur des sites marchands comme Architonic. Conçu pour Tai Ping, R’Pure a imaginé un étonnant tapis d’extérieur en polypropylène avec une table basse associée en Corian ultra blanc. Pour équiper les espace d’attentes, R’Pure propose le système de bancs « Mikado », dont un rembourré et les autres rigides.


Fidélité oblige, Sébastien Servaire collabore depuis 6 ans avec le parfumeur mythique des bonnes maisons : Diptyque. Il considère ainsi son rôle comme une sorte d'interprète qui pénètre dans le patrimoine de la marque. De ce travail sont nées plusieurs scénographies, des bougies séries limitées, des dérivés de fragrances, des illustrations… L’agence s’est vu confier la création de l’univers graphique de « l’Art du Soin », qui comporte aussi bien des crèmes, baumes, huiles précieuses...sans omettre d’élégants savons et eaux de toilette. La marque incarne Paris et Saint-Germain des Prés, en réalisant un pop’up store. Et tout dernièrement, R’Pure a imaginé le nouveau flacon de parfum ovale avec un magnétique bouchon en forme de sceau, « 34 Saint-Germain » dont le vaporisateur est traité tel une mèche de bougie.


Une rencontre avec le maître de chais des cognacs Rémy Martin, dont le métier est d’assembler différentes eaux de vie aussi précisément que la taille d’une pierre précieuse, inspira le dessin de la carafe Diamant.


Récemment, il a été marqué par le dernier canapé Ploum des frères Bouroullec, édité par Ligne Roset, car il parle de confort tout en bousculant les codes.


Fasciné par le travail d’Ingo Maurer. On y descelle, plus particulièrement, il considère que la lampe Lucellino, si poétique avec ses deux ailes en filaments, demeure un grand cliché dans l’univers des luminaires contemporains, tout en restant à tout jamais une révélation, en reprenant de  tout l’héritage du mouvement Memphis. Selon, Sébastien Servaire, Maurer a ouvert la voie.