L’hibiscus, vestige d’un éden tropical

Anne-Claire Riot
Resplendissant de vives lueurs faisant étinceler ses atours colorés, l’hibiscus aux sonorités exotiques, éclipse toute véhémente grisaille.
L’hibiscus, fleur nationale d’Hawaï, est synonyme d’exotisme

L’hibiscus, fleur nationale d’Hawaï, est synonyme d’exotisme
©Office Hollandais des Fleurs

 


C’est un sortilège bigarré évoquant des contrées lointaines que lance l’hibiscus. Ce dernier, titillant l’imaginaire des rêveurs, incarne une chimérique évasion. Certains, tel Gauguin, s’ingénièrent à concrétiser cette quête d’ailleurs, animant les êtres hantés par les délices que promettent les mers du Sud. Le peintre, pour lequel Tahiti présageait une nature sauvage où innocence et liberté étaient reines, ponctua maintes toiles de fleurs d’hibiscus, que les femmes maoris piquent dans leur abondante chevelure sombre.


Le long pistil doré aux extrémités safranées de l’hibiscus choisit son asile au sein d’une corolle de pétales épanouie. D’un rouge flamboyant ou parés de teintes plus douces – abricot, crème, rose, jaune orangé – ces pétales capturent l’attrait brûlant des tropiques. Ils se déploient aux prémices de l’été et périclitent quand l’automne se dessine. Ephémères, les boutons éclosent tour à tour en une kyrielle d’éclats ardents et mordants. Laissez votre esprit s’envoler : des colibris et des oiseaux de paradis font feu de la richesse de leur plumage, comme ils papillonnent autour des fleurs de votre hibiscus.  


Porteur de souffles embaumés, l’hibiscus peut se faire capricieux. Prenez soin de céder à ses requêtes en l’arrosant deux à trois fois la semaine, tout en conservant ses racines hors de l’eau. Enfin, quelques heures passées à la lumière vive suffiront à le combler.