La rotation des cultures dans votre potager bio

Sabine de Lisle
Le principe de base consiste à ne jamais cultiver deux années de suite dans le même coin du potager un même type de plantes potagères. Le principe de la rotation des cultures est la succession de celles-ci sur une même parcelle.
Chaque parcelle doit être renouvelée chaque année

Chaque parcelle doit être renouvelée chaque année
©2010 DR

La rotation des cultures a plusieurs avantages :



– Elle permet une meilleure utilisation des éléments nutritifs présents dans le sol, évitant un appauvrissement de la terre. Chaque légume a des besoins complémentaires de ceux des autres : certaines espèces sont plus gourmandes et puisent donc beaucoup dans le sol. Par exemple, les tomates prélèvent des éléments nutritifs non seulement au niveau de leurs racines, à 30-35 cm, mais aussi à tous les niveaux du sol ; tandis que les carottes ont des besoins moyens en éléments, qu’elles prélèvent plutôt sur 30 cm ; enfin, les salades et les radis font des prélèvements surtout en superficie, à 15 cm environ.



– Elle évite la multiplication des ravageurs et des maladies propres à une culture qui sont en fait dues à une prolifération de micro-organismes pathogènes.



– Elle limite le développement des mauvaises herbes ou adventices. Certaines cultures sont « salissantes» et d’autres sont « nettoyantes ». Ce ne sont pas les plantes potagères qui sont en cause, mais les particularités du développement spécifique liées à chaque plante et les pratiques culturales.



• Les carottes, par exemple, se développent très lentement le premier mois (5 cm seulement), ce qui permet aux adventices d’envahir l’espace; puis, pendant le deuxième mois, la végétation des carottes se déploie largement, ce qui empêche alors les mauvaises herbes défaire de même. Pour les oignons, la situation est différente : la végétation des oignons ne couvre jamais le sol, puisque les tiges ne se développent pas et que les racines ne sont pas très importantes non plus (20 cm) ; ainsi, quel que soit le stade de développement, les adventices vont tenter de dominer dès qu’on arrose. Il faut donc veiller à les enlever régulièrement.



• La présence des adventices dépend aussi beaucoup des techniques culturales que l’on pratique.

Pour les pommes de terre, les choux et les poireaux, si vous mettez en place des buttes assez hautes (20 cm par exemple), cette technique est indéniablement moins favorable à la germination et donc à l’apparition de mauvaises herbes.



L’importance des rotations est relative : certaines plantes (salades et tomates) supportent parfaitement de revenir souvent sur la même parcelle, d’autres beaucoup moins (pommes de terre). L’histoire du sol est à considérer : un sol encore peu travaillé sera plus tolérant qu’un sol déjà fatigué ou maltraité par une fertilisation intense et qui n’a pas subi de rotations des cultures.



Découper et classifier



Pour commencer, il faut découper le potager en parcelles. Afin de simplifier les opérations, on se basera sur un cycle annuel, et le découpage se fera en quatre parcelles ; ainsi, on retrouvera le même emplacement pour un même groupe de légumes après quatre ans de rotations, une durée normalement suffisante pour que le sol se régénère. Il faut ensuite bien comprendre comment classifier les plantes potagères en fonction de leurs ressemblances physiologiques. Elles sont ainsi regroupées car elles nécessitent le même type de gestion pour les travaux de fertilisation, d’arrosage et d’entretien.



Elles se retrouvent donc mitoyennes une année sur une même parcelle, avant d’être déplacées ensemble sur une autre parcelle. Chaque type de plantes prélève des éléments nutritifs particuliers et restitue éventuellement des éléments fertilisants avec les restes de la culture qui améliorent la terre et profitent alors aux cultures de l’année suivante.





Extrait de « Votre potager bio », par Sabine de Lisle

Editions Sud Ouest 12.50 €

www.editions-sudouest.com