Portrait de créateur de luminaires: Jacques Biny

Agnès Zamboni
Il était à la fois designer et éditeur de luminaires. Jacques Biny s’inscrit dans la nouvelle vague française des années 1950. Figure méconnue de la création contemporaine, une exposition lui est consacrée à la galerie parisienne Pascal Cuisinier, du 27 juin au 12 septembre 2015.
Applique 163, en métal laqué et laiton, création Jacques Biny, 1953. Ce modèle est composé d’un grand bras de lumière accroché au mur, avec deux tiges croisées qui supportent, l’une un cône perforé comme réceptacle de l’ampoule et l’autre un réflecteur triangulaire plié. L’effet est à la fois spectaculaire et aérien. Le luminaire envoie sa lumière à plus d’un mètre du mur dans une sorte de grande fleur métallique, comme une orchidée et qui est ici d’un très beau jaune d’origine.

Applique 163, en métal laqué et laiton, création Jacques Biny, 1953. Ce modèle est composé d’un grand bras de lumière accroché au mur, avec deux tiges croisées qui supportent, l’une un cône perforé comme réceptacle de l’ampoule et l’autre un réflecteur triangulaire plié. L’effet est à la fois spectaculaire et aérien. Le luminaire envoie sa lumière à plus d’un mètre du mur dans une sorte de grande fleur métallique, comme une orchidée et qui est ici d’un très beau jaune d’origine.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier


Une personnalité atypique



Designer français de luminaires (1913 – 1976), Jacques Biny est l’un des plus importants luminaristes des années 1950-70, totalement impliqué dans le renouveau du style des luminaires des trente glorieuses. Il a collaboré avec les grands noms de l’époque, comme Michel Buffet, Jean Boris Lacroix, Gustave Gauthier ou Louis Baillon, tout en se consacrant à ses propres créations. C’est en 1953, que cet ancien diplômé de l’Ecole des Arts Déco a eu l’idée de lancer une nouvelle marque de luminaires contemporains, baptisée Luminalite. A cette époque, le marché proposait encore des modèles passéistes en bronze ou de style néo-quarante.



Applique B205, création de Michel Buffet qui utilise la couleur rouge, typique des années 1950. Utilisation de deux feuilles de métal en opposition et complémentarité, l’une opaque, l’autre perforée.

Applique B205, création de Michel Buffet qui utilise la couleur rouge, typique des années 1950. Utilisation de deux feuilles de métal en opposition et complémentarité, l’une opaque, l’autre perforée.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Des formes innovantes



Sobres, sans détail décoratif inutile, les créations éditées par Jacques Biny mettent en évidence la fonctionnalité. Il a décliné de nombreux modèles en applique murale, lampadaire, plafonnier et lampe à poser. Il a aussi développé des projets dans le domaine de la collectivité et des hôpitaux. Les formes éditées par Luminalite se jouent des angles, des courbes, des lamelles, des stries, des perforations, des fentes et des voiles de réflexion de la lumière. Elles exploitent les pleins et les vides, le contraste du noir et du blanc, les clairs et les obscurs, l’apparent et le caché, les ombres propres et les ombres portées…   



Cinq lampes à poser emblématiques de la production de Luminalite : lampes 258 et 238, créations de Jacques Biny. Lampe 316, création de Jean Boris Lacroix. Lampe 201 et 210, créations de Michel Buffet. Le modèle 316, créée en 1958, combine métal laqué, plexiglas et laiton poli.

Cinq lampes à poser emblématiques de la production de Luminalite : lampes 258 et 238, créations de Jacques Biny. Lampe 316, création de Jean Boris Lacroix. Lampe 201 et 210, créations de Michel Buffet. Le modèle 316, créée en 1958, combine métal laqué, plexiglas et laiton poli.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Des matériaux de son temps



Designer et créateur, Jacques Biny a travaillé l’acier en feuilles pliées, découpées, courbées, soudées, assemblées et laquées, souvent dans des coloris noir et blanc, parfois en couleur. Il a aussi mis à l’honneur d’autres matériaux industriels comme la tôle perforée. Il utilise parfois un tube de laiton, une visserie en bronze, une platine d’attache contrastée, un globe en verre ou une lame de plexiglas. Mais « C’est surtout le mode d’éclairage indirect ou réfléchi qui, s’il n’est pas véritablement inventé dans les années 1950, a été popularisé à ce moment-là. On trouve aussi l’idée de travailler la qualité de la lumière autant que sa puissance ou la simple forme de l’objet lumineux. Le luminaire contemporain a énormément emprunté à ce critère-là », raconte lui-même Pascal Cuisinier, responsable de l’exposition sur ce créateur incontournable.  



Renseignements :

Galerie Pascal Cuisinier

13, rue de Seine

75006 Paris

Tél. : 01 43 54 34 61

Site : www.galeriepascalcuisinier.com

Mail : lagalerie@galeriepascalcuisinier.com



Jacques Biny a lancé l’édition en série de luminaires en créant, en 1953, la maison parisienne Luminalite. Cet atelier de fabrication était situé au 38/40 rue de la Folie Regnault, dans le 11ème arrondissement de Paris.  Il a dit : « C’est la recherche d’un juste équilibre entre les rigueurs de la technique et une esthétique s’intégrant à l’architecture intérieure contemporaine qui guide la création des luminaires ».

Jacques Biny a lancé l’édition en série de luminaires en créant, en 1953, la maison parisienne Luminalite. Cet atelier de fabrication était situé au 38/40 rue de la Folie Regnault, dans le 11ème arrondissement de Paris. Il a dit : « C’est la recherche d’un juste équilibre entre les rigueurs de la technique et une esthétique s’intégrant à l’architecture intérieure contemporaine qui guide la création des luminaires ».
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampe à poser 258, avec abat-jour en métal laqué, années 1950, création de Jacques Biny.

Lampe à poser 258, avec abat-jour en métal laqué, années 1950, création de Jacques Biny.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampadaire 291, création de Jacques Biny. Ce modèle des années 1950 et précurseur de la modernité se démarque par une économie de détails superfétatoires et une grande élégance des lignes.

Lampadaire 291, création de Jacques Biny. Ce modèle des années 1950 et précurseur de la modernité se démarque par une économie de détails superfétatoires et une grande élégance des lignes.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampe à poser 238, composée d’un réflecteur en tôle métallique pliée en deux. Création de Jacques Biny.

Lampe à poser 238, composée d’un réflecteur en tôle métallique pliée en deux. Création de Jacques Biny.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Paire d’appliques B205, en métal laqué. Pour ce modèle, le créateur Michel Buffet a imaginé une forme qui se plie vers le haut pour former le réflecteur.

Paire d’appliques B205, en métal laqué. Pour ce modèle, le créateur Michel Buffet a imaginé une forme qui se plie vers le haut pour former le réflecteur.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Applique 224, composée de deux feuilles en métal dont l’une perforée laisse passer la lumière à travers une sorte de filtre. Création de Jacques Biny.

Applique 224, composée de deux feuilles en métal dont l’une perforée laisse passer la lumière à travers une sorte de filtre. Création de Jacques Biny.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Applique 175, un modèle sphérique créé par Jacques Biny. La forme géométrique simple dont le dessin rond sera repris, dans les années 1960 par nombre de modèles, utilise l’archétype de la boule lumineuse.

Applique 175, un modèle sphérique créé par Jacques Biny. La forme géométrique simple dont le dessin rond sera repris, dans les années 1960 par nombre de modèles, utilise l’archétype de la boule lumineuse.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampe B201, création de Michel Buffet en 1952. En métal laqué et laiton. La forme s’enroule sur elle-même et renforce l’évocation d’un coquillage en créant un véritable effet d’instabilité visuelle, rattrapé par deux petits pieds arrière qui la maintiennent en équilibre. La lumière produite est entièrement réfléchie. L’œil protégé n’a pas accès à la source.

Lampe B201, création de Michel Buffet en 1952. En métal laqué et laiton. La forme s’enroule sur elle-même et renforce l’évocation d’un coquillage en créant un véritable effet d’instabilité visuelle, rattrapé par deux petits pieds arrière qui la maintiennent en équilibre. La lumière produite est entièrement réfléchie. L’œil protégé n’a pas accès à la source.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampe à poser B210, rare unique exemplaire de Michel Buffet, créé en 1952. Le modèle joue sur le contraste du noir et du blanc et des matières en opposition. En métal laqué blanc et laiton poli.

Lampe à poser B210, rare unique exemplaire de Michel Buffet, créé en 1952. Le modèle joue sur le contraste du noir et du blanc et des matières en opposition. En métal laqué blanc et laiton poli.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampadaire 265, création de Jacques Biny, 1958. En métal laqué, nickel mat et plexiglas translucide, ce modèle s’ouvre en deux parties avec deux sources lumineuses.

Lampadaire 265, création de Jacques Biny, 1958. En métal laqué, nickel mat et plexiglas translucide, ce modèle s’ouvre en deux parties avec deux sources lumineuses.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Suspension 215, composée de trois cônes en métal laqué, création de Jacques Biny. Ce modèle au style sobre, maîtrisé et raffiné, léger et fonctionnel aurait pu être dessiné aujourd’hui.

Suspension 215, composée de trois cônes en métal laqué, création de Jacques Biny. Ce modèle au style sobre, maîtrisé et raffiné, léger et fonctionnel aurait pu être dessiné aujourd’hui.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Lampadaire sur pied 183, création de Gustave Gauthier, 1954, en métal laqué, laiton poli et abat-jour en papier.

Lampadaire sur pied 183, création de Gustave Gauthier, 1954, en métal laqué, laiton poli et abat-jour en papier.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Applique B209, création de Michel Buffet, élégance des courbes et perforations.

Applique B209, création de Michel Buffet, élégance des courbes et perforations.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier




Applique B206, création de Michel Buffet, 1952, en métal laqué. Appelé aussi « Conche », ce modèle est composé d’une simple lame en métal découpée et repliée pour cacher l’ampoule. La lumière douce et réfléchie, ainsi que l’ombre, participent à son allure générale très contemporaine, mais utilisant un héritage des années 1930-40.

Applique B206, création de Michel Buffet, 1952, en métal laqué. Appelé aussi « Conche », ce modèle est composé d’une simple lame en métal découpée et repliée pour cacher l’ampoule. La lumière douce et réfléchie, ainsi que l’ombre, participent à son allure générale très contemporaine, mais utilisant un héritage des années 1930-40.
©Courtesy Galerie Pascal Cuisinier